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Hugo Renard – Le son de Fromentine

Le mercredi 5 juillet 2000 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Hugo Renard ©DR

Hugo Renard ©DR

Vous concevez les bandes musicales de Fromentine depuis quasiment ses débuts. Pouvez-vous nous dire comment vous avez démarré ?
William et moi avons commencé à travailler avec Fromentine tout à fait par hasard. Le metteur en scène Patrick-Laurent Martel, dit PLM, travaillait sur la comédie musicale Mayflower vers 1990-91, et ses musiciens de studio l’avaient laissé tomber du jour au lendemain. Il s’est adressé à Guy Bontempelli qui s’est ensuite tourné vers nous. Il nous a demandé d’arranger les trois chansons manquantes. Nous avons élaboré une cassette que nous avons envoyé à PLM sans le connaître. Il en a été très content, puisqu’il nous a payé rubis sur l’ongle ! L’année suivante il nous a commandé la totalité de l’accompagnement de Godspell. Dave qui avait fait partie de la distribution de la version française, était venu voir les représentations. Il a beaucoup aimé, et nous a dit avoir retrouvé ce qu’il entendait de l’orchestre à son époque. Son commentaire nous a fait plaisir (nous connaissions peu la comédie musicale, je le rappelle). De fil en aiguille, nous avons continuer à travailler avec PLM. Ainsi nous avons fait Cats, Starmania, et Les Misérables qui nous a donné beaucoup de fil à retordre à cause de sa complexité rythmique et sa musique touffue.

Comment travaillez-vous à élaborer ces bandes orchestrales ?
Pour faire une bande, nous écoutons d’abord le disque plusieurs fois. Nous évaluons la difficulