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Gino Quilico – Un Jean Valjean nouveau genre !

Le dimanche 1 juin 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Gino Quilico © Dominic Morissette

Gino Quilico © Dominic Morissette

Vous avez travaillé avec Leonard Bernstein. Pouvez-vous nous parler de votre rencontre ?
C’était à l’occasion d’un concert caritatif organisé à Vienne. C’était spécial, pour moi, de travailler avec cet homme qui représente le style classique en musique mais qui a aussi produit de la musique pop comme celle de West Side Story. J’ai toujours admiré ce chef-d’oeuvre. Ce fut un moment magique pour moi.

Vous vous êtes produit sur les plus grandes scènes d’opéra au monde. Laquelle vous a le plus impressionné ?
C’est très difficile de répondre mais je dois dire que l’Opéra de Paris est le lieu qui m’a le plus impressionné. C’est à cet endroit que j’ai vu mon père chanter et que j’ai vraiment réalisé que celui-ci chantait l’opéra. Lorsque j’y suis allé pour chanter moi-même, c’était très émouvant. De plus, dès qu’on y pénètre, de l’extérieur au hall d’entrée en marbre, en passant par le magnifique escalier montant et les sièges de couleur rouge, nous constatons que tous les éléments représentent indéniablement l’univers de l’opéra.

Vous avez fait vos débuts dans la comédie musicale en interprétant Quasimodo dans Notre-Dame de Paris. Est-ce que le pas a été difficile à franchir?
Non, pas du tout. Dans mes souvenirs, j’ai toujours interprété des chansons de comédies musicales lors de concerts. Je possède une voix qui me permet d’aborder différents registres et, comme j’avais fait de la pop dans ma jeunesse, je pouvais m’adapter à la comédie musicale en enlevant ce petit côté baryton du chanteur d’opéra.

Pour vous, y a-t-il une façon différente de travailler un rôle à l’opéra et celui d’une comédie musicale ?
Il n’y a pas vraiment de différence. Cependant, il ne faut pas « appuyer » la voix de la même manière que nous le faisons dans le genre classique. Dans ce cas-là, nous avons environ 80 musiciens installés dans la fosse d’orchestre et, habituellement, il n’y pas de microphone. C’est tout le contraire des comédies musicales qui, elles, utilisent des micros. De cette façon, nous pouvons nous permettre des sons plus « tendres » et plus « intimes » s’apparentant à la voix parlée. Cela n’est pas possible dans les opéras car on doit toujours projeter le son.

La comédie musicale semble vous intéresser de plus en plus ?
Je dirais même que j’adore ça. J’ai eu l’occasion de chanter dans Starmania, version classique, que nous avions présenté avec l’Orchestre Symphonique de Montréal. Nous ne pouvons pas considérer cette production comme une vraie comédie musicale. Ce qui est drôle, c’est que, dernièrement, j’ai interprété, dans l’opéra intitulé La Fanciulla del West , la chanson « Quello che tacete ». Elle ressemble étrangement à la chanson « Music of the Night », de la comédie musicale The Phantom of the Opera, d’Andrew Lloyd Webber. D’ailleurs, la maison Puccini lui avait intenté un procès à ce sujet.

Vous allez interpréter Jean Valjean dans Les Misérables cet été à Québec. Etiez-vous familier de ce personnage ?
Non. Mais là, je commence. J’ai vu deux films. Je parle beaucoup avec le metteur en scène qui nous explique le contexte de l’histoire. Pour ce qui est de la comédie musicale, j’ai vu en DVD la version concert du dixième anniversaire. Je n’ai jamais vu Les Misérables sur scène.

C’est un rôle très convoité, n’est-ce pas ?
Oui, et c’est un rôle fantastique. Tous les jours, je découvre plein de belles choses à ce sujet. C’est vraiment un très beau personnage, sans oublier la musique qui est superbe.

En quoi le Jean Valjean de Québec sera-t-il différent de ceux présentés à travers le monde ?
Comme je n’ai vu aucune des versions de ce spectacle, je sais seulement que, pour la production de Québec, nous recommençons à zéro. Autrement dit, une nouvelle mise en scène et de nouveaux costumes seront exploités. On m’a bien expliqué comment, dans les versions précédentes, la scène tournait et comment l’action s’y déroulait. Pour la version présentée au Capitole de Québec, ce sera vraiment différent. Le texte, entre autres, a été révisé pour que ce soit un peu plus accessible et mieux adapté afin que celui-ci tombe bien sur les notes. C’est un travail intéressant. Cela va donner une nouvelle saveur aux Misérables.

Comment se prépare-t-on à interpréter un si grand rôle ?
Il y a beaucoup de texte. Cela représente donc énormément de travail. Dans ma carrière dans le registre de l’opéra, j’ai toujours mis l’importance sur le texte que ce soit en français, en italien, en allemand ou même en russe. Je me prépare beaucoup, comme un acteur de théâtre. En premier lieu, il faut mettre l’émotion dans le texte ensuite, travailler les textes en rythme, sans la musique et, pour conclure, joindre les rythmes et la musique. Il y a un côté du travail que je fais seul avec mon texte. Quand j’arrive sur la scène, avec le groupe et le metteur en scène, on révise encore, en y mettant des mouvements. C’est un travail très particulier.

Avez-vous des attentes particulières vis-à-vis de ce spectacle ?
Non, pas particulièrement. Je ne pense pas à ça. Mais comme je vais chanter « Jean Valjean » six fois par semaine durant tout l’été, il faut que je m’entraîne pour garder la forme jusqu’au bout (rires) car ma vie va tourner autour des Misérables.

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