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Frédérik Steenbrink : Garland, Trenet et moi

Le jeudi 4 juin 2009 à 14 h 25 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

steenbrink-frederikFrédérik Steenbrink, comment êtes-vous arrivé au théâtre musical ?
J’ai commencé par jouer du piano puis j’ai monté des groupes où je chantais et jouais de la basse. C’est là que j’ai commencé à écrire et composer mes premières chansons. Après le lycée, je suis entré au Conservatoire National d’Amsterdam où j’ai travaillé la musique, le chant, la comédie, l’écriture et la création de spectacle. Au bout d’un an, je me sentais à l’étroit, j’avais envie d’aller dans une grande ville pour élargir mes références. Je suis venu à Paris où je me suis inscrit à l’école du Théâtre de Chaillot dirigé à l’époque par Jérôme Savary et au CIM, une école de musique jazz. Abbès Zahmani, professeur à l’école de Chaillot, m’a proposé un rôle dans la pièce qu’il mettait en scène, Inaccessibles amours avec Karin Viard et Jacques Bonnaffé. Il fallait jouer du piano, chanter et jouer la comédie. J’ai gagné aussi un concours de chanson qui m’a permis de me produire avec mes compositions au Théâtre du Tourtour, au Sentier des Halles et en tournée. Puis j’ai joué dans Irma la douce à Chaillot, mise en scène par Savary, avec Clotilde Courau. C’était ma première vraie expérience de comédie musicale. Formidable expérience. Ensuite, je suis allé jouer dans Titanic, le musical de Maury Yeston, mis en scène par Jean-Louis Grinda à Liège. J’en garde un brillant souvenir, une des mes plus belles expériences théâtrales. J’ai fait des rencontres formidables comme Jacques Verzier, Vincent Heden, Vincent Vittoz, Vincianne Regattieri… et bien sûr Isabelle Georges.

C’est de cette rencontre avec Isabelle Georges qu’est né Une étoile et moi
Je la trouvais tellement extraordinaire sur Titanic qu’un soir je lui ai dit « pourquoi tu ne ferais pas quelque chose où tu pourrais aller plus loin ? ». Je lui ai suggéré de s’inspirer d’un événement ou d’un artiste qui la touche. Et là, elle a tout de suite pensé à Judy Garland dont la vie est passionnante, un destin humain très fort. On a travaillé ensemble sur l’écriture du spectacle mais c’est Isabelle qui a décidé ce qu’elle avait envie, ou pas, de raconter. Elle a souhaité que je l’accompagne au piano, que je chante et que j’interprète aussi des personnages.

Depuis les premières représentations en 2003, le spectacle a bien évolué et voyagé…
Le spectacle a grandi avec nous. La première version était un peu hermétique, tout était joué comme dans une comédie musicale. On a eu envie d’aller vers une version plus « cabaret ». On a introduit une narration, le contact avec le public était plus direct, on s’adressait à lui. C’est l’avantage d’une production légère et flexible, rien n’est jamais figé. On l’a joué dans trois langues : français, anglais et néerlandais. En 2005, nous l’avons présenté au Festival d’Edinburgh (l’Avignon anglophone), l’accueil a été fabuleux. Grâce à Edinburgh, on nous a programmés sur une tournée en Hollande, sur trente dates dans un théâtre national et deux tournées en Angleterre, et au Festival de cabaret d’Adélaïde en Australie !

C’est une nouvelle version que vous allez présenter à l’Européen en juillet ?
A la fin de l’année dernière, nous avons retravaillé le spectacle avec un nouveau metteur en scène, Yves Pinguely. Il l’a vraiment bien recentré. Nous avons adapté plus de chansons en français. Il y a un peu moins de narration et plus de théâtre. Pour l’Européen, on va certainement encore apporter de nouvelles choses.

