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Fabian Richard – Le bien aimé

Le lundi 1 décembre 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Fabian Richard ©DR

Fabian Richard ©DR

Tout commence dans un village de vacances à Hyères. Chaque été, l’équipe d’animation monte la comédie musicale Les Misérables avec des vacanciers qui jouent en play-back. « Le chef animateur prenait des gens qu’il pensait correspondre aux rôles » nous raconte Fabian, « il avait approché mon père pour jouer Jean Valjean. Il s’est pris au jeu. L’année suivante, j’ai fait Gavroche. Du coup, on est retourné tous les ans dans ce même village vacances et mon père a monté une troupe amateur chez nous en Normandie pour faire la même chose ! » C’est ainsi que Fabian attrape le virus du spectacle et plus particulièrement celui de la comédie musicale. Le bac en poche, il n’a qu’une idée en tête : devenir comédien-chanteur. « Tout en suivant des cours en fac de droit, je montais à Paris prendre des cours de chant, de comédie et de danse dans l’école de Guy Bontempelli, une école qui n’existe plus mais qui était d’un très bon niveau » se souvient-il. Il décroche ses premiers contrats professionnels, d’abord dans des contes pour enfants, au Havre, puis dans des pièces de théâtre (Giraudoux, Anouilh, Strindberg…). Il joue également au Festival d’Avignon dans un spectacle musical de Guy Bontempelli, Si ça vous chante.

En 2000, il obtient le rôle de Botticelli dans Da Vinci, comédie musicale de Christian Schittenhelm, au Casino de Paris. De ce spectacle, Fabian préfère ne retenir que le souvenir d’une « troupe géniale avec un super esprit ». Il enregistre également des maquettes pour des projets de comédies musicales, participe aux différentes lectures de La Valse du Diable, joue dans une création : Etre Ange Destin, et dans une petite production de Hair. Que des comédies musicales et de bonnes expériences. « Ca m’a permis de progresser, de travailler et de créer des choses » reconnaît Fabian avec une certaine nostalgie.

Lorsqu’il intègre la troupe des Dix Commandements, c’est pour être la doublure de Pablo Villafranca. « Intégrer une troupe en cours de route n’a pas été évident. Quand on est doublure, on répète peu, chaque fois que je jouais le rôle c’était un peu comme une première car il se passait parfois beaucoup de temps entre chaque représentation. Le fait de devoir assurer à tout moment sans être vraiment préparé m’a fait progresser. Et puis j’ai eu la chance de doubler un mec en or qui m’a bien aidé ! Quand Pablo est parti, j’ai repris complètement son rôle mais aussi celui de Pedro Alves » raconte Fabian qui découvre à cette occasion « un milieu un peu plus show business ». On est un peu loin de la comédie musicale à l’anglo-saxonne qu’il affectionne particulièrement. Il confie être fan de l’oeuvre du tandem Schönberg/Boublil (Les Misérables bien sûr, Miss Saïgon, Martin Guerre), de Lloyd Webber (Phantom of the Opera, Sunset Boulevard) et même de Sondheim (Sunday in the park with George). D’ailleurs, pour lui, une comédie musicale idéale c’est « du texte écrit, des belles musiques, une dramaturgie et des émotions qui touchent les gens ». Et il n’hésite pas à dire « oui ça pourrait être Belles Belles Belles parce qu’en tant qu’interprète, j’y trouve une pêche, du rire et des larmes ».

Alors qu’on lui propose dans un premier temps de jouer l’un des forains dans Les Demoiselles de Rochefort, ce rôle lui échappe finalement. Fabian vit mal ce revirement mais sa déception n’est que de courte durée car Redha l’appelle pour qu’il vienne auditionner pour Belles Belles Belles. Fabian décroche le rôle de Grégory. Il en est très reconnaissant à Redha avec qui il a déjà eu l’occasion de travailler. « On s’était croisés il y a huit ans sur Danse pour la vie, un spectacle pour la lutte contre le SIDA. Je pense qu’il avait apprécié ce que je faisais et moi, j’avais beaucoup apprécié son travail. J’attendais avec impatience de pouvoir retravailler avec lui ». Si, malgré quelques réserves sur les faiblesses dramaturgiques du livret constatées à la première lecture, Fabian reconnaît ne pas avoir eu d’a priori sur le spectacle. C’est grâce à Redha, « je lui faisais confiance, je savais qu’il allait en faire quelque chose de bien ». Confiance qui se confirme pendant les répétitions. « Il a des idées en tête, mais il nous laisse proposer, créer des choses. Ca s’est très bien passé » se réjouit-il et de poursuivre. « En plus, avant de commencer les répétitions, on a quand même eu quatre mois d’ateliers assez intensifs de chant, de danse et de comédie avec des coachs top niveau »

« Un spectacle frais, jeune et enlevé » c’est ainsi que Fabian définit Belles Belles Belles. Pour lui, cette comédie musicale se différencie des autres gros spectacles musicaux actuels. « Il y a autant de dialogues que de chansons et surtout, dans la troupe, tout le monde fait tout : chant, comédie, danse, en cela on se rapproche de la vraie comédie musicale » se réjouit-il. A titre personnel, il se dit comblé. « Ca fait longtemps que je ne me suis pas autant éclaté. J’ai beaucoup de choses différentes à jouer : dans la première partie, je suis un peu « down », triste, torturé, ce que j’ai beaucoup eu à faire dans mes spectacles précédents. Dans la deuxième partie, je montre un côté plutôt fun et rigolo. Ca me plait car j’ai peut-être ces deux facettes en moi ! » s’enthousiasme-t-il. Quant aux chansons de Claude François, Fabian les connaît et les aime, « elles font partie du patrimoine musical français ». Il nous fait part alors d’une touchante coïncidence. « Ma tante, aujourd’hui décédée, avait une chanson fétiche qu’elle chantait à chaque réunion de famille et c’était « Le mal aimé » que je chante dans le spectacle ! Je l’ai appris il y a peu de temps, ça m’a touché » nous confie-t-il ému.

Contrairement à beaucoup, Fabian ne voit pas sa participation à un gros spectacle musical comme un tremplin pour une carrière solo. « Je n’ai pas de plan de carrière ! » s’exclame-t-il, « je ne fais pas les choses pour que ça m’apporte une reconnaissance ou d’autres projets ensuite. Je me contente de faire mon travail et d’y prendre beaucoup de plaisir ». Et puis il tient à souligner « le chant je ne l’ai pour l’instant toujours envisagé que dans le cadre d’un spectacle musical ». D’ailleurs, même s’il a aussi des envies de cinéma, Fabian voit son avenir avant tout dans la comédie musicale, et pas forcément dans une grosse production. « Ca ne me gênerait pas d’enchaîner sur un petit spectacle ». Optimiste, il espère bien que « Paris devienne un nouveau Londres ou Broadway avec six, sept, dix comédies musicales en même temps à l’affiche dans des théâtres, comme ici à l’Olympia, et non dans des salles immenses qui manquent parfois un peu d’âme ».

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