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Hair (Critique)

Le dimanche 20 mars 2011 à 12 h 55 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre du Gymnase - 38 boulevard Bonne Nouvelle - Paris X - M° Bonne Nouvelle.
Dates : Du 15 mars au 1er avril 2011. Prolongations du 12 au 16 avril 2011.
Horaires : Du mardi au samedi à 20h. Le dimanche à 17h.
Tarifs : De 17 à 54 €.

De Gérôme Ragni et James Rado.
Mise en scène de Sylvain Meyniac.

Le célèbre musical rock des années 60 revient sur scène en français avec une mise en scène entièrement revue et plus poignante. Cet hymne à la paix et à la tolérance est aujourd’hui servi par 21 artistes sur scène avec la musique en live.

Les 21 chanteurs – danseurs – musiciens nous font revivre, 40 ans après sa création au Théâtre de la Porte Saint Martin avec Julien Clerc, le spectacle phare de la période Peace and Love. Sur les célèbres chansons Let the sun shine, Aquarius, I got life, vous assisterez à un spectacle célébrant la liberté, la sensualité, la joie de vivre dans une fête perpétuelle et colorée.

A l’heure où partout dans le monde se livre la guerre contre le Sida le spectacle est en partenariat avec Sidaction et soutenu par Pierre Bergé. 30% des bénéfices seront reversés à l’association.

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Notre avis:
Après une production en 2009 dont on peut dire qu’elle était au mieux atemporelle et au pire anachronique, Hair revient à Paris dans une version plus conforme à l’originale.

Certes, l’adaptation française est la même, celle qui alterne chansons en anglais et en français et qui exclut la référence à la Guerre du Vietnam. Mais la nouvelle mise en scène de Sylvain Meyniac, également auteur de l’adaptation, parvient cette fois à éviter les tentatives grossières de transposition moderne de la culture hippie en supprimant toute mention explicite au temps, à part peut-être Madame… Boyle. Seul le partenariat associatif laisse penser que le spectre du SIDA a remplacé celui de la guerre, ce qui suppose une tribu contemporaine.

La suppression du contexte extérieur à la tribu se fait clairement au détriment de l’intrigue, un manque que le jeu des acteurs ne parvient pas à combler. Le seul personnage auquel la durée réduite du spectacle (90 minutes) nous laisse le temps de s’attacher est Berger, interprété par Laurent Ban qui truste le devant de la scène. Il écrase au passage bien involontairement son partenaire Laurent Marion (Claude), moins présent vocalement. De fait, l’émotion qui envahit le public lors de la dernière scène provient plus de la force des chœurs sur le titre emblématique « Let The Sunshine In » que de la disparation de ce personnage pourtant central et qui va dans le mur.

A défaut de fil conducteur clair, le spectacle peut s’apprécier pleinement comme une suite de tableaux chantés par une troupe d’acteurs et de musiciens live hyper motivée et parfaitement rodée après une première partie de tournée en province. Les scènes de groupe sont exécutées de façon naturelle dans un désordre organisé qui sonne juste. La scène de l’orgie, notamment, aurait pu être caricaturale mais parvient à dégager beaucoup de sensualité et à choquer les esprits conservateurs dans la salle. On notera le duo plein d’émotion entre Laurent Ban et Régis Olivier sur « What A Piece of Work Is Man », la prestation de Camille Turlot avec la bonne dose de folie malsaine sur « Sodomy » et l’hymne d’introduction « Aquarius » magnifiquement maîtrisé par Anandha Seethanen qui défrise le public d’entrée de jeu.

Il ne faut donc surtout pas rater l’occasion de voir ce beau spectacle musical vivant qui ne se joue que pour quelques dates à Paris.

