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Hairspray – Un poids lourd de la comédie musicale

Le samedi 30 avril 2011 à 5 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

Hairspray ©DR

Hairspray ©DR

Livret : Mark O’Donnell et Thomas Meehan
Musique et Lyrics : Marc Shaiman et Scott Wittman
Mise en scène originale : Jack O’Brien

Création
18 juillet 2002 au Neil Simon Theatre, New York.
30 octobre 2007 au Shaftesbury Theatre, Londres.
26 avril 2011 au Casino de Paris, Paris.

L’histoire
Dans le Baltimore des sixties encore plein de préjugés sociaux et raciaux, une jeune fille un peu boulotte et issue d’une famille modeste, Tracy Turnbald, n’a qu’une idée en tête : participer à une émission de télé à la mode, sorte de Star Ac’ au temps des yéyés, pour rencontrer Link, un jeune premier tout gominé qui fait craquer les filles de « la haute ». Sa maman Edna, blanchisseuse résignée dont elle tient les gènes de l’obésité, tente de lui faire comprendre que sa place n’est pas parmi ces beaux oisifs fortunés mais son papa, inventeur d’objets aussi sympathiques qu’inutiles, lui conseille d’aller au bout de ses rêves. Malgré l’hostilité à peine voilée des producteurs, Tracy se fait remarquer dans l’émission par un style nouveau, swing et soul, qu’elle emprunte à ses amis des quartiers noirs et à sa coiffure extravagante entièrement sculptée à la laque (hairspray). Après des aventures abracadabrantesques, elle parvient même à imposer la présence de figurants noirs dans l’émission – une première à Baltimore ! – et à ravir Link et le titre de miss Hairspray à une belle et méchante poupée blonde, symbole de rigidité sociale blanche-américaine qui s’effrite.

Les principales chansons
Good Morning Baltimore – Mama I’m a big girl now – I can hear the bells – Welcome to the 60’s – (You’re) Timeless to me – Without Love – You can’t stop the beat

Le thème
John Waters tourne en 1988 le film Hairspray qui inspire une comédie musicale sur Broadway en 2002. Le spécialiste du cinéma de bon mauvais goût, comme il aime à se définir lui-même, a dû éprouver un malin plaisir à accoupler une fille sans signe extérieur ni de richesse ni de beauté avec une idole conventionnelle de télé-réalité, dans la plus pure lignée du King Elvis. L’union du thon et du dauphin en quelque sorte… Au-delà de la pure provocation, Waters prêche la tolérance et la supériorité de la beauté intérieure. Le film est une comédie pleine de musique (mais pas un musical) optimiste qui repose sur un bien triste fond historique : la lutte pour la reconnaissance des droits des afro-américains dans un Baltimore rétrograde, et plus généralement, pour le droit à la différence, qu’elle soit d’ordre physique, sociale ou sexuelle.

John Travolta dans <i>Hairspray </i>©DR

John Travolta dans Hairspray ©DR

L’histoire derrière l’histoire
Waters offre le rôle d’Edna à son ami d’enfance Divine, un acteur à la fois gay, travesti et obèse qui devait en connaitre un rayon sur les préjugés. Divine meurt tragiquement seulement quelques semaines après la sortie du film, aujourd’hui porté au rang de culte.

Quelques dix ans plus tard, Mark O’Donnell et Thomas Meehan écrivent l’adaptation scénique et offrent à Harvey Fierstein (Torch Song Trilogy en 1980, La Cage aux Folles en 1983 et tant d’autres rôles et créations depuis) le rôle ressuscité qui convient si bien à sa voix toute rocailleuse, avec l’accord de Waters lui-même qui veille au respect de la mémoire de son ami Divine. Marc Shaiman et Scott Wittman signent une partition parfaitement dans l’esprit des sixties. Le spectacle est drôle, optimiste et coloré ; il fait un tabac sur Broadway et remporte huit Tony Awards en 2003, dont ceux du meilleur musical, de la meilleure partition et du meilleur rôle masculin pour Fierstein… à qui certains ont parait-il proposé de donner la récompense du meilleur rôle féminin !

Durant la cérémonie officielle des Tonys, sans doute comme un clin d’oeil à l’esprit provocateur de l’oeuvre originale de Waters qui ne subsiste pas vraiment sur Broadway, Marc Shaiman et Scott Wittman regrettent publiquement de ne pouvoir se marier aux Etats-Unis et échangent même un discret baiser de prime-time. Quant à Fierstein qui n’a pas non plus la langue dans sa poche, écartant tout sentimentalisme sur les vertus éducatives du show, il déclare : « This is no Sound-of-fucking-Music. If you get any kind of message out of it, good! send a check to your favorite charity. » [C’est pas de la niaiserie à la Sound of Music. Mais si vous y percevez un quelconque message, tant mieux : faites donc un chèque à votre association caritative favorite !] Waters doit décidément être bien fier de tout ce monde là !

La carrière de Hairspray est loin d’être achevée. Le spectacle se joue toujours sur Broadway, même s’il est entré dans sa phase quasi-fonctionnariale depuis la 3 ou 4ème troupe. Une version édulcorée et sans entr’acte de 90 minutes est même proposée à Las Vegas depuis 2006. Une troupe est annoncée à Londres pour fin 2007. Et bien sûr, le film de la comédie musicale en 2007 et son impressionnant casting de stars – dont John Travolta en Edna qui passe ainsi du pot de gomina à la bombe de laque – ne manqueront pas de susciter un nouvel engouement du public !

Versions de référence
DVD Hairspray – le film de John Waters (1988)
CD Hairspray – Original Cast Broadway (2002)
CD Hairspray – Bande originale du film (2007)

Vidéos

Extraits de la production originale à Broadway

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Dng3I3AD91k[/youtube]

La bande annonce du film

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=kkzcNF-jlWw[/youtube]

La bande annonce de Hairspray Paris

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=xE4Ed2TyeEA[/youtube]

Article mis à jour le 30/04/2011

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