Dreamgirls (Critique)
Le Lundi 29 janvier 2007 à 0 h 00 min | Par Patrick Alluin | Rubrique : Cinéma, Critique
Lieu : Dans tous les bons cinémas -
Dates : à partir du 28 février 2007
Horaires :
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Informations supplémentaires :
Une comédie musicale de Tom Eyen et Henry Krieger
Réalisé par Bill Condon
Avec Jamie Foxx, Beyonce Knowles, Eddie Murphy, Jennifer Hudson, Danny Glover
La Broadwaymania continue à Hollywood. Un an après Rent et Les Producteurs, voici que sort, le 28 février, l’adaptation de Dreamgirls, comédie musicale de Tom Eyen et Henry Krieger qui a triomphé à New York au début des années 80. Après avoir signé le scénario du multi-oscarisé Chicago de Rob Marshall, Bill Condon réitère ici tout en assumant la réalisation du film. L’enjeu était de taille car toutes les comédies musicales sorties après le triomphe de Chicago ont reçu des acceuils critiques désastreux et ont été des échecs au box-office. Du point de vue des chiffres, il semble, aux Etats-Unis en tous cas, que le pari est remporté haut la main. Le film approche les 100 millions de dollars de recette après avoir démarré dans un circuit réduit et a remporté trois Golden Globes et huit nominations aux Oscars. Qu’en est-il du film lui-même?
Idéniablement, il s’agit d’un bel objet. La musique est efficace, les images luxueuses, l’interprétation excellente et on ne s’ennuie pas une seconde. Mais dire que la réalisation de Dreamgirls dépasse largement celle de Rent du Fantôme de l’opéra dirigés par des cinéastes estampillés « tâcherons » est cependant excessif. S’il a su brillamment traduire Chicago en langage cinématographique, Bill Condon peine, cette fois, à trouver un parti pris cohérent pour justifier l’intrusion du chant dans l’histoire. Pendant la première heure, tous les numéros interviennent dans un cadre réaliste (contrairement à ce qui se passe dans la pièce). On peut comprendre ce choix d’autant que le sujet s’y prête complètement. Pourtant, certaines chansons perdent de leur profondeur dans ce contexte. « Steppin’ to the bad side » ressemble à un long clip, la déclaration d’amour d’Effie à Curtis manque d’intensité et les numéros se révèlent au final assez répétitifs. Et puis, à mi-chemin, Condon assume enfin qu’il est dans une comédie musicale et les personnages se mettent à chanter dans leur salon. On n’est d’abord pas du tout préparé, le film révèlant à nouveau son déséquilibre, mais rapidement séduit. A ce titre, « And I Am Telling You I’m Not Going » et tout le récitatif qui précède sont parfaitement réussis. On regrette alors que le réalisateur n’ait pas tout de suite orienté son film dans ce sens. Par ailleurs, Condon ne parvient pas complètement à dépasser le caractère « cliché » des situations et, si on s’intéresse à l’histoire, on n’est jamais vraiment bouleversé par ce qui est, en définitive, un pur mélodrame.
Heureusement, la distribution est là pour apporter l’intensité et la passion qui manquent à la réalisation. Si Jamie Foxx semble un peu absent, Beyonce Knowles est absolument impeccable dans le rôle de la chanteuse « produit » et on est impressionné par « Listen », son grand solo final, écrit spécialement pour le film. Tous les seconds rôles sont excellents et on ne peut pas ne pas citer les prestations exubérantes à souhait d’Eddy Murphy et de l’incroyable Jennifer Hudson.
Rien de révolutionnaire, donc, dans ce Dreamgirls mais de très bons moments dus, en grande partie, aux comédiens.