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13 commentaires
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  1. HAIR TIRE PAR LES CHEVEUX Comment jouer Hair avec les cheveux courts ? c’est faire fi de ce que fut le spectacle initial dans le temps et l’histoire : les hippies ont fait une véritable révolution, calmement mais surement. Porter les cheveux longs étaient déjà manifester contre l’establishment, et mettait au ban de la société. La lutte contre la guerre au Vietnam fut un difficile et louable combat, et l’histoire leur a donné raison.
    Le spectacle 2011 -outre le fait de faire une bonne sid-action- pêche par excès de zèle d’adaptation. On aurait préféré un « historique » en direct de 1968. Il aurait été facile aux plus jeunes de réinterpréter les faits dans leur époque. Joue-t-on Molière en langage des banlieues « z’y va cache ton airbag j’veux pas voir ça » ? Pourquoi ne pas jouer la pièce telle qu’elle a été créée ? La version 2011 est incompréhensible,sans homogéneité ni continuité dramatique, sans rythme autre que celle -toujours très agréable- de la musique. La mise en scène est faiblarde et irrégulière. Quant aux nouvelles traductions du texte elles sont sans intérêt, hélas. Encore une fois il aurait été plus judicieux de conserver le texte français de Jacques Lanzman.
    Les costumes, comme les chevelures courtes, manquent également de situation dans le temps : quelques hommages hippies, un dandy et des vêtements ayant l’air de sortir du placard de nos adolescents, Manga inclus.
    L’anachronisme voulu de cette adaptation fait que la comédie s’égare dans toutes les époques et ne trouve pas la sienne.

  2. Une soirée Magique…
    J’ai passé hier soir au Gymnase une soirée Magique…
    La musique live est formidable, les chanteurs superbes, des tableaux sublimes…
    Il y a des scènes qui sont déjà culte !
    Que du bonheur!
    Merci à la tribu de HAIR…

  3. HAir a été jouée de par le monde dans une version crâne rasée avec la bénédiction de Rado & Ragni il y a quelques années de cela. HAIR n’est pas juste une photographie jaunie d’une époque. Un HAIR aurait pu être créé ou recréé à n’importe quelle époque, à n’importe quelle génération avec ses propres attentes, peurs et désirs profonds. Vouloir absolument coller cette étiquette « hippie » bloquée au compteur 67 à cette oeuvre dont la démarche va beaucoup plus loin est clairement une obsession française…ne rien toucher, ne rien faire évoluer, ne rien chambouler. Les idées courtes sont bien celles du conformisme et du « on ne touche à rien », exactement l’inverse de ce que les auteurs de HAIR ont voulu créer. Chercher une dramaturgie dans HAIR signifie d’emblée qu’on ne comprend rien à l’oeuvre originale qui est justement le concept de l' »anti-histoire ». Donc par pitié avant de vous rendre ridicule en pronant des affirmations erronées, allez déjà faire un tour sur wikipedia, pour commencer, ne serait-ce que pour apprendre et surtout comprendre ce qu’est réellement HAIR !! Et arrêter de vous poser en gardien de l’oeuvre comme si vous preniez votre petit-déjeuner avec Rado, Ragni ou Mc Dermot tous les matins…on gagnera beaucoup de temps et on évitera de lire ces gonflements d’orgueil pseudo-culturels qui feraient bien rire les créateurs de HAIR…

  4. Il est vrai que ta réponse est pleine de modestie, de politesse et de retenue… N’oublie pas l’adage : « l’invective ne salit que celui qui la prononce ». J’aime beaucoup ton « ouverture d’esprit » et ton sens de la mesure. Je suis sur que tu es de ceux qui voudraient enfermer les critiques de tous bords. Arghhhh liberté d’expression quand tu nous tiens ! Je me demande qui n’a rien compris à l’oeuvre originale ??? ah oui, peut être celui qui ne supporte pas qu’on dise que l’interprétation actuelle est mauvaise et se range au niveau des comédies musicales du type « Cindy » avec son petit look de téléréalité.

