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Emmanuelle Goizé, coquine Corinne…

Le mardi 22 décembre 2009 à 13 h 15 min | Par | Rubrique : Rencontre

Anne-Lise Faucon, Valérie Véril, Charlotte Saliou, Emmanuelle Goizé © Yves Petit

Anne-Lise Faucon, Valérie Véril, Charlotte Saliou, Emmanuelle Goizé © Yves Petit

Comment définiriez-vous votre personnage ?
Corinne est chambrière. Elle est donc soumise à la loi du château : son mariage ne pourra être prononcé avant qu’elle ne soit « goûtée » par le châtelain, hélas parti pour les croisades depuis trois ans. Avec sa sœur, elle échafaude un plan pour sortir de cette impasse en proposant à la châtelaine de profiter du droit de cuissage. Le matriarcat au pouvoir ! Ce qui m’amuse c’est d’imaginer ce que Corinne, qui devait s’ennuyer sérieusement à cause de la routine du château, inventait pour pimenter le quotidien. Une chanson sur le supplice du pal, par exemple, comme on l’entend dans le spectacle, ou mille et une autres choses…

Comment avez-vous travaillé ce rôle ?
J’ai abordé la comédie et le chant simultanément. Lorsque j’ai reçu le livret, je ne me suis pas concentrée uniquement sur la partition, mais sur l’ensemble de l’œuvre afin de me faire une idée la plus précise possible de cet opéra-bouffe. Le couple Terrasse/Franc-Nohain n’a peur de rien… Et c’est ce qu’a bien compris notre metteur en scène Philippe Nicolle. Il vient du théâtre de rue et nous a offert une manière de travailler différente. En effet, nous avons commencé en petits groupes à improviser des scènes que nous jouions ensuite devant les autres. C’était paniquant, mais finalement cela m’a plu. Toutes les idées, même les plus saugrenues, étaient les bienvenues. De cette matière brute, il a conservé différents éléments, comme mon personnage allemand qui apparaît à un moment, où la manière dont Flannan Obé décrit l’arrivée de l’oliphant. Avec ce type d’œuvre, une liberté est plus que permise : recommandée. Nous en avons donc profité ! Musicalement, des choses ont été changées. A l’origine les chansons étaient chantées par Bertrade. Tout a été modifié pour transformer ces airs en duo, trio… Ce qui semble plus logique. Ainsi le premier air, qui explique comment se déroule une journée. Avec plusieurs interprètes, la chanson a davantage de dynamisme. Et puis ce spectacle est particulièrement amusant à jouer car il combine divers éléments. Le chant, la danse, le jeu, mais aussi la pratique des marionnettes pour les ombres chinoises. Et jouer dans un vrai décor de vrai carton pâte, c’est un régal.

Vous êtes une habituée des spectacles de la compagnie des Brigands ?
Effectivement, mais je précise que je ne suis pas intégrée à la compagnie : je suis choisie à chaque fois. Nous avons travaillé sur onze œuvres ensemble, j’adore cette compagnie. Avec eux, je suis à la maison. La confiance que nous avons nous permet d’aller plus loin, ce qui est très agréable. Explorer le monde du théâtre musical français me captive. De voir comment des sujets scabreux, comme celui du Temps des croisades, est détourné avec cet humour incroyable, je ne m’en lasse pas ! Il faut dire que l’œuvre, écrite au tout début du vingtième siècle, a été rapidement interdite. Et aujourd’hui encore, il se trouve des spectateurs pour être choqué par son contenu. Ou tout du moins décontenancé. Tout comme de la mise en scène, qui apporte un nouveau souffle.

Avec l’expérience, abordez-vous le métier différemment ?
Pas du tout. Je me demande toujours pourquoi on m’a choisie… Et puis, en travaillant la partition et le rôle, je prends confiance. J’ai toujours la peur au ventre. Je dois avouer que, finalement, c’est un sentiment agréable : j’ai un défi à relever, rien n’est jamais gagné. J’aime également ce métier car il permet de faire des choses très différentes. Je serai, avec la compagnie des Paladins, dans un spectacle de musique baroque. En parallèle je monte mon spectacle : Incendie de Fauré, qui sera un récital contrebasse/voix basé sur de nombreux airs français de Hahn, Fauré, Debussy, mais aussi des chansons récentes de Gainsbourg et même Dalida ! Plusieurs airs inédits seront au programme, sur des poèmes de Pierre Louÿ. La création est programmée en mars à La Rochelle. Je ferai également partie de la distribution d’un opéra d’Antoine Duhamel, créé en 1968 : Lundi monsieur, vous serez riche. Je suis ravie de pouvoir travailler à ce rythme. Et à y bien réfléchir, j’aime bien le répertoire qui est peu joué : comme il existe peu de références, ça désinhibe !

Ci-dessous la vidéo-démo, réalisée par François Goizé, du futur spectacle : Incendie de Fauré

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