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Hedwig and the Angry Inch

Le lundi 8 décembre 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts

Lieu : Sentier des Halles - 50 rue d'Aboukir, 75002 Paris (M° Sentier)
Dates : du 13 au 31 décembre 2008
Horaires : 22h
Tarifs : 12,70 - 17,70 euros
Informations supplémentaires : Fnac, Carrefour, Géant, 0892 68 36 22 (0.34 euros/min)

HEDWIG : Matthieu Bonicel
YITZHAK : Chem
& THE ANGRY INCH :
Skszp : Pascal Lajoye (guitare & clavier)
Krysztoph : Alexis Maréchal (guitare)
Schlatko : Sébastien Léonet (batterie)
Jacek : Olivier Mezzadri (basse)

Livret original : John Cameron Mitchell
Paroles et musique : Stephen Trask
Adaptation : Baptiste Delval, Dan Heching et Guilain Roussel
Mise en scène / direction artistique : Guilain Roussel
Direction d’acteurs : Thomas Moulins
Direction musicale : Rozen Schtark
Chargée de communication : Guylène Picq
Spectacle réalisé en collaboration avec John Lynch (Janus Theatre Company, UK)
Créations vidéo : Baptiste Delval
Maquillage : Christelle Calmels
Costumes : Patrick Cavalié
Régie lumière : Bastien Gérard
Régie son : Gautier Léon

Si vous avez des enfants, il ne faut pas surtout pas confondre le Grinch et le Angry Inch ! Le premier est un monstre gentil qui déteste Noël dans la comédie musicale pour enfants The Grinch who stole Christmas ; le second est un groupe de rock alternatif mené par Hedwig, un transsexuel asexué – son opération pour devenir femme a échoué, le laissant avec 2,54 cm (1 inch) de chair inutile entre les jambes – qui en veut à la terre entière et on le comprend ! Sa vie n’est qu’une suite de déconvenues : père peloteur, mère castratrice dans tous les sens du terme, amants sans scrupules et manque de bol caractérisé.

Les thèmes abordés, plutôt philosophiques mais sans prise de tête, sont la quête de l’être complet – sans doute un androgyne -, de l’amour platonique ou du bonheur tout simplement. Tous les personnages évoqués sont dignes d’intérêt pour le spectateur ouvert, curieux et pas trop effrayé par la culture « trash ». De fait, cette oeuvre issue de Off-Broadway en 1998 et son adaptation cinématographique de 2001 se sont hissées au rang de véritable Culte, de la même veine que le Rocky Horror Picture Show.

Le spectacle se présente comme un concert intimiste, volontairement un peu miteux (Hedwig est avant tout un loser), durant lequel Hedwig se confie à son public, partagée entre détresse et pure méchanceté. Les chansons sont interprétées en anglais, sous-titrées et illustrées par un montage vidéo projeté sur scène. Un schéma qui rend le spectacle accessible à tous, y compris les non bilingues, et permet même une séance de karaoke.

Cette production parisienne pourra étonner par un côté assez amateur. Au départ, on a le sentiment de revenir quelques années en arrière lors de concerts de potes étudiants. La sonorisation est encore mal rodée [ndlr : le spectacle a été vu au Studio Campus lors d’une répétition générale] et Matthieu Bonicel, tout jeune artiste, a un peu de mal à dépasser la vilaine caricature du méchant travesti. Même le hit « The Origin of Love » peine à faire son effet. Pourtant, au tiers temps, du fait de l’intérêt grandissant de l’intrigue ou d’une amélioration soudaine de l’interprétation, le spectacle bascule sur la chanson « Sugar Daddy ». Hedwig prend de l’ampleur, de même que son acolyte Yitzhak, second rôle qui mérite d’être mentionné. Dès lors et jusqu’au rappel, il devient difficile de ne plus y croire et de ne plus s’y croire, ce qui prouve le potentiel de cette production. Gageons que tout sera parfait dès les premières minutes pour la première au Sentier des Halles.

A condition d’accepter les personnages de comédie musicale plus délurés que Sweet Charity, cette production est certainement une excellente initiation pour ceux qui ne connaissent pas le Angry Inch ou ne l’ont jamais vu sur scène.

Pour plus d’information, on pourra se référer à l’interview de Matthieu Bonicel.

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