  5. Peu importe si l’on connait l’histoire musicale de Hair ou pas (ce qui est mon cas), cette représentation parisienne est tout à fait agréable !
    En effet, le dynamisme des artistes nous met dans l’action dès notre placement dans la salle, la bonne ambiance règne et la curiosité sur la continuité du spectacle augmente.
    Nous sommes témoins de performances artistiques comme des chants enivrants (Anandha Seethanen entre autre) ou des danses « stimulantes ».
    Il est vrai que le rôle de Claude et son interprétation dévalorise le scénario, ne nous donnant pas assez d’intérêt pour s’y attacher et ni compatir au destin tragique de ce personnage. Cependant ce détail n’empêche pas ma conclusion : ALLEZ VOIR CE MERVEILLEUX SPECTACLE.

    ps : félicitations à tous les artistes, surtout pour la scène d’orgy qui m’a scotché, elle vaut un sacré mérite !! (…)

  6. Il est vrai que du coup je n’ai pas dit ce que je pensais de ce show. Un spectacle riche en émotions, avec une troupe pleine de pep’s, enjouée, culottée ( ils tiennent et préparent le public en salle pendant 30 mn avant le début réel du show, ce qui nous place déjà dans un certain esprit HAirien qui donne envie de les suivre comme si nous faisions nous même parti de cette tribu, chose rare, surtout dans un musical en France). De belles idées, une scène d’orgie pleine de poésie malgré tous ces corps nus, des interprètes qui sortent réellement du lot, mais toujours une grande maitrise vocale et de l’espace…bref, une réussite après tous les nombreux essais mi-figues, mi raisins de ces dernières années ( je suis un fan de HAIR de la première heure)… de nombreuses personnes présentes il y a 40 ans à la porte Saint-Martin ont évoqués que c’était la première fois qu’ils retrouvaient le même esprit qu’à cette époque, ça mérite d’être souligné, ils sont les meilleurs témoins de cette période alors qu’eux mêmes étaient hippies…
    Bref, une trés belle surprise, mention spéciale pour l’émotion intense durant What a piece of work is man.

  7. Hélas ! je suis entièrement d’accord, on ne saurait mieux dire :
    http://sortir.telerama.fr/evenements/spectacles/hair,15560.php

  8. @décu

    faut arrêter de chercher absolument a casser le spectacle et de donner des liens qui n’ont aucun rapport avec la version 2011

    si tu lis bien l’article il mentionne NED GRUJIC le metteur en scène de la version 2009 il parle d OBAMA de l’ANPE ….

    rien de tout ca n’est présent en 2011 faut arrêter de raconter n’importe quoi la journaliste sort un article de 2009 du fond de tiroir l’ignorance de cette journaliste du TELERAMA et son manque de professionnalisme est flagrant !!!!

    c’est de l’abus pur et simple

  9. C’est vraiment scandaleux de faire des critiques pareils sans aller voir le spectacle. La mauvaise critique du télérama concerne une version qui s’est joué en 2009, pour ceux qui ne l’ont pas vu le spectacle ne parle ni d’obama et encore moins de l’ANPE . Donc madame la journaliste pour mériter votre salaire il voudrai mieux faire votre travail correctement, quitte à ne pas aimer, autant avoir ce sentiment en l’ayant vu. Il me parait aussi déplacé de reprendre des vieux articles de deux ans pour éviter de se tuer à la tache. Vive la désinformation !!
    Merci de nuire à votre journal qui tombe si souvent juste sur les spectacles d’ordinaire. La réputation d’un journal est faite grâce à la valeur des ces journalistes.
    En bref allé voir le spectacle et EXCUSEZ VOUS !!!

  10. Je crois que ce qui m’enerve dans ce genre de reglements de comptes entre « moi je detiens la verité ultime » ; « non c’est moi »… c’est qu’il y en a toujours un qui fini par dire un truc du genre : « on est presque au niveau d’interpretation de Cindy »…. et là je dis « NON » !
    J’ai vu environ 150 musicals ou comedies musicales et assimilés….et je n’ai pas honte de l’avouer…. j’ai bien aimé « Cindy »…je l’ai même vu deux fois et j’ai le DVD et l’integrale…
    Alors on peut pas trouver une autre comedie musicale a critiquer ….. parce que des merdouilles sur 150…j’en ai quand même vu un paquet ….
    🙂

