Diva 2010 : Le Rêveur
Le Lundi 31 mai 2010 à 8 h 50 min | Par Alexia Guarinos | Rubrique : Zoom
Dans le cadre des Découvertes Diva 2010, Jean-Henri Blumen vous invite à découvrir son spectacle : Le Rêveur.
Quel est le thème du Rêveur ?
Le thème est : « On ne peut vivre sans espoir ». Pour surmonter l’adversité, l’homme est obligé de croire qu’avenir meilleur est possible. Ainsi, la pièce est une rencontre de personnages très différents dont les destins, faits d’illusions et de désenchantements, se croisent et se trouvent tout à coup liés par Le Rêveur, ce héros un peu minable mais attachant. L’histoire se situe au début du vingtième siècle. C’est le début des grandes espérances de l’humanité, le progrès s’annonce dans tous les domaines. L’homme moderne est alors certain d’avoir son destin en main. Nous autres, spectateurs de la pièce, nous avons vu, ou même vécu ce que le XXe siècle a produit comme réussites et comme désastres. Se pose alors la question du présent et de l’avenir : que faire ? Attendre, continuer d’espérer, se résigner ? Cette question poursuit tous les personnages à chaque péripétie. La pièce ne répond pas à cette question et laisse le spectateur libre de son jugement.
Pouvez-vous nous résumer l’intrigue ?
L’intrigue est simple : Mendel, Le Rêveur, a quitté son village et la pauvreté, laissant femme et enfants, pour venir faire fortune à la ville. Les spéculations boursières l’ont ruiné. Il rêve alors de monter une agence matrimoniale pour faire fortune jusqu’en Amérique. C’est alors qu’il est confronté à d’autres rêveurs…
Quel est le style musical choisi ?
Difficile à définir ! Cela ne ressemble à aucune autre comédie musicale, pas même au Violon sur le toit, mais on peut valablement parler d’influences qui, selon les situations ou les personnages, alimentent cette création originale. Ce sont le style Klezmer, le folklore yiddish, la musique tzigane, mais aussi le jazz, utilisé avec distance pour caricaturer le rêve américain et la référence à Broadway. Enfin, le lyrique, quand il devient l’expression indispensable d’une situation. La réussite serait, pour moi, qu’on suive l’intrigue sans que les influences citées plus haut soient omniprésentes.
Pouvez-vous nous en dire plus sur le parti pris original de l’utilisation de masques ?
Ce sont des masques qui ne masquent pas tout le visage ; ils accentuent certains traits, comme si le maquillage était complété par des volumes. Pour avoir vu une mise en scène de Mariana Araoz d’un spectacle musical masqué, je peux témoigner que ce style dégage une force rare.
Le Rêveur est une Å“uvre constituée par une grande variété de personnages très différents. Le masque va nous aider à les caractériser. Cette stylisation de la mise en scène présente pour moi un grand intérêt. Elle va nous éviter de tomber dans les conventions actuelles de la comédie musicale. Je pense que c’est une certaine stylisation de la mise en scène qui a constitué le principal succès du Roi Lion.
Pouvez-vous nous présenter l’équipe ?
Comme pour la musique, on mélange tout. Le Rêveur nécessite deux qualités indispensables : des acteurs qui soient en même temps de très bons chanteurs et de très bons comédiens. En outre, chanteurs et musiciens doivent avoir une très bonne technique classique et aussi un sens du jazz.
D’une certaine façon pour être joué, Le Rêveur a des exigences dignes de Broadway, mais pour produire un résultat totalement différent.
Dernière particularité : on s’aperçoit que la composition de l’équipe (le metteur en scène et moi y compris) est faite d’artistes venus de la comédie musicale, du théâtre, de l’opéra, du jazz, du folklore, de la commedia dell’arte, de la chanson française, de la variété et que sais-je ? Pareil pour les générations : il y a des jeunes et il y a des vieux, des jeunes qui sont vieux et des vieux qui sont jeunes.
Je crois que ce type de composition est une source de richesse pour le spectacle.
A quelle stade de production en êtes-vous ?
Tout est prêt, l’équipe paraît bien soudée. Il y a un vaste public pour ce type de spectacle. Il ne manque que l’argent et la scène…
La représentation du Rêveur aura lieu le vendredi 4 juin, à 18 h, au Théâtre du Petit Saint-Martin. Entrée gratuite mais réservation indispensable.

On ne peut que chaudement recommander cette petite merveille musicale, qui ne ressemble à rien de ce que l’on a l’habitude de voir et d’entendre sur nos scènes. Bien sûr on cherchera (et on trouvera) des filiations, mais en sortant, non seulement le coeur est plus léger mais les thèmes musicaux de Jean-Henri BLUMEN ne vous quittent plus. On a l’impression, à la sortie d’avoir des ailes aux pieds, ou d’être un chanteur soi même ! un peu la sensation que l’on a après avoir dégusté une de ces merveilleuses comédies musicales de Broadway.
S’il y a un spectacle musical complet et de très grande qualité à présenter c’est bien celui là et surtout il remplit son rôle, qui est de créer uneparenthèse de bonheur et d’optimisme dont nous avons tous bien besoin en ce moment.