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Cygne de quoi

Le vendredi 7 mars 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers, Théâtre musical

Lieu : Péniche Antipode / Abricadabra Théâtre - Face au 69 quai de Seine 75019 Paris - Métro Riquet, Jaurès ou Laumière
Dates : du 7 mars au 26 avril 2003
Horaires : tous les vendredis et samedis à 21h00
Tarifs : 15 ? / Réduits 10 et 8 ?
Informations supplémentaires : 01.42.03.39.07

Comédie chantée d’après §Léda§ d’Alfred Jarry
Musique : Laurent François
Mise en scène : Véronique Balme
Avec :
Magali d’Authier : Psy-cool
Pierre Babolat : Thyndare
Véronique Balme : Psy-chorigide
François Bernard : Dzeus
Angélique Fridblatt : Aglaïa
Olivia Leflaive : Léda
Marika Mazzanti : Adèle
Estelle Micheau : Anne-Anké

Raphaël Callandreau : pianiste
Ezechiel Pailhes : pianiste

Adaptation : Magali d’Authier ? Véronique Balme ? Marika Mazzanti
Arrangements vocaux : Pierre Babolat
Chorégraphie : Christine Coupet
Costumes : Caroline Lainé
Décors : Robert Poulange
Analyse psychanalytique : Anne Turcat

S’inspirant des images et des mots aux significations multiples de la mythologie très personnelle d’Alfred Jarry, cette adaptation de Léda est résolument une création théâtrale et musicale à part entière. De l’oeuvre écrite en 1900, il n’en subsistait plus qu’un souvenir pour ainsi dire pataphysique, qui ne fut publié qu’en 1981 : une opérette amputée de sa musique originale, la partition signée par Claude Terrasse ayant été égarée.

Adèle est obsédée par un rêve qui lui revient toutes les nuits, et dans lequel elle incarne l’héroïne grecque Léda… L’histoire se décline en forme de rêve éveillé sous le regard d’un duo de psychanalystes. Cette construction originale permet de s’amuser d’éventuels rapports entre mythe et inconscient, jolie occasion pour égratigner au passage les inconditionnels de Lacan ou de Freud. Parfois grinçante, la comédie n’en demeure pas moins burlesque, les personnages y étant brossés à gros traits, et aussi grâce à quelques dialogues singulièrement décalés et anachroniques.

Musicalement, la filiation à l’opérette est assez ténue, si ce n’est peut-être dans l’esprit. Du style de Claude Terrasse, ouvrant la voie à une musique plus raffinée que populaire dans les années 1900, il n’en reste qu’une réminiscence. En témoignent quelques mélodies et accords pentatoniques évoquant le début du siècle, ainsi que l’air d’Orphée aux enfers d’Offenbach. La partition au contraire hétéroclite de Laurent François emprunte aussi bien à la comptine qu’au jazz. Le mélange fait mouche, le décalage de la musique, ainsi que la qualité vocale des interprètes conservent aux mots de Jarry leur pleine saveur. Malheureusement, la comédie vire parfois au pastiche avec des reprises de chansons de Dutronc ou d’Il était une fois, non sans risque d’occulter les chansons originales ou de brouiller un peu l’esprit de la pièce.

Formés à la comédie musicale par Marc Chevalier au conservatoire du 9ème arrondissement, les comédiens ne se contentent pas de nous faire rire. Ils chantent avec talent, pour notre plus grand plaisir.

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