  11. Decidement, « Décu », en 3 commentaires, réussi à toucher le fond de son propre ridicule et de son ignorance. Casser un spectacle sur des points essentiels en remettant en cause les intentions premières des auteurs originaux est déjà risible. Mais balancer un article Télérama (paix à l’éthique de certaines journalistes de ce journal) qui parle du HAIR de 2009 qui est donc une toute autre autre production, montre à quel point tu t’exprimes sans prendre une seconde le temps de vérifier tes affirmations. c’est ce qui s’appelle s’enfoncer. Quand pour finir, on voit que tu laisses le même type de message sur différents sites en cassant ce spectacle, on comprends que ta démarche est loin d’être objective, et plutôt de nature agressive et destructrice. Des raisons à tant d’acharnement ? des soucis avec certaines personnes de cette production ? pseudo-comédien ayant foiré l’audition ? (ce type de commentaire copié-collé sur les site de reservation est assez typique )…bref, en t’auto-flinguant de cette manière, il vaudrait mieux faire profil bas, et respecter un silence de mise….à moins que tu ais envie d’en rajouter sur ton pauvre compte, ce qui n’étonnerait personne…

  12. Bon, alors sans vouloir casser absolument le spectacle, je dois dire que j’ai été extrêmement déçu aussi ! Bien sûr il y a de belles voix (celle d’Anandha Seethanen est une merveille absolue!!!) mais j’ai eu beaucoup de mal a supporter le côté édulcoré du livret et la fadeur du propos. Sans être bloqué sur les années historiques du mouvement Hippie, je ne vois pas l’intérêt de monter cette œuvre en gommant le côté révolutionnaire et antimilitariste. Il parait que le spectacle 2011 parle du SIDA… à part quelques capotes distribuées, je n’ai pas vu à quel moment on parlait de la lutte contre ce fléau… j’ai du louper un épisode… Et puis si l’adaptateur ne voulait pas parler du Vietnam (qui est normalement un des thèmes principaux) il y a suffisamment de guerres dans le monde en ce moment, et même où la France est impliquée (!) pour pouvoir moderniser la pièce sans la vider de son sens. Il y a suffisamment de sujets politiques, sociaux ou écologiques à développer en ce moment. Juste demander au public de se tourner vers son voisin pour s’embrasser, lui demander de se lever et de taper en rythme dans les mains, faire monter des spectateurs sur scène, c’est d’une telle facilité. Il ne manquait plus que des rires préenregistrés. Là ce n’est pas une « anti-histoire » c’est qu’il n’y a carrément plus de propos, plus de discours politique. C’est un spectacle consensuel et politiquement tellement correct. C’est quoi la morale ? Il vaut mieux être gentil que méchant ? Oui, je suis d’accord, tout le monde est d’accord, ce n’était pas la peine de monter Hair pour livrer un message aussi banal.

  13. J’ai fait partie de HAIR première version à Paris. Je suis donc allé voir cette nouvelle version du spectacle subversif américain des sixties avec un peu d’appréhension. Je n’ai pas été déçue. Bien sûr que le livret modifié pour coller à l’actualité ne suit pas un fil conducteur tangible. Il s’agit plutôt d’une suite de tableaux dont certains sont à la fois chaotiques et bien mis en place. Le duo Berger/Ronnie (LAURENT BAN et RÉGIS OLIVIER) sur le texte extrait d’HAMLET de Shakespeare m’a donné une vive émotion. C’est sans doute le meilleur moment du spectacle. L’idée de traduire le texte anglais et de le projeter sur le mur de fond de scène est superbe. Je dirais même que, dans l’ensemble, sur le plan vocal, cette tribu dépasse en talents divers la première version qui a tenu l’affiche pendant 4 ans ! Toutes les voix sont belles. Sur ce plan, je retiendrai particulièrement celle qui ouvre le bal : ANANDHA SEETHANEN et la voix du meneur de jeu, Wolf, campé par CAMILLE TURLOT, aussi excellent chanteur que comédien. La musique de Galt Mac Dermot est tout simplement indémodable – surtout avec les nouveaux arrangements d’ALEXANDRE FINKIN. Les 4 musiciens nous font penser qu’ils sont bien plus nombreux – mention spéciale au guitariste inspiré – façon « guita hero » – XAVIER V COMBS (dont le père, BILL COMBS jouait dans la première version). Bref, j’ai passé une soirée magique et je salue le talent de cette nouvelle génération d’artistes ! Courrez voir HAIR version 2011, vous ne le regretterez pas !!!

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