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Frédéric Strouck, d’un continent à l’autre

Le jeudi 28 octobre 2010 à 21 h 20 min | Par | Rubrique : Rencontre

Frédéric Strouck (c) David ChabertQuel est votre parcours professionnel ?
Je suis arrivé dans la comédie musicale un petit peu par hasard… Je suivais des études de cinéma pour devenir directeur de la photo et j’ai commencé à m’intéresser de près à la musique connectée à une forme de dramaturgie. J’ai découvert alors la comédie musicale et j’ai très vite été séduit par cette forme… A partir de là, j’ai été amené à passer une audition pour Fame en 1996 et puis tout s’est enchaîné assez vite : Piaf, je t’aime, Hair, Les Misérables en Allemagne et puis l’Opéra Comique avec Jérôme Savary pendant cinq ans avant de me mettre à monter mes propres spectacles… Après avoir adapté pour le petit écran mon spectacle musical Les 7 péchés capitaux qui, pour Fox et NRJ12 est devenu Soaperette, j’ai décidé de partir aux USA. J’y ai vécu pendant ces deux dernières années et puis me revoilà !

En quelques mots, parlez-nous de French Class ?
J’ai monté mon premier « seul-en-scène » Parlez-vous Français ? pendant cette période américaine et je l’ai joué à travers le pays pour un public d’expatriés principalement. Cela s’est bien passé  pour une première expérience dans ce genre d’exercice périlleux qu’est le one man show. Le spectacle fonctionnait sur un concept de chansons connues contextualisées dans le cadre d’une histoire originale. Il a séduit le public francophone aux Etats-Unis et aussi une partie du public américain. En rentrant à Paris, j’ai donc eu l’idée de continuer sur cette lancée et de monter French Class.

Votre spectacle est qualifié de « one-man chant ». Comment définissez-vous ce nouveau genre ?
Le one man chant pourrait se résumer à un one man show avec du chant dedans mais c’est finalement un peu plus que cela. Le spectacle raconte une vraie histoire, du début jusqu’à la fin. Donc il ne s’agit pas juste d’une série de sketchs entrecoupée de chansons. Cela fonctionne un peu comme un petit Mamma Mia en utilisant des chansons du répertoire dont on utilise les paroles que tout le monde connaît pour faire avancer l’intrigue. Les paroles de ces tubes deviennent donc un prolongement du texte parlé, parfois en mode « aria », en moment arrêté pour mettre en exergue l’état d’esprit du personnage et elles sont parfois utilisées en récitatif. Quelques titres sont également utilisés en intradiégétique [NDLR : son faisant partie de l’action, pouvant être entendu par les personnages] et traités en citations sur un ton un peu professoral. Cela pourrait s’apparenter à une comédie musicale pour un seul interprète, même si l’idée est sans doute un peu pompeuse. Plus simplement, c’est une façon originale et ludique de raconter une histoire avec des chansons.

D’où tirez-vous votre inspiration pour les innombrables références bi-culturelles franco-américaines ?
Au cours de ces deux années passées aux USA, j’ai évidemment été confronté au choc culturel qui a été une véritable source d’inspiration pour l’écriture de French Class. L’idée était bien sur de jouer sur les images d’Epinal qu’un français peut avoir du pays de la bannière étoilée, mais également d’évoquer la façon dont les Américains nous perçoivent en utilisant le ton humoristique et souvent décalé propre au one man show. Ayant grandi dans les années 70-80, j’ai été comme tous les gens de cette génération influencé par tout ce qui provenait des USA au niveau de la chanson, la nourriture, la télévision… Il m’est apparu comme évident d’utiliser un répertoire de chansons à mi-chemin entre les deux continents qui sont des chansons américaines ayant fait l’objet d’adaptations en français ou des chansons françaises devenues des grands tubes internationaux, ou encore des chansons emblématiques ayant pour thème les USA.

Comment a évolué la pièce depuis sa genèse jusqu’à sa présentation au Théâtre des Blancs Manteaux ?
Je suis passé par une période « laboratoire » à La Petite Loge à Paris. Cela m’a donné l’occasion de retravailler le texte et la structure du spectacle et de le confronter à un public test avant d’attaquer les Blancs Manteaux. Revenant des USA où j’ai joué dans de grands espaces, c’était un exercice nécessaire avant d’attaquer une salle comme les Blancs Manteaux où l’on est en intimité avec le public. C’était l’occasion également de travailler au microscope avec mes deux metteurs en scène : Olivier Podesta et Sophie Tellier.

Avez-vous d’autres projets ?
Pas mal de choses sont encore dans mes tiroirs et sur le feu depuis quelques années maintenant. Mais aujourd’hui, après avoir beaucoup travaillé sur des projets d’envergure, je me sens plus tenté de continuer à travailler sur des petites formes. Je resterai toujours un amoureux de l’emphase et des grandes envolées lyriques mais je trouve cela très intéressant aussi de travailler sur des choses de proximité.

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