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Critique Londres : Love Never Dies

Le jeudi 11 mars 2010 à 9 h 24 min | Par | Rubrique : Critique

Lieu : Adelphi Theatre - The Strand, WC2R 0NS London
Dates : A partir du 22 Février 2010
Horaires : Du Lundi au Samedi à 19h30, le mercredi et le samedi à 14h30
Tarifs : de 25 GBP à 67.5 GBP

love-never-diesSouvenez-vous : nous sommes à la fin des années 1800. Après avoir relâché Christine qui pouvait désormais s’unir à Raoul sans craindre le Phantom, ce dernier avait déserté le Palais Garnier.

Nous voici donc maintenant en 1907 ; Christine, Raoul, et leur fils Gustave s’apprêtent à traverser l’Atlantique pour débarquer à Coney Island, célèbre parc d’attraction de la côte est des Etats-Unis. Son mystérieux propriétaire a en effet invité Christine à venir chanter sur scène, entre deux numéros de cabaret et phénomènes de foire.

Une fois sur place, il ne suffit que de peu de temps a Christine pour réaliser que son amie Meg et Mme Giry sont de la partie (Meg étant désormais danseuse de cabaret), que le propriétaire n’est autre que le Phantom, et que son mari n’apprécie que très moyennement ce retournement de situation.

Voici, dans les grandes lignes, l’intrigue de Love Never Dies. Certains aspects tenant plus du « spoiler » sont volontairement évités ici afin de ne pas gâcher l’effet de surprise du spectateur, si tant est qu’un effet de surprise est possible tant les rebondissements sont clichés.

Où commencer ? Alors que The Phantom of the Opera reposait sur un mystère, et la relation unique qui liait Christine au Phantom, ici tout est simplifié et perd de son grandiose. Christine n’a aucun caractère, Raoul est alcoolique, joueur, et plutôt odieux, et le Phantom (renommé « Mr Y. » sur scène, il n’est a aucun moment désigné en tant que « Phantom ») serait presque complètement humain sans son masque ; il ne fait plus peur a personne.

Où est le livret ? Où est la continuité avec l’œuvre originale ?

Il semblerait que l’équipe créative (Andrew Lloyd Weber, Glen Slater, Frederick Forsyth, et Ben Elton) se soit focalisée sur la mise en scène et l’aspect visuel, au détriment du classique trio livret/musique/paroles.

Car il faut le reconnaître, la mise en scène est recherchée. Elle a beau avoir été critiquée par de nombreux fans et journalistes pour son côté trop moderne (énorme utilisation d’effets spéciaux) et parfois minimaliste, la technique est très bien maitrisée et sert plutôt bien l’histoire. Oui, cela est très moderne et loin du théâtre « classique », mais il faut l’avouer, on reste impressionné par ce qui se passe sous nos yeux sans toujours pouvoir comprendre comment les perspectives ou les illusions optiques sont faites !

De part son thème très « fête foraine », l’identité visuelle de Love Never Dies est a mille lieues du Fantôme de l’Opéra : haute en couleurs, avec des costumes mi-gothique, mi-paillettes pour les « freaks » (phénomènes de foire) et un côté cirque très présent (acrobates et trapézistes lors de l’arrivée a Coney Island).

Mais alors…faut-il aller voir Love Never Dies ?

Tout dépend. Déjà, il n’est pas nécessaire d’avoir vu The Phantom of the Opera tant les histoires ne sont pas liées. Ensuite, les « Phans » (fans du Phantom) risquent d’être déçus par cette suite tant attendue. Peut être que trop d’espoirs et de pression ont eu raison du projet. Mais d’un autre côté, on peut également approcher le show d’une façon plus second degré : « The Beauty Underneath », par exemple, va devenir un « must-see » pour tout fan de comédie musicale. Dans ce numéro, le Phantom confronte Gustave à ses sentiments et réalise qu’il est son père, dans un duo rock avec un son très… eighties et des rayons laser. Egalement, l’animatronic grandeur nature de Christine, gardé jalousement par le Phantom dans sa demeure, est d’une originalité certaine. Et le summum reste la scène finale, dont le contenu ne sera pas révèle ici, mais une seule chose est à retenir : elle est longue (très longue), peu cohérente, et pas franchement satisfaisante.

Au final, on ressort de la salle avec un sentiment de gâchis. Car les moyens, financiers comme humains, étaient là, mais ont été complètement sous-exploités.
Lors des dernières previews ce week end, le public (principalement composé de touristes) a fait une standing ovation lors du salut de Ramin Karimloo, très convaincant en Phantom. Mais dans le lobby, beaucoup de questions se faisaient entendre et l’incompréhension devant certains choix était palpable.

