Recherchez

Cindy Cendrillon 2002

Le lundi 25 février 2002 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Shopping

Support : CD
Genre : comédie musicale,album,chanson française

Il est là, enfin ! L’album de Cindy, la nouvelle comédie musicale de Luc Plamondon et de Romano Musumarra, est aujourd’hui dans tous les bacs et s’annonce déjà comme un carton assuré au niveau des ventes. On connaissait le single (le duo Lââm & Sherbourne), voici maintenant l’album rose avec seize titres qui permettront de patienter jusqu’au 25 septembre 2002, date de la création parisienne.

L’album permet aussi de voir comment Plamondon a revisité le conte de Cendrillon. On savait que dans sa version, Cindy venait des cités et que le Prince était un rocker. On découvre aujourd’hui que la belle-mère est une ancienne disco-queen répondant au doux nom de La Palma, que Cindy est une experte en gigue irlandaise (elle tient ça de son père) et que sa bonne fée est un célèbre couturier nommé Gontrand. Visiblement, Plamondon s’est amusé, s’éloignant de la gravité d’Hugo ou du pessimisme de l’univers de Monopolis.

Côté distribution, Cindy fait évidemment appel à des voix puissantes. Il y a celles qui ont une sonorité plutôt pop (Lââm, Carine, Assia, Jay, autant d’artistes qui ne semblent pas avoir de nom de famille). Il y a les voix un peu plus typées « comédie musicale » (Judith Bérard, Patsy Gallant). Au milieu de cette distribution, la retenue de Murray Head, avec son charmant accent et son timbre très doux, est un contraste heureux. C’est una agréable surprise de retrouver cet interprète pour qui le théâtre musical est un univers familier puisqu’il a participé à Hair, Jesus Christ Superstar et Chess.

Indubitablement, on reconnaît le style Plamondon dans l’écriture et les thématiques abordées. Même s’il n’aborde pas de sujets aussi sérieux que dans ses précédents spectacles, on retrouve néanmoins l’univer urbain et ses créatures névrosées qu’il affectionne. « Rebelle » n’est pas sans rappeler « Quand on arrive en ville », « Samedi soir au Galaxy » est proche de « Ce soir on danse au Naziland ». On y parle de tours de verre et de tours de pierre et de top-models qui font leurs adieux. Cependant, à la différence de Starmania ou Notre Dame de Paris, Plamondon se tourne cette fois vers le happy ending et l’optimisme, comme le prouve le rose de l’album et de l’affiche. Les titres les plus réussis sont ceux où Plamondon ne se prend pas au sérieux comme « Disco Queen d’un soir », tandis que « Voyage sans retour », pamphlet contre la drogue, est difficilement supportable.

Pour ce conte musical, Plamondon s’est associé à Romano Musumarra qui a signé les plus grands tubes des années 80. Forcément, on retrouve un léger parfum des eighties. L’écoute de l’album pourra vous transporter à la grande époque de Marc Scalia, Mitsou et des disques à la demande sur NRJ. C’est loin d’être révolutionnaire mais ce n’est pas désagréable, ça n’a cependant pas la force d’un Notre Dame ou d’un Starmania.

Finalement, Cindy ne trompe pas son monde : c’est bien une friandise comme le présente l’affiche. Comme les chewing-gums boules magiques des années 80, Cindy est plein de colorants et de parfums différents : on ne les aime pas forcément tous, c’est un peu trop sucré, pas forcément très raffiné mais au fond, plutôt sympathique. On attend maintenant la mise en scène de Lewis Furey où un zeste de décalage serait le bienvenu. Verdict en septembre.

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter

Laisser un commentaire