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Du shtetl à New York

Le vendredi 17 octobre 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts

Lieu : Européen - 5 rue Biot, 75017 Paris (métro : place de Clichy)
Dates : du 14 octobre au 4 novembre 2008
Horaires : à 20h30 et le dimanche 26 à 17h
Tarifs : Tarif normal : 30 euros - Tarif réduit 20 euros

Représentations supplémentaires les 3 et 4 novembre à 20 h 30.

Avec Isabelle Georges et Le Sirba octet
Arrangements de Yann Ollivo et Cyril Lehn.

Les vagues d’immigration vers le Nouveau Monde n’ont pas cessé. Dès la fin du XIXe siècle, les persécutions contre les Juifs d’Europe Centrale les ont poussés à quitter leurs villages, les « shtetl » en yiddish, et à traverser l’Atlantique. Les musiciens du Sirba Octet ont imaginé un programme avec la chanteuse Isabelle Georges afin de mettre en évidence la filiation des airs traditionnels juifs avec les thèmes des comédies américaines.

De « Bessarabye » à « Over the rainbow », de « Rozhinkes mit Mandlen » à « My funny Valentine », une invitation à un feu d’artifice musical entre musique traditionnelle et comédie musicale, servie par des musiciens issus des plus prestigieuses formations françaises, sur des arrangements de Yann Ollivo et Cyril Lehn.

Inspirée du documentaire de Fabienne Rousso-Lenoir Du Shtetl à Broadway, cette version scénique et musicale mélange des airs de musique yiddish à des extraits de comédie musicale américaine. Tous ont un dénominateur commun : ils ont été créés par des artistes juifs. Le spectacle passe donc de « My Funny Valentine » (de Richard Rodgers) à « Bessarabye », de « Sunrise Sunset » (de Jerry Bock) à « Yiddishe Mame », le tout avec une musicalité débordante d’émotion, d’humour et de virtuosité. Car le Sirba Octet déborde littéralement de créativité quand il s’agit de réarranger les mélodies, qu’elles soient traditionnelles ou puisées dans les grands standards américains. Le talent de l’orchestre est tel qu’il emporte le public après seulement quelques minutes.

Quant à Isabelle Georges, elle est d’une simplicité et d’une justesse incontestables. On regrette d’ailleurs qu’elle ne s’exprime pas plus longuement pour introduire chaque chanson. Car si l’on ne connaît effectivement pas le documentaire dont le spectacle est inspiré, le spectateur peut vite être désorienté. Mais la voix chaleureuse de l’artiste, son regard pétillant, son énergie, son interprétation toute en subtilité, insuffle un charme et une couleur toute particulière à ce spectacle. La dernière chanson « Bei Mir Bist Du Scheyn » est un pur bijou où se mêlent l’air traditionnel et la modernité d’Isabelle, qui propose un numéro de claquettes détonant. Elle réussit même à faire chanter une salle entière en yiddish : un vrai coup de maître et un moment intense en émotion pour tous ceux qui ont été bercés par la douceur de cette langue pendant leur enfance, par des proches souvent disparus aujourd’hui…

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