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David Eguren – Drôle de Zazu

Le lundi 1 septembre 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

David Eguren en Zazu ©DR Disney - Photo : Brinkhoff/ Mögenburg<br />
David Eguren en Zazu ©DR Disney – Photo : Brinkhoff/ Mögenburg

Alors que démarre la deuxième saison du Roi Lion, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Tout va très bien. Ca fait bientôt douze mois que nous jouons le spectacle. Il n’y a pas du tout de sentiment de lassitude. Toujours le même bonheur de monter sur scène pour interpréter Zazu. Nous avons eu deux semaines de vacances. Ca m’a permis de me ressourcer, de retrouver ma femme et mon fils. Mais comme ce rôle marathon demande un certain rythme, lorsqu’il y a une coupure, ce n’est pas évident de reprendre ce rythme tout de suite, d’autant que je suis un peu diesel dans le genre. Mais je rassure les spectateurs, j’ai retrouvé mon rythme !

Vous attendiez-vous à un tel succès du Roi Lion en France, pays réputé réfractaire à la comédie musicale façon Broadway ?
Je ne doutais pas du succès. J’ai découvert ce spectacle il y a quelques années à Londres et j’ai pris une sacrée claque comme beaucoup de gens. Bien sûr, le marché du spectacle musical en France est un peu particulier. Je m’étais dit « soit c’est un succès total, soit le public français est vraiment réfractaire aux comédies musicales », et si Le Roi Lion ne marche pas, ce n’est même plus la peine d’essayer quoi que ce soit en France ! Je ne suis pas étonné du succès parce que c’est un très bon spectacle et c’est aussi grâce au travail énorme de Stage [NDLR : producteur du spectacle] en matière de communication et de promotion. Même si on a un très bon spectacle, de l’or en barre entre les mains, on ne peut pas se passer de communication, le bouche à oreille compte beaucoup mais ne suffit pas.

Quand vous avez auditionné pour Le Roi Lion, était-ce spécifiquement pour le rôle de Zazu ?
J’ai ce rôle en tête depuis la première fois que j’ai vu le spectacle à Londres il y a huit ans ! C’était une évidence, j’étais même prêt à déménager à Londres pour passer des auditions pour jouer le rôle là-bas. Quand j’ai appris que Le Roi Lion se montait à Paris, c’était bien sûr le rôle de Zazu que je visais. Lors de la première audition, j’ai bien ciblé le choix de ma chanson. J’ai été assez rapidement pressenti pour le rôle mais j’ai tout de même dû passer une dizaine d’auditions avant la décision finale.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez eu le rôle ?
Très bizarrement. Avec ma femme, nous attendions deux nouvelles importantes : une réponse pour l’appartement que nous souhaitions acheter et la réponse pour Le Roi Lion. Et quasiment au même moment, nos téléphones ont sonné : ma femme apprenait que nous avions l’appartement et moi que j’étais pris pour le rôle de Zazu. Sur le coup, j’étais tellement sous le choc, ça représentait tellement pour moi la réalisation d’un rêve, que j’ai répondu simplement « Bon, d’accord, merci » et j’ai raccroché. Je les ai tout de suite rappelés pour manifester ma joie !

Est-ce la première fois que vous jouez dans un spectacle de cette envergure ?
Pour beaucoup d’entre nous, c’est la première fois. C’est une production gigantesque. J’avais déjà travaillé sur des grosses productions à l’Opéra de Reims, à l’Opéra de Metz, plus dans le style opérette, mais la plupart des choses que j’ai faites étaient des projets plus intimistes. Sur Le Roi Lion, c’est incroyable, on a parfois un peu l’impression d’être à Hollywood, il y a une telle machinerie, c’est impressionnant.

Comment s’est passé le travail de mise en scène avec Julie Taymor ?
Très bien. Comme c’est un spectacle que Julie Taymor a mis en scène dans plusieurs pays depuis sa création à Broadway en 1997, nous avions un peu peur du copié-collé. Nous avons vite été rassurés. Elle a vraiment fait un travail de re-création du spectacle en cherchant à trouver des liens particuliers entre les personnages selon la personnalité des comédiens. Elle nous a laissés amener nos personnages comme on les voyait sans pour autant nous laisser faire tout ce qu’on voulait, c’est normal. Elle est revenue nous voir au printemps ; elle nous a fait beaucoup de compliments et nous a redit que c’était le meilleur Roi Lion qu’elle ait vu.

Pour en revenir à votre personnage, diriez-vous qu’il y a du Zazu en vous ?
Ça a été tellement une évidence de me dire qu’il fallait que je joue ce rôle-là un jour ou l’autre que, forcément, j’ai dû me reconnaître dans le personnage. On doit donc avoir des ressemblances. C’est vrai que j’ai un peu son grain de folie et, ça va paraître prétentieux, son côté « recherche de dignité ».

Jouer en manipulant une marionnette, ce n’est pas pas trop difficile ?
Au début, je dois dire que j’ai vécu de grands moments de solitude ! D’abord, j’ai répété sans la marionnette et tout d’un coup on me l’a mise dans les mains. Elle est assez imposante. Je me demandais comment j’allais pouvoir jouer avec cet objet encombrant. Mais finalement, je suis assez vite arrivé à la prendre en compte dans mon espace, puis la manipulation des yeux et du bec s’est faite assez rapidement.

Y’a-t-il un moment dans le spectacle que vous appréciez particulièrement ?
Il y a une scène que j’aime beaucoup : paradoxalement, c’est celle dans laquelle j’ai peut-être le moins de choses à faire, quand je suis avec Scar au début du deuxième acte. Zazu est enfermé dans sa cage et il peut se permettre à ce moment-là d’être un peu méchant et de dire des vacheries à Scar qu’il déteste absolument.

Le personnage a-t-il évolué au cours des représentations ?
Bien sûr. Je m’amuse à le faire évoluer, à être un peu différent chaque soir tout en restant dans les rails. A la fin de certaines scènes, je rajoute des petites phrases comme « Les pattes m’en tombent » par exemple. Je n’en ai pas vraiment le droit, mais tant que ça ne devient pas n’importe quoi, ça passe ! Il y a aussi plein de petites choses qu’on a testées et qu’on a gardées ou enlevées.

Vous arrive-t-il déjà de penser à l’après Roi Lion et l’appréhendez-vous ?
Je ne l’appréhende pas. D’abord parce que je vis l’instant présent et que c’est un bonheur total. Après, j’ai d’autres projets qui ne sont pas encore complètement définis en tant qu’interprète et aussi des projets de mise en scène. En revanche, je me demande si j’aurai l’occasion de refaire un spectacle qui soit autant une évidence que celle-ci pour le rôle, un spectacle aussi énorme et aussi beau.

Y’a-t-il justement d’autres musicals, d’autres rôles, que vous aimeriez jouer ?
Je rêve que Company se monte un jour à Paris et j’adorerais jouer le rôle de Bobby. Mais bon, c’est quand même moins une évidence que Zazu !

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