Recherchez

Charlene Duval – Ze diva is back !

Le jeudi 8 avril 1999 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Charlene Duval ©DR

Charlene Duval ©DR

D’où venez-vous, Charlène ?
Ma formation, c’est le music hall, j’ai tout appris à cette dure école. Je me suis beaucoup nourrie des autres aussi. Etre sur les planches n’est pas vraiment une vocation, il y a bien un autre métier que j’aurais fait parce qu’il était assez facile et il demande encore moins de qualifications, mais cela risquait d’être un petit peu dangereux… Et puis je préfère être vue toute seule sur une scène par quelques milliers de personnes plutôt que sur un trottoir par quelques passants.

Vous êtes d’origine provinciale ou parisienne?
Espagnole ! Ma mère, qui s’est séparée de mon père, a quitté l’Espagne en 36 avec moi toute petite et une méchante valise. Nous avons passé les Pyrénées et sommes arrivées en France. Mon vrai nom est Carlotta Helena (Lopez). La contraction des deux donne Charlène. Duval était le nom de mon tout premier mari. J’aime beaucoup ce nom car il est assez peuple et contraste bien avec la sophistication de Charlène. Un peu femme du monde mais proche du peuple, en somme.

Vous avez commencé sur scène à quel âge?
Très jeune car j’ai eu la chance de pouvoir partir en Angleterre fin ’39. Une de mes premières apparitions sur une grande scène, même si je ne faisais pas grand chose, ce fut le gala des Forces Françaises de l’Intérieur au Royal Albert Hall en présence du Général de Gaulle. J’étais quasiment en brassière, mais quel souvenir!

Il me semble que l’on vous a un peu vue au Piano Zinc à Paris, non?
Oui, quelques amis m’y emmenaient de temps en temps. J’avoue que c’est ce qui m’a un peu redonné envie de chanter. Très officiellement, voilà 22 ans que j’ai tout arrêté. Le fait d’avoir chanté au Piano Zinc pour des amis m’a fait découvrir un nouveau public parmi une clientèle à grosse teneur homosexuelle. Peut être faut-il mettre leur amour sur le compte de l’admiration que les gays ont pour des vedettes d’âge mur?

Parlez-nous un peu de ce nouveau spectacle.
Vous me verrez sur scène pendant une heure un quart. Je ne crois pas au retour avec quelque chose de tout neuf : on va venir me voir pour ce que j’ai été et pas pour ce que je vais devenir, l’essentiel de ma carrière est derrière moi. Ce sera un grand tableau de tout ce que j’ai pu faire comme comédienne, chanteuse, tout en relatant les événements essentiels de ma vie artistique. J’ai voulu un spectacle énergique et en même temps assez élégant. C’est un jeune couturier qui travaille chez Dior qui fait mes costumes. Vous comprendrez dans ces conditions que je ne puisse pas chanter n’importe quoi. « Caramela » par exemple, que l’on me réclame souvent, ne peut s’inscrire dans ce spectacle, ce serait d’une incongruité totale.

Quelques titres parmi ceux que l’on pourra entendre?
Par exemple, « En douce », qui avait beaucoup marché à l’époque ou encore « I’m in the Mood for Love » qui fut l’une de mes plus grosses ventes de disques. Plus quelques clins d’oeil à des personnes qui m’ont un peu volé mon répertoire pour en faire des choses différentes et qui ont eu du succès. Je pense notamment à « Le soir » que Line Renaud m’a pris, « La vie en rose » qu’Edith Piaf m’avait donné et que Marlène Dietrich m’a honteusement volé. Je serai un peu vengeresse avec ces gens là, c’est normal… Surtout en ce qui concerne Dietrich qui ne pourra plus rien dire. On pourra entendre également des chansons nouvelles comme la chanson d’entrée, « Me revoilà chez moi », composée par Christophe Mirambeau qui fait la mise en scène et les textes de liaison. On a concocté deux petits pots-pourris, le premier de samba, l’autre en espagnol, n’oubliez pas que j’ai passé beaucoup de temps en Argentine (c’est dans ce pays que j’ai eu mon fils). Au piano, François Debaecker et Patrick Laviosa, en alternance, m’accompagneront. Vous imaginez combien il a été difficile de choisir quelques chansons parmi les 150 de mon répertoire…

Comment définiriez-vous votre spectacle?
Un spectacle de divertissement pur. Je n’ai aucun message politique ou syndical à faire passer. Seul le message d’amour avec vous, mon public, m’intéresse. J’ai le coeur battant, je vous attends.

Un dernier mot?
C’est très émouvant pour moi de savoir que je vais être envoyée dans l’espace, dans les câbles, par un moyen de communication totalement nouveau pour moi. J’avoue que j’ai du mal à m’intéresser à ces choses toutes nouvelles, je laisse cela aux jeunes. Toutefois, je pense que le régime que je suis actuellement me permet de rentrer dans un ordinateur…

Articles liés :

Des voix contre le sida
Charlène Duval sans contrefaçon
Mistinguett, et puis c'est tout !
Merci le Vingtième Théâtre !
Youpi c'est reparti !
Federigo (Critique)

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags :

Laisser un commentaire