Love Never Dies vient d’ouvrir officiellement devant le tout Londres, avant de s’exporter à Broadway cet hiver. Le show a encore tout le temps d’évoluer, mais après avoir passé tant d’années sur ce projet, on se demande comment Andrew Lloyd Weber va pouvoir rectifier le tir.

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4 commentaires
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  1. En lisant votre critique , je me demande si vous avez bien vu le show. Il ne s’agit ici que d’un patchwork de ce que l’on peut lire sur les forums.
    Avez-vous vu la réelle utilisation de l’animatronic….qui ne sert pas, ah si on le casse à un moment. Franchement ce ne sont pas dans ces deux moments que l’histoire prend tout son sens.
    La musique n’est pas critique (MAGNIFIQUE)
    Les lyrics non plus.
    L’histoire même si elle souffre de faiblesse embarque tout de même le spectateur.
    Le cast, vous n’en dîtes rien.
    Depuis quelques années REC se repose sur des jugements qui ne sortent d’on ne sais où. Rien de bien personnel là dedans. et une critique faites un peu à la va vite.

    Dommage

  2. Ce que l’on peut surtout regretté est le fait d’avoir voulu donner une suite a un sublime roman. Gaston Leroux lui-même ne l’a pas fait.
    Andrew LLoyd Webber a perdu depuis longtemps le génie et l’innovation dont il faisait preuve il y a 30 ans. Désormais, cela sent la pompe a fric a des centaines de kilomètres.

  3. Je n’ai pas vu le spectacle. Je n’ai pas non plus regardé de bootlegs sur youtube ou quoi que ce soit qui aurait pu gâcher ma surprise en écoutant le CD, que je me suis procuré hier.
    Donc, je ne peux en toute conscience émettre aucun commentaire sur l’aspect visuel.

    Ce que je peux dire: je suis une fan du Fantôme de l’Opéra depuis plusieurs années maintenant, et même si j’ai d’abord été choquée an apprenant que ALW préparait une suite, je me suis quand même forcée à lui laisser le bénéfice du doute.
    Webber a écrit beaucoup de crap ces dernières années, il faut l’admettre, mais ce que j’ai entendu m’a tout bonnement enchantée. D’accord, l’histoire est tout à fait improbable, et certains de ces pauvres personnages sont passés au bistouri (les pauvres Raoul et Mme. Giry, en particulier). Les paroles laissent parfois à désirer, mais en général elles passent bien. La musique est sublime. Et Sierra Boggess, en Christine, est magnifique. Et pour être honnête, j’ai versé une larme à la fin.

    Bref, on est peut-être loin de l’original, mais en abordant le tout comme une toute nouvelle histoire, on arrive à s’y laisser prendre. Et puis, le laps de temps (10 ans) entre les deux parties peut quand même justifier les choses qui paraissent de prime abord dures à avaler: les gens ont amplement le temps de changer en 10 ans.

  4. J’avoue Clemence être aussi un peu surpris par certains passages de votre critique : vous nous dites vouloir eviter les « spoilers » mais nous « spoilez » en expliquant le contenu de la chanson « The Beauty Underneath », vous ne nous parlez que tres peu des interpretes, quasiment pas de la musique, et cependant vous semblez vous focaliser sur « l’animatronic grandeur nature » de Christine…qui franchement n’est qu’une piece de décor bien banale…comparée a la table roulante tractée par des jambes sans buste.. qui a eu un effet bien plus important sur le public lors de la representation que j’ai vue…
    Je ne suis pas ressorti de la salle avec un sentiment de gachis mais avec le sentiment d’avoir vu un beau spectacle, avec de bons performers.
    Certes, une fois sorti du theatre, j’aurais été prêt a mettre une paire de claques a la premiere personne qui utilisait le mot « beautiful » devant moi tant ce mot est sur-utilisé et dans les dialogues et dans les chansons, mais bon nul n’est parfait….
    Il est vrai qu’il ne faut pas s’attendre a une debauche de costumes et de decors merveilleux … ce n’est pas un Phantom 2, c’est une suite, 10 ans plus tard, avec des personnages ayant évolués (en bien ou en moins bien), une suite beaucoup plus intimiste et plus sombre mais avec des beaux moments et bien qu’il y ai quelques faiblesses, il y a fort a parier que certaines d’entres elles vont être ameliorée pour le lancement a Broadway puis seront reintegrées dans le spectacle du West End.
    Il faut aussi dire que pour tenir les delais, il n’y a eu qu’a peine 15 jours pour tester les reactions du public et effectuer les changements alors qu’un show comme Sister Act avait eu presque un mois ….et des changements il y en a eu enormement !

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