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Cindy, Cendrillon 2002

Le mercredi 25 septembre 2002 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Palais des Congrès - Porte Maillot, 75017 Paris (M° Porte Maillot)
Dates : du 25 septembre au 29 décembre 2002
Horaires : du mardi au samedi à 20H30, matinées le samedi à 15h00, le dimanche à 16h00
Tarifs : 60.50 euros, 52.50 euros, 42.50 euros, 34.50 euros
Informations supplémentaires : 01 40 68 00 05

Avec Lââm, Frank Sherbourne, Murray Head, Judith Bérard, Jay, Patsy Gallant, Krystel Adams, Assia…
Musique de Romano Musumarra.
Paroles de Luc Plamondon.
Mise en scène de Lewis Furrey et Gilles Maheu.
Chorégraphie de Martino Müller.
Lumières d’Alain Lortie.

Représentations au Zénith de Caen les 11, 12, 13 et 14 septembre 2002. Réservations au 08 92 68 17 57.

C’est toujours avec beaucoup d’impatience que l’on attend une nouvelle comédie musicale française. Nous sommes encore dans une telle phase d’expérimentation où tout est possible que chaque nouvelle production influence d’une certaine manière la direction que peut prendre le théâtre musical français. Cindy, le nouvel opus de Luc Plamondon – encore auréolé du succès de Notre Dame de Paris -, était donc attendue avec une curiosité mêlée d’inquiétude, précédée d’une rumeur incertaine et d’un album aux ventes plus qu’insatisfaisantes.

Malheureusement, les rumeurs semblent fondées et Cindy est une déception à tous les niveaux. Faisons d’abord notre deuil du livret, et oublions toute velléité de construction dramatique, de développement de personnages et autres futilités de ce genre. C’est désormais un fait accepté que la comédie musicale ? en France – ne peut consister que d’une succession de chansons avec un vague fil conducteur. En ce sens, Cindy franchit un nouveau cap en faisant quasiment abstraction d’un fil conducteur, particulièrement au deuxième acte où singles potentiels sans aucun rapport avec la choucroute se succèdent sur scène. C’est d’un ennui sans fin et seules les chorégraphies viennent ajouter un peu de mouvement au tableau. Mais si les danseurs s’expriment avec énergie, les rôles principaux restent engoncés dans leurs costumes à sangles et c’est trois pas en avant, trois pas en arrière, un pas sur le côté, un pas de l’autre côté. Ce n’est pas encore avec Cindy que le mélange harmonieux des disciplines – chant, danse, comédie ? qui fait toute la spécificité et le charme de la comédie musicale, s’opérera.

Musicalement, le travail de Romano Musumarra se laisse écouter d’une oreille mais aucun titre ne semble avoir le potentiel d’un « Ouragan », d’un « En rouge et noir » ou d’un « T’en va pas » qui avaient fait la gloire du compositeur italien dans les années 80. Pourtant, certains titres sont orchestrés comme à cette époque nostalgique, comme notamment « Chaos » avec des choeurs comme on n’en fait plus aujourd’hui. On ne blâmera pas pour autant les interprètes qui semblent se donner entièrement. Lââm, la Cendrillon des temps modernes, s’en sort joliment sans faire d’excès de fioritures vocales comme on aurait pu le craindre. Remercions en cela la direction vocale même si certains « wo-wo-wo-wooo » exaspérants subsistent encore du côté masculin.
Enfin, pour éviter de se fâcher, on ne parlera que très peu des paroles qui semblent sorties sans discernement du premier dictionnaire de rimes (chiottes, chuchotent, chochottes… fax, sax, max, Ajax…). Pour retrouver un Plamondon plus inspiré, on se retournera vers les nombreux coffrets de Starmania.

Cindy trouvera-t-elle son public ? On le saura très vite. En tout cas, cette nouvelle étape marque plus un pas vers la pantomime que le théâtre musical et s’éloigne de Broadway pour se rapprocher de Las Vegas. On attend maintenant la réaction des professionnels et notamment des producteurs, en espérant qu’un échec ne signera pas l’arrêt de mort de la comédie musicale en France (ou du moins un ralentissement) et qu’un succès ne soit pas le début d’un nivellement par le bas.

En attendant, on conclura avec une chanson de l’album qui n’a pas trouvé sa place sur scène : « Poètes de l’an 2000 / Vous n’êtes pas assez polissons / Vos recettes sont si faciles / Et vos chansons / Ont toutes le même son / Où est le style / Où est passé le sex-appeal / Dans tous ces singles qui défilent / Qu’on enfile / Comme des saucissons ». A méditer.

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