Recherchez

Cyril Romoli

Le samedi 1 mai 2004 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Cyril Romoli ©DR

Cyril Romoli ©DR

Cyril Romoli, comment êtes-vous arrivé dans La Guinguette ?
En fait, La guinguette part aussi de moi. Aucun des comédiens n’a été appelé pour ce projet. Nous en sommes tous à l’origine avec Didier Bailly. On s’est connus à l’école de théâtre Claude Matthieu où Didier organisait des stages de comédie musicale. Au sortir de l’école, on a tous eu très envie de travailler avec lui. Il y a à peu près six ans que nous nous sommes lancés dans quelque chose de plus concret. Entre les engagements des uns et des autres, le temps de trouver une idée qui tienne la route, la difficulté de monter quelque chose d’assez ambitieux alors qu’on n’avait pas d’argent, il nous aura fallu six ans pour arriver à un spectacle fini. Au départ, on était parti sur l’idée d’un spectacle constitué de chansons érotiques. L’une des grandes qualités de Didier étant son talent d’arrangeur vocal, on s’est dit qu’on pourrait faire une sorte de revue avec des chansons réarrangées. On a rencontré Stéphane Gonon qui était producteur, à l’époque, dans l’industrie du disque. C’est lui qui nous a suggéré de travailler sur un spectacle dans un esprit guinguette. Ca nous permettait d’avoir un public plus ciblé. A partir de là, c’est Didier qui a imaginé l’histoire.

Pouvez-vous résumer le spectacle en quelques mots ?
La trame est assez simple. C’est davantage la façon dont on raconte l’histoire qui va compter. En gros, il s’agit de faire revivre une guinguette hantée par le fantôme d’un personnage des années 20. Ce qui diffère d’un spectacle comme La java des mémoires de Roger Louret, ce sont les chansons, interprétées en entier. Toute une partie de création, cinquante minutes de pur opéra, s’immisce au milieu du récit, pour raconter la vie de Gaspard le fantôme. Enfin, l’idée d’une troupe de comédiens qui vient au début du spectacle pour raconter cette histoire et qui se trompe, provoque des rebondissements là où il ne doit pas y en avoir..

Le spectacle est-il aujourd’hui comme vous l’aviez imaginé il y a six ans?
Le spectacle est resté en perpétuelle mutation. On avait un synopsis de départ, mais aucune ligne de dialogue écrite. Didier a commencé à écrire au moment de préparer les showcases et la forme du spectacle est née de ce travail. Ensuite, l’absence de producteur, ou, en tous cas, de producteur avec qui on aurait pu s’entendre, nous a finalement permis d’aller vers la création et nous faire plaisir. L’histoire de Gaspard est donc née après le showcase au Trianon.

Vous insistez beaucoup sur l’aspect « compagnie » de votre équipe. Comment êtes-vous impliqué dans l’élaboration de ce spectacle, en dehors du rôle que vous jouez sur scène ?
Pour ma part, je me suis beaucoup investi dans la recherche de production et dans la réalisation des showcases. J’ai réalisé avec Philipp Weissert, un autre des comédiens, le dossier du spectacle. J’ai enregistré les premiers CDs et j’ai fait le site web avec Marie Bru et Karine Dudoit de Regard en Coulisse.

