Recherchez

Emmanuel Moire – Etre à la hauteur, c’est son essentiel

Le samedi 1 octobre 2005 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Emmanuel Moire ©DR

Emmanuel Moire ©DR

Emmanuel Moire, vous avez commencé les représentations depuis quelques jours. Vos premières impressions ?
Je suis heureux d’avoir enfin commencé. Cela fait plus d’un an que nous sommes sur le projet. Après l’enregistrement de l’album et toute la promotion, on trépignait tous d’impatience ! Nous avons eu trois mois de répétitions très intenses, au bout d’un moment ça devenait épuisant. Nous n’avions qu’une envie, celle de rencontrer le public. C’est un vrai bonheur mais en même temps je ne savoure qu’à moitié car je suis encore sous l’effet de la fatigue des répétitions et de la promotion qu’il faut continuer à assurer.

Le spectacle correspond-t-il à ce que vous imaginiez ?
Je ne savais pas du tout comment ça allait se passer. Au départ je ne savais pas qu’il y aurait une part de comédie aussi importante. On n’est pas là simplement en tant que chanteur, il y a un vrai parcours. Il y a des choses assez profondes que je ne pensais pas vivre dans ce genre de spectacle et ça me plaît beaucoup.

Qu’avez-vous fait avant Le Roi Soleil ?
Je vivais au Mans où je travaillais dans la musique. Je cumulais des contrats de chanteur, de compositeur et de pianiste qui m’ont permis d’avoir un bagage assez solide mais je voulais aller plus loin. Ces deux dernières années, j’ai passé beaucoup d’auditions jusqu’au jour où j’ai été retenu pour Le Roi Soleil.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous dans la préparation du spectacle ?
Incontestablement la danse et la comédie ! Je n’en avais jamais fait. Heureusement en danse, je n’ai qu’un passage important, celui où je deviens le Roi Soleil, et pourtant ça n’a pas été simple ! J’ai un rapport avec le corps complètement différent de celui des danseurs. Quant à la comédie, j’ai eu très peur, c’est ce qui m’angoissait le plus. D’ailleurs au début quand on allait aux cours de comédie, j’avais la boule au ventre d’autant que mon personnage n’était pas n’importe qui ! Je remercie d’ailleurs Guillaume Séguoin qui nous a coachés toute l’année. Nous avons fait un travail en profondeur qui nous a emmenés très loin, il y a eu des séances très dures. Cela implique un lâcher prise de ses émotions, de son passé, des choses dont on n’est pas forcément fier. Mais au final, je prends un immense plaisir, c’est passionnant d’avoir un rôle joué et chanté du début à la fin. J’ai un vrai fil conducteur, un vrai parcours. Ca me plaît beaucoup de vivre la vie d’un autre pendant deux heures. Pourtant ça me met parfois dans des états émotionnels très forts. Il y a des scènes qui sont très dures au niveau de la souffrance, de la colère, de la trahison.

Vous interprétez Louis XIV, comment aborde-t-on un tel personnage ?
Au début ça m’a fait flipper ! Je ressentais une petite pression. J’ai commencé à lire beaucoup pour avoir une vision d’ensemble sur le personnage. Ce qui m’intéressait c’était de jouer un homme confronté à son destin, à une vie qu’il n’a pas choisie mais qu’il doit assumer. On est tous confrontés à porter notre lot de souffrance, d’enfance, à être face à nos responsabilités, nos histoires d’amour… En travaillant sur le personnage, je me suis aperçu que c’était quelqu’un qui avait une maîtrise de soi vraiment exemplaire. Il était très conscient des gens qu’il avait autour de lui, de la Cour, des flatteries. Il était très lucide et malin, c’était un génie.

C’est un bon sujet de spectacle musical ?
Pour être tout à fait honnête, j’étais sceptique au début, je trouvais ce thème un peu poussiéreux. En plus je n’étais pas fan d’histoire quand j’étais gamin. Ca m’embêtait d’apprendre les dates, les noms. Je préférais la géographie. Mais plus je travaillais sur le spectacle, plus je trouvais que le choix de ce thème était judicieux. Louis XIV se mettait lui-même en scène, sa vie était une mise en scène permanente, il y avait un côté spectacle. Il a favorisé les arts comme le théâtre avec Molière, la musique et la danse avec Lulli. Et puis il y a aussi tout le décorum, les costumes, ça fait rêver. Quand on va voir un spectacle, c’est pour rêver et s’échapper de ses soucis quotidiens.

Quels sont selon vous les points forts du Roi Soleil ?
J’y reviens encore mais les scènes de comédie sont un vrai plus. Je n’ai pas la prétention de dire que c’est une réussite totale mais j’ai l’impression que ça fonctionne. Il y a une vraie dramaturgie assez fidèle à l’Histoire même si elle a été romancée. Il me semble que nous ne sommes pas ridicules quand nous interprétons nos personnages. J’admire aussi le travail de Dominique Borg sur les costumes. Pour ma part, c’est de l’or que je porte ! Au moment où j’ai essayé les premiers costumes sur scène, ma façon d’interpréter et de marcher s’en sont trouvés transformés. Le décor est aussi très original. Il n’y en a pas partout mais il est très imposant, il surprend. Il est un peu à l’inverse de ce qu’on a pu voir avant où on cherchait surtout à remplir l’espace.

Comment voyez-vous l’après Roi Soleil ?
Avant de passer le casting , j’étais sur l’auto-production d’un album. Je travaille toujours dessus. J’aimerais aussi continuer dans le spectacle musical et la comédie. Je n’ai pas envie d’être enfermé dans une seule case. J’ai rencontré des gens formidables comme Alexandre Bonstein et Agnès Boury (Créatures, Les hors la loi), j’ai vraiment très envie de travailler avec eux, artistiquement je fais partie de cette graine là, même si aujourd’hui je suis dans Le Roi Soleil. Ce qui est bien c’est de pouvoir allier les deux, ce n’est pas incompatible. On verra bien, il ne reste plus qu’à sourire à l’avenir.

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : ,

Laisser un commentaire