Fatoumata Diawara – Envoûtante Karaba !
Le Samedi 1 décembre 2007 à 0 h 00 min | Par Stéphane Ly-Cuong | Rubrique : Talent à suivre
Dans Kirikou et Karaba, Fatoumata incarne la sorcière Karaba : belle, charismatique et impressionnante. De la Côte d'Ivoire à Paris, en passant par le Mali, elle nous parle de son parcours qui l'a menée jusqu'aux planches du Casino de Paris.

Fatoumata Diawara © Vincent Muteau
Fatoumata Diawara, pouvez-vous nous retracer votre parcours professionnel ?
Au départ, j’étais danseuse en Côte d’Ivoire. Puis, je suis partie vivre au Mali, chez une tante comédienne. Elle devait tourner un film et je l’ai accompagnée sur le tournage. Le réalisateur m’a proposé un tout petit rôle, de quelques phrases. Sur le plateau, j’ai été remarquée pour un autre long-métrage en préparation. J’ai passé une audition et j’ai été prise pour le premier rôle. J’avais quinze ans à ce moment là. C’est là que j’ai rencontré Jean-Louis Sagot-Duvauroux, auteur et scénariste, qui a ensuite écrit pour moi une adaptation d’Antigone. J’ai tourné pendant deux ans avec ce spectacle mis en scène par Sotigui Kouyaté.
En 2002, j’ai passé des auditions pour Royal de Luxe [NDLR : célèbre compagnie de théâtre de rue] et j’ai travaillé avec eux pendant quatre ou cinq ans. Puis, j’ai rencontré Dee Dee Bridgewater avec qui j’ai fait une tournée européenne.
Comment êtes-vous arrivée sur Kirikou ?
Rokia Traoré [NDLR : artiste malienne ayant participé à la bande son du spectacle] m’a appelée directement. On lui avait demandé si elle connaissait une chanteuse et elle a pensé à moi. J’ai donc contacté le compositeur et j’ai fait une maquette sans même savoir si je serais prise. Puis, j’ai rencontré Victor [Bosch, le producteur] qui m’a dit au bout d’un quart d’heure : ?je veux travailler avec vous !’.
Comment s’est passé le travail avec Wayne McGregor, le metteur en scène ?
J’ai beaucoup appris avec lui, grâce à sa rigueur et son professionnalisme. J’ai aussi apprécié le fait qu’il me fasse confiance, me laisse beaucoup de liberté et écoute mes propositions. J’ai aussi discuté avec Michel Ocelot qui m’a énormément aidée dans la compréhension du personnage.
Comment avez-vous travaillé votre personnage justement ?
J’ai lu le livret maintes et maintes fois ! Plus je lisais, plus je comprenais, plus je m’approchais du personnage. Il faut comprendre que Karaba n’est pas une sorcière, mais une femme qui a beaucoup souffert, qui a vécu des choses très dures, qui a été battue, violée et qui exprime à sa manière sa douleur, son mal. Karaba a besoin d’aide et Kirikou, qui est intelligent, est son sauveur. Il a compris qu’on ne naît pas méchant mais que la vie fait des gens ce qu’ils sont.
La rencontre avec le personnage de Karaba a été très forte pour moi. Et j’essaie d’aller le plus loin possible avec ce personnage. Il y a un moment dans le spectacle où j’ai toujours le trac, c’est quand je rentre en scène en poussant un cri. Je pense à toutes les femmes qui ont vécu des choses difficiles, qui ont souffert. Je crie pour elles. Je vis ce cri.
Le théâtre musical, c’est un univers qui vous était familier ?
Non, je ne connaissais pas vraiment mais il faut dire qu’on me faisait chanter sur chacun de mes spectacles, que ce soit avec Sotigui Kouyaté ou avec Royal De Luxe. Mais Karaba est différente de tout ce que j’ai pu interpréter. Il y a une force dans le texte, dans le jeu. On passe de la haine à l’amour, c’est très fort émotionnellement : on peut tout y exprimer !

charmante jeune femme! je t’embrasse et t’encourage. Tu as une présence remarquable sur scène, et dès que tu bouges tu transportes le public…tu as bcp de talents! Et de l’avenir! Merci pour ton beau sourire.