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Dan Menasche sur tous les fronts

Le lundi 28 septembre 2009 à 13 h 47 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Dan Menasche © Stéphane Ly-Cuong

Dan Menasche © Stéphane Ly-Cuong

Quelle est votre formation ?
J’ai débuté l’interprétation et le chant à l’âge de onze ans à l’Ecole de la Scène, à Bruxelles où je suis né, dans le cadre d’activités parascolaires. Très rapidement, j’ai eu le bonheur d’être retenu pour le rôle titre dans une production de Olivier Twist au Cirque Royal au milieu de tas d’enfants amateurs comme moi et d’une vingtaine de comédiens. La préparation de ce spectacle a été l’occasion de découvrir les répétitions soutenues, les chorégraphies bien réglées et, bien sûr, l’excitation de la scène ! J’ai eu le déclic et j’ai voulu en faire mon métier. J’ai donc continué à me former au chant, au théâtre classique et à l’improvisation, tout en enchaînant les rôles et tours de chant sur scène, le temps de passer mon bac et passer à la vitesse supérieure.  Je suis entré au cours Florent à Paris en 2003. J’ai fait tout cela avec les encouragements constants de ma famille. La famille, quand on a des racines judéo-italiennes, c’est sacré, aussi je tiens à la remercier encore une fois ici, mes parents et mes grands-parents en particulier.

Aviez-vous l’intention de vous spécialiser dans la comédie musicale ?
Pas spécialement. Si j’ai fait du chant et de l’interprétation, c’est plutôt parce que je me considère comme un touche-à-tout avec une grosse envie de faire plein de choses très vite. Dès le cours Florent, j’ai recherché un agent pour faire ma promotion et obtenir des contrats. L’agence Voix Off me suit depuis ce temps et m’a conduit à des apparitions dans des séries TV et comme voix dans des pubs. On peut m’entendre dans la dernière campagne iPhone, par exemple. C’est important d’être très actif au départ d’une carrière car cela permet de faire des rencontres. C’est d’ailleurs sur le tournage de Diane flic que j’ai fait la connaissance d’Alexis Michalik.

C’est le départ d’une longue collaboration avec Alexis Michalik…
Oui, Alexis m’a d’abord proposé un remplacement dans sa première mise en scène, une adaptation des Noces de Figaro appelée Une folle journée. J’ai fait la connaissance de sa troupe issue principalement du Conservatoire du 19e arrondissement, autant dire pas la même bande que ceux du cours Florent… On a fait Avignon ensemble, dans un joyeux désordre bohème, avec une pièce invendable qui durait 2 h 30, une expérience inoubliable pour un jeune comédien de 19 ans. Et puis, il y a trois ans déjà, Alexis a créé La mégère à peu près apprivoisée, elle aussi auto-produite en Avignon, jouée la première fois avec un décor se limitant à un drap décoré d’un nuage peint à la main. Depuis, avec la nouvelle production, le décor s’est bien étoffé. C’est passionnant d’être au départ d’un tel projet qui est aussi un travail de groupe où, sous l’impulsion d’Alexis, chaque personnage a pu évoluer en fonction de son interprète. Moi, j’assume totalement un côté un peu bouffon, donc ce spectacle à haute dose de trentième degré me convient parfaitement. C’est une farce musicale avec des moments clownesques, très physiques, mais toujours empreints d’interprétation forte. Cet éclectisme me ravit !

Parlez-nous également de votre participation à de plus grosses productions.
A la sortie du cours Florent, j’ai échoué au concours d’entrée du Conservatoire, mais j’ai été pris pour Cabaret aux Folies Bergère. Au fond, je suis content de ne pas avoir eu à choisir entre les deux. Je crois que je préfère la formation par la scène et, de fait, Cabaret a été une école de rigueur, à l’américaine, dans une mise en scène réglée comme du papier à musique. Je n’y jouais que deux saynètes (et beaucoup de banjo) mais j’ai rencontré des comédiens confirmés comme Fabian Richard et Catherine Arditi et des musiciens dont certains accompagnaient Aznavour. J’éprouve aussi énormément de fierté d’avoir fait partie de cet événement, le grand retour des comédies musicales « à la Broadway » sur Paris, avec de vraies chansons participant à l’évolution de l’intrigue et des personnages, après une décennie de shows pour le moins controversés. A peine Cabaret fermait, après 450 représentations, que j’enchaînais sur Fame au Comédia dans un contexte radicalement différent, au milieu d’une bande de jeunes. Fame n’a pas été un long fleuve tranquille, principalement à cause de problèmes de production et de premières mal rodées, mais l’expérience s’est terminée sur une note extrêmement positive lors de la tournée de 60 dates dans toute la France.

Quels sont vos projets ?
Mon actualité de fin d’année est chargée. Je fais ma dernière représentation dans Chance ces prochains jours, je joue La mégère à peu près apprivoisée au Vingtième Théâtre jusqu’au 2 janvier 2010 et je participe à deux créations.
La première est Vilaines filles, mauvais garçons, un spectacle musical autour des chansons de Gainsbourg dans ses jeunes années, un répertoire que l’on a moins l’habitude d’entendre, conçu et mis en scène par Stéphane Ly-Cuong [NDLR : co-rédacteur en chef de Regard en Coulisse]. L’histoire découle de l’enchaînement des chansons suivant un fil rouge tendu par cinq personnages à forte personnalité, sans changer un seul mot des paroles originales, ni une seule note ! Certaines partitions étant introuvables, Cyril Romoli les a retranscrites au piano pour nous aider à respecter strictement la mélodie, le parti pris de la mise en scène. Ce n’est donc pas un show « à la nouvelle star », c’est un hommage plus à base de ré-interprétations que de réarrangements. Pour les comédiens, la difficulté est d’assurer la cohérence et l’évolution du personnage tout au long des chansons, sans pouvoir dire autre chose que ce que Gainsbourg disait. Outre le plaisir de redécouvrir les quelques trente titres sélectionnés, le spectateur en verra jaillir une nouvelle interprétation insoupçonnée.
Je répète aussi pour un autre projet, un spectacle musical pour enfants écrit et mis en scène par Fred Colas intitulé Les nouvelles aventures de Robin des Bois qui sera joué au Théâtre du Temple à partir du 21 octobre et durant toutes les fêtes, une cinquantaine de dates en tout. Je tiens le rôle de Petit-Jean. Comme pour La mégère à peu près apprivoisée, il s’agit d’une adaptation un peu déjantée de l’œuvre originale, sans excès, pour convenir à un jeune public, un peu à la mode de Shrek.

Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?
Depuis ma sortie du cours Florent, je n’ai pas quitté la scène, donc j’aimerais maintenant me consacrer un peu plus aux plateaux télé ou cinéma. J’ai l’impression que la caméra peut m’offrir plus d’opportunités de rôles où l’on ne m’attend pas. Je suis encore jeune et j’ai besoin de toucher à tout, apprendre de nouvelles choses et, quelque part, me surprendre moi-même !

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