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Fabrice Fara ne laisse pas Indifférent

Le jeudi 18 mars 2010 à 0 h 21 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Fabrice Fara 0006Fabrice Fara, vous êtes actuellement à l’affiche du spectacle musical Les indifférents au Théâtre Daniel-Sorano de Vincennes, parlez nous de cette création…
J’ai travaillé avec Camille Turlot (l’auteur du livret et le personnage de Mathieu) il y a quelques années et je connaissais également Eric Szerman, le compositeur. Tous deux m’ont présenté quinze pages et deux chansons du spectacle, encore en cours d’écriture. Très vite, j’ai dit oui, d’autant que Stéphane Cottin [NDLR : le metteur en scène] avait rejoint l’aventure, et j’avais très envie de travailler avec lui. A son tour, il nous a présenté ses croquis et ses idées de mise en scène. Le projet était ambitieux et tenait déjà la route musicalement.

Parlez-nous de votre personnage, Stéphane le fumeur ?
Le spectateur rencontre Stéphane quand il essaie d’arrêter de fumer mais n’y arrive pas. Sous couvert d’un personnage banal se cache en fait une vérité qu’il refuse d’accepter : son homosexualité.
Dans la vie, on s’invente des névroses, on essaie de se mentir pour se cacher la vérité. Le rôle de Stéphane est très intéressant à jouer. Je dis souvent qu’il me permet de faire deux choses que je n’avais jamais faites auparavant : fumer et embrasser un garçon !
Il m’a fait comprendre que l’amour n’avait pas de barrière, que c’est un sentiment que tout le monde ressent. L’amour homosexuel nous trouble autant, peut nous émouvoir  avec la même intensité, nous fait douter aussi bien qu’un amour hétérosexuel. En me proposant ce rôle, Camille Turlot m’a fait confiance et m’a donné la possibilité d’interpréter un rôle à l’opposé de ceux que j’interprète habituellement. Grâce à cette pièce et à mon interprétation, j’espère faire passer un message aux personnes qui encore aujourd’hui souffre de ce non-dit et ont peur d’être jugées. Cette peur d’être jugé est également présente au quotidien dans le métier que j’exerce. Elle m’a d’ailleurs paralysé après avoir fini ma formation d’acteur et c’est ma mère qui m’a forcé à retourner sur scène après des mois d’inactivité.

Vous avez une formation de théâtre, comment en êtes vous venu à la comédie musicale ?
En venant à Paris j’ai passé, un peu par hasard, une audition pour remplacer Fabian Richard (qui rejoignait la troupe des Dix Commandements à ce moment-là) dans la comédie musicale Etre Ange Destin de Marion Michau, mise en scène par Eric Palud. Puis Denise Filiatrault, qui m’avait vu à Paris, m’a engagé dans Irma la douce, à Montréal . Là-bas j’ai découvert la vraie comédie musicale avec une rigueur et un sérieux venus de Broadway. En faisant un petit détour par New-York, j’ai eu ma première claque en voyant Nine avec Antonio Banderas, Chita Rivera … De retour en France j’ai décidé de suivre des cours à l’école de comédie musicale ISAS de Paris où j’ai appris à chanter avec Sarah Sanders et Nathalie Dupuy ainsi qu’en prenant des cours régulièrement avec Richard Cross.

Vous faites également de la télévision ainsi que du doublage, quelle différence faites vous avec le théâtre et la comédie musicale ?
Même si je suis d’un naturel très anxieux avant une représentation, j’adore être sur scène, c’est ce que je préfère et je ne donnerais ma place à personne à ce moment là. Le doublage est arrivé par hasard dans mon cheminement professionnel. J’en fais toujours régulièrement mais c’est comme la cerise sur le gâteau, ce n’est pas ce que je recherche en premier lieu. Je n’ai pas de plan de carrière si ce n’est de toujours prendre du plaisir. J’aime chercher un personnage, me tromper, travailler, aller plus loin. Je travaille beaucoup par passion. Il m’arrive d’être en répétition dans le sud le matin et de jouer le soir à Paris pour repartir autre part le lendemain. Je ne choisis pas les pièces qu’on me propose en fonction du succès potentiel, je fonctionne à l’instinct, à ce que j’ai envie de défendre et du plaisir que je vais prendre à le faire. Les indifférents c’était un véritable défi pour moi. D’ailleurs jusqu’au dernier moment je me suis demandé si ce rôle était pour moi, si j’arrivais à le défendre. Stéphane Cottin m’a beaucoup soutenu dans mes moments de doute.

Avez-vous des projets ?
Pour le moment je veux savourer l’instant présent avec Les indifférents. Si on me proposait de signer pour trois ans je le ferais sans hésiter. Je joue toujours dans le sud le personnage de Ugolin dans Jean de Florette et Manon des Sources. On vient de me proposer le rôle de Felipe dans La fille du Puisatier de Marcel Pagnol. Dans le domaine de la comédie musicale, plusieurs personnes sont venues me voir jouer Stéphane, j’espère que cela aboutira à des propositions… Je prends tous les soirs beaucoup de plaisir à jouer avec toute l’équipe, Stéphane nous soutien énormément, il est la à chaque représentation pour nous encourager et nous donner encore quelques petites notes. C’est un metteur en scène qui se donne entièrement pour le spectacle et j’espère pouvoir travailler à nouveau avec lui.

Les Indifférents du 10 mars au 18 avril 2010 au Théâtre Daniel-Sorano à Vincennes.
Livret et paroles : Camille Turlot, Musique : Eric Szerman, Mise en scène : Stéphane Cottin,
Avec : Virginie Bracq, Nelly Célerine, Emmanuel Curtil, Fabrice Fara, Camille Turlot.
Accompagnés au piano par : Eric Szeraman.

Retrouvez la critique du spectacle ici ainsi que l’offre exceptionnelle réservée aux lecteurs de Regard en Coulisse.

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