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David Alexis : le couple dans tous ses états

Le mercredi 31 octobre 2012 à 14 h 22 min | Par | Rubrique : Rencontre

David Alexis (c) Ledroit-Perrin

Comment est née l’aventure de Je t’aime, tu es parfait… Change !!! ? Qui a eu l’idée d’adapter ce spectacle ?
C’est Emmanuelle Rivière qui est vraiment à l’origine de cette aventure. Elle a découvert cette pièce alors qu’elle était en Espagne. Ça faisait un carton là-bas ! Le spectacle  avait même reçu plusieurs récompenses équivalentes à nos Molières. Immédiatement séduite par le propos et l’humour de ce spectacle, il lui semblait improbable que personne ne soit encore tombé sur ce petit joyaux en France d’autant qu’il avait déjà été traduit dans plus de quatorze langues dont le mandarin. C’est avec Tadrina Hocking qu’elle se lance donc dans l’adaptation française de I Love You, You’re Perfect, Now Change !  qui avait été créé en 1996 à New York. Emmanuelle a ensuite proposé le projet à plusieurs personnes et l’équipe, dont j’ai l’honneur et la joie de faire partie, s’est montée au fur et à mesure.

Comment a évolué le projet depuis la lecture dans le cadre des Découvertes Diva ?
Nous avons présenté Je t’aime, tu es parfait… Change !!! pour la première fois au Théâtre du Petit Saint-Martin en 2009, lors des Découvertes Diva, puis ensuite à La Pépinière Opéra en 2010, toujours sous forme de lecture. Il y a eu un tel engouement du public et des professionnels, que tout s’est enchaîné très vite.
C’est à l’issue de ces showcases, que nous avons pu nous lancer dans une vraie production, avec à la tête Isabelle Decroix, une femme incroyable qui arrive à déplacer des montagnes et qui maintient avec talent une vraie politique artistique. C’est en 2010 , au Théâtre du Chien Qui Fume que nous avons présenté  le spectacle dans son intégralité, et avec une mise en scène signée à l’époque de Christophe Coreia. Mais faute de concordance d’agendas, nous n’avions pas pu à l’époque enchaîner avec une salle parisienne.
Il a fallu attendre presque deux ans pour pouvoir nous réunir de nouveau et monter le spectacle à Paris! A l’exception de David Ban  qui était engagé sur un autre projet, nous avons repris le chemin des répétitions avec un nouvel arrivant,  Arnaud Denissel. C’est Karim Medjebeur qui nous accompagnait musicalement lors de l’aventure Avignon. Ici, au Vingtième théâtre, c’est Daniel Glet, que j’ai eu plaisir de retrouver après notre aventure Cabaret aux Folies Bergère.

Comment définiriez-vous ce spectacle ?
Je le définirai comme un vrai spectacle miroir. Comparativement  à certaines autres pièces qui peuvent être malgré tout prenantes ou captivantes, Je t’aime, tu es parfait… Change !!!  ne laisse pas vraiment d’autres possibilités que d’être  « collante », dans le sens de « coller à la peau ». Qu’on le veuille ou non il y a dans cette oeuvre au moins une situation que chacun de nous vit, a pu vivre ou risque de vivre!
Parfois sous le trait de certaines caricatures de personnages, les situations sincères jaillissent d’elles mêmes . La force de ce spectacle, c’est qu’il vous amène à reconnaître que l’état amoureux est universel et que la fusion chimique qui s’opère quand on rencontre « l’autre » n’ a pris aucune ride et traverse le temps sans dommage. Mais sans trop se perturber les neurones, ça reste tout de même un petit bijou de fraîcheur et d’humour.

En tant que comédien et co-metteur en scène, qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?
Avoir la double casquette, nécessite selon moi, une grande rigueur. Il est important de distinguer  le travail du metteur en scène et celui de l’acteur. Le premier travaille en amont… Il imagine la forme du spectacle, défend un parti pris, et organise la manière dont il va amener les comédiens à rencontrer leurs personnages. Le deuxième est la matière première et essaie de répondre à ce qu’a imaginé le metteur en scène.
Pour moi, j’avais peut-être l’impression de maîtriser un peu plus vite que mes camarades le parcours des personnages  et le déroulé des scènes, mais j’ai cherché à travailler autant qu’eux et surtout avec eux.  Je me suis attelé à  rester partenaire avant tout, c’est trop précieux et tellement bon. J’ai veillé à cela même si ce n est pas toujours facile car connaissant dans le moindre détail le spectacle que nous avons mis en forme Tadrina Hocking et moi, il était aussi dangereux de ne plus laisser assez de place à mon travail d’acteur, mais ça a du bon parfois de travailler à deux!
En tout cas, chaque soir, je ne garde qu’une casquette : celle qui me donne le plaisir de jouer avec ces formidables artistes que sont  Arnaud Denissel, Ariane Pirie et Emmanuelle Rivière.

Quels sont les challenges de ce type de spectacle ?
Pour moi, tout spectacle est un challenge dès qu’on décide de le mettre en lumière. C’ est une prise de risque, constante ! Que ce soit une œuvre musicale ou théatrâle, débordante ou dénuée de didascalies, le challenge reste le même :  l’ honnêteté du jeu et le respect du fond. Au delà de cela, si je devais donc parler de challenge pour Je t’aime, tu es parfait… Change !!!,  ce serait de dire que la difficulté résidait tout d’abord dans le fait d’utiliser le pianiste ( Daniel Glet)  en personnage central à part entière dans la mise en scène , et de l’imaginer tel le coryphée  pouvant guider les acteurs , et prendre parfois la parole obligeant ainsi les quatre comédiens à rester dans un même espace temps , sans répit, comme dans un huis clos, un cube, alors qu’ils jouent des scènes et des personnages différents à chaque fois. Un autre challenge était aussi d’éviter l’écueil d’un défilé de costumes comme dans la plupart des versions des autres pays et de faire le noir  à chaque fin de scènes pour bien faire comprendre qu’on passe à une autre. Le spectacle étant déjà  écrit en tableaux successifs, il était facile de tomber dans ce piège. Avec cette mise en scène, je pense que nous avons réussi à l’éviter !

Notre critique du spectacle

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