Revenons à vos débuts. Quand avez-vous débuté ce métier ?
C’est en voyant La Petite Boutique des Horreurs dans l’adaptation d’Alain Marcel que j’ai eu envie de faire de la scène. J’avais dix ans et je suis entré à l’Ecole des Enfants du Spectacle. J’avais une scolarité aménagée et je devais justifier que je prenais des cours de théâtre. L’un de mes frères est danseur à l’Opéra de Paris, l’autre a aussi une vocation artistique. On a eu la chance d’avoir des parents qui nous ont laissés faire ce qu’on voulait. C’est à dix ans que j’ai fait mon premier spectacle Le sexe faible mis en scène par Jean-Laurent Cochet. Ensuite j’ai travaillé avec Robert Hossein.
Adulte, j’ai fait l’école Claude Matthieu. Pour le chant, j’ai pris des cours particuliers. J’avais plutôt une formation rock puis j’ai commencé à travailler avec Didier Bailly. C’est lui qui m’a fait découvrir la comédie musicale et en particulier Stephen Sondheim. J’ai pris des cours avec Françoise Rondeleux, une prof formidable du TNS. Avant, elle enseignait au Conservatoire National d’Art Dramatique. Elle donne des cours à tous les acteurs de La guinguette. Avec elle, j’ai vraiment passé un cap.
J’ai eu, depuis, des expériences très différentes. J’ai travaillé aussi bien dans le théâtre subventionné, que privé. Récemment, j’ai joué dans Le Squat avec Marthe Mercadier que dans Vie et mort de Pier Paolo Pasolini au Vingtième Théâtre. J’ai participé au court-métrage de Stéphane Ly Cuong, Paradisco. Une expérience géniale ! Une grande partie de cette espèce de famille du théâtre musical français s’y retrouvait. Et puis Stéphane, que je ne connaissais pas, est devenu un ami. J’ai aussi fait du théâtre pour enfants, une discipline qui n’est pas très reconnue. J’ai joué dedans et ai composé certaines des chansons. En ce moment, je travaille sur mon tour de chant qui s’intitule Humour noir et amours roses. J’ai écrit une partie de mon répertoire. D’autres, comme mon frère ou Eric Chantelose, le parolier de La guinguette, y ont participé. J’ai vraiment une formation de comédien-chanteur et ça, en France, c’est vraiment à s’arracher les cheveux.

Existe-t-il des spectacles pour lesquels vous avez auditionné et que vous regrettez de ne pas avoir fait ?
Non. Mon seul regret, ou plutôt ma seule frustration, c’est de ne pas encore faire partie de spectacles de copains comme Créatures. Je trouve que c’est formidable. Voilà des années qu’Alexandre Bonstein en parle. Je suis content que ça marche. J’adorerais faire des remplacements là-dedans.

Cela-dit, le parcours de Créatures est assez similaire à celui de La Guinguette. Une longue gestation, une série de showcases, un spectacle évolutif, une équipe soudée…
Ce n’est pas tout à fait pareil. Créatures, c’est vraiment la création d’Alexandre. Même s’il a fait appel à des amis pour jouer dedans, c’est vraiment lui qui l’a porté et c’est quelque chose de très personnel. La guinguette est une aventure de groupe. Mais je nous souhaite d’avoir le succès de Créatures.

En tant que comédien-chanteur amateur de comédie musicale, trouvez-vous votre compte dans La guinguette ?
Quasiment, oui. En matière musicale pure, je suis heureux, épanoui. Après, c’est toujours particulier quand on fait du spectacle de divertissement et qu’on vient du théâtre. On est sur un plateau, on chante des chansons de qualité. Mais parfois, on a envie de pousser un tout petit peu plus loin en matière de dramaturgie, de se poser plus de questions sur ce que raconte un spectacle. Les comédies musicales de Sondheim par exemple, vont chercher très loin. Ce n’est pas du divertissement. Dans La guinguette, une partie de pur divertissement côtoie une autre, plus élaborée, dans laquelle je me sens plus à l’aise. Mais d’une manière générale, ce spectacle me rend vraiment heureux. Et puis, en audition, j’ai beaucoup entendu « C’est pas mal, mais vous n’avez encore rien fait dans ce métier ». Là, je suis en train de faire quelque chose.

Vous êtes donc un grand fan de Sondheim, quel rôle de son répertoire aimeriez-vous jouer?
J’adore Merrily we roll along et Company. Mais il n’y a pas un rôle que j’aimerais jouer particulièrement. Je ne pense pas vraiment en terme de rôle mais en terme de projet global. Je suis très heureux du rôle que je tiens dans La guinguette mais j’aurais aussi adoré jouer Gaspard ou l’autre garçon. Je ne serais pas non plus frustré de me retrouver au second plan, c’est l’aventure dans son ensemble qui me plaît.

Vous écrivez des chansons. Envisagez-vous un jour d’écrire une comédie musicale ?
J’ai écrit des chansons sur des trames conçues par d’autres. Mais quand je vois la force de l’écriture dramatique de Didier dans La guinguette, je préfère en rester là. Pour l’instant en tout cas.

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : , , ,

Laisser un commentaire