Grease
Le Dimanche 19 octobre 2008 à 0 h 00 min | Par Thierry Quinson | Rubrique : Critique, Théâtre musical
Lieu : Théâtre Comedia - 4 bld de Strasbourg, 75010 Paris (M° Strasbourg St Denis)
Dates : à partir du 8 octobre 2008
Horaires : 20h30 du mardi au vendredi, 17H30 et 21h le samedi, et 17h30 le dimanche
Tarifs : de 18 euros à 52 euros
Informations supplémentaires : 01.42.38.22.22
De Jim JACOBS et Warren CASEY
Adaptation : Stéphane Laporte
Mise en scène : Jeanne Deschaux et d’Olivier Bénézech
Direction musicale : Franck Sitbon
Direction vocale : Pierre-Yves Duchesne
Avec Cécilia Cara, Djamel Mehnane, Amélie Munier, Clémence Merot du Barre, Virginie Perrier, Vanessa Caihol, David Ban, Fabrice Todaro, Nuno Resende, Pedro Alves, Olivier Ruidavet, Fabrice Nemo, Alix Briseis, Caroline Roelands, Audrey Senesse, Isabelle Cramaro, Juliette Sarre, Zoltan Zmarzlik, Alain Tournay, Olivier Morchoisne, Serge Leborgne, Aurore Delplace.
Alors que la comédie musicale Grease a été créée à Broadway en 1972 et que le film culte avec John Travolta et Olivia Newton-John fête déjà ses trente ans, c’est la première fois qu’une adaptation française est montée dans un grand théâtre parisien. Il y a bien eu des versions proposées par des troupes d’amateurs mais jamais encore de production d’envergure professionnelle. Autant dire que ce spectacle était très attendu.
Dès les premières notes de l’ouverture, on est plongé dans l’ambiance, les souvenirs du film reviennent en mémoire et on se laisse gagner par l’énergie de l’orchestre de six musiciens dirigés par Franck Sitbon : une énergie et une bonne humeur que toute la troupe nous fait ensuite partager pendant deux heures.
Plus que sur l’histoire, la force et la popularité de Grease reposent essentiellement sur ses chansons. On les retrouve toutes avec bonheur dans des interprétations fort réussies. Si la majorité des chansons ont été adaptées en français, les plus connues, telles que « Summer nights », « We go together » et « You’re the one that I want », restent en version originale. Cela peut surprendre voire perturber au départ, mais finalement, ce parti pris n’empêche nullement la compréhension de l’histoire.
Tout en conservant les principaux repères indispensables aux spectateurs qui viennent consciemment ou non retrouver le film, Olivier Bénézech et Jeanne Deschaux, les metteurs en scène, appuyés par l’adaptation de Stéphane Laporte, proposent une vision de Grease plus décalée et second degré, atténuant ainsi l’esprit potache de l’oeuvre originale. Les décors sont moins clinquants que dans les productions actuelles de Londres et Broadway, ainsi la fameuse voiture « Greased Lightning » n’a volontairement rien d’une Cadillac, bien au contraire.
De même le personnage de Danny, interprété par Djamel Mehnane, est assez éloigné de la version Travolta. Certes, il reste un dragueur frimeur mais derrière la façade pointe sa vulnérabilité, et ce contraste est à la fois comique et touchant. Quant à Cécilia Cara, qui incarne Sandy, elle est aussi crédible en jeune fille douce, naïve et sentimentale qu’en pin-up allumeuse.
Enfin, David Ban est irrésistible en Kenickie, le rockeur macho, et Amélie Munier est une époustouflante Rizzo, impeccable tant vocalement que dans son jeu.
Cependant, tous les autres membres de la distribution mériteraient d’être cités tant ils contribuent tous à la réussite du spectacle. Si la plupart d’entre eux sont avant tout des chanteurs, ils s’avèrent aussi convaincants et sincères dans les scènes de comédie, et les dialogues sonnent justes.
Malgré un léger manque de fluidité dans les changements de décors et un medley à la fin du deuxième acte qui aurait plus sa place au rappel, Grease made in France est un divertissement léger, drôle et plein d’entrain, une réussite enthousiasmante qui fait du bien au moral.