Vous allez également jouer Une étoile et moi dans le cadre de la soirée hommage à Judy Garland le 22 juin au Palace. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette soirée ?
Le 22 juin, c’est le quarantième anniversaire de la disparition de Judy Garland. Avec Isabelle et François Vila, nous avions envie de faire quelque chose d’exceptionnel. Le directeur du Palace, Aziz Vardar, a vu Une étoile et moi à la Péniche Opéra, il a adoré et nous a offert sa salle pour cette soirée exceptionnelle. Ce sera une soirée caritative au profit de l’association Arc-en-Ciel qui réalise des rêves pour les enfants malades et handicapés. On va jouer Une étoile et moi en première partie et, dans la deuxième partie, on invite des artistes qui, de près ou de loin, ont un rapport avec le répertoire de Judy Garland. Il y aura le Sirba Octet qui a créé le spectacle Du shtetl à Broadway avec Isabelle, Quai N°5 qui mélange musique classique et jazz, le comédien Jean-Claude Dreyfus, le mime-clown Julien Cottereau, un numéro de claquettes, une chorale qui interprétera une version chœur de « Trolley song » et « Over the rainbow »… C’est beaucoup de travail pour organiser cela mais ça va être extraordinaire.

En juillet, à l’Européen, vous allez aussi présenter deux autres spectacles : La French Touche et Mon cœur fait boom !
La French Touche, c’est un cabaret musical où tout est permis, assez déjanté avec des reprises et des compositions originales. Isabelle et moi avions envie d’évoluer vers autre chose. C’est un spectacle musical sur l’amour, la dérision, la tendresse, où on s’arrête quelques instants dans un monde qui tourne trop vite. C’est un voyage musical où on mélange aussi bien Sondheim avec Alan Parson, Liza Minelli avec Piaf, Brel et Nougaro avec Maury Yeston. Je chante « Le plat pays » de Brel en français et en néerlandais en référence à mes origines.
Dans Mon cœur fait boom !, je suis avec Katia Markosy, chanteuse, et deux musiciens. C’est l’histoire de quatre artistes qui veulent monter un spectacle sur Charles Trenet. Ils essayent de bien faire mais ils échouent dans tout ce qu’ils font, tout se passe mal. C’est complètement loufoque. Ca commence de façon très sérieuse, très lyrique, et petit à petit ça devient rock’n roll, même hard rock ! C’est du Trenet largement revu et corrigé mais je pense qu’il aurait bien aimé.

D’autres projets ?
Avec Isabelle Georges, nous préparons Ca c’est d’la musique, un spectacle hommage à Norbert Glanzberg qui a composé pour Edith Piaf (« Padam Padam », « Mon manège à moi »), Montand (« Les grands boulevards »), Tino Rossi… C’est une commande de l’Orchestre symphonique de Mulhouse. Nous le jouerons à Paris la saison prochaine. Je travaille aussi sur un hommage à Irving Berlin, l’un des plus grands compositeurs de comédies musicales.

En dehors de ces spectacles « hommage » basés sur un répertoire, vous n’avez pas envie d’écrire ou de jouer dans un spectacle complètement original ?
Si, bien sûr. J’aimerais écrire une comédie musicale. J’adorerais travailler par exemple avec Jacques Verzier et Alexandre Bonstein. J’ai des petites idées mais je ne peux pas tout faire, je joue et produis déjà plusieurs spectacles et il n’y a que 24 heures dans une journée !

Avec votre Compagnie, Comme Si, vous produisez aussi vos spectacles. C’est un choix ?
Oui, j’aime bien me compliquer la vie ! J’ai toujours bien aimé organiser des soirées, des spectacles. Je ne prend pas de risques démesurés. On travaille avec des théâtres et des tourneurs qui nous aiment bien, qui nous soutiennent. On construit une famille. Pouvoir rester libre de faire ce qu’on aime et pouvoir en vivre, c’est une chance phénoménale.

Vous avez participé, avec Isabelle Georges, à la Grande fête du théâtre musical organisée par Diva et Regard en Coulisse le 11 mai au Comedia. Comment l’avez-vous vécue ?
C’était génial. J’ai retrouvé plein d’artistes que je n’avais pas vus depuis longtemps, notamment ceux que j’avais rencontrés sur Titanic. J’ai passé une soirée extraordinaire. C’était très impressionnant de partager la scène avec tous ces talents, il y a longtemps que je n’avais pas eu autant le trac. Il faudra refaire une soirée comme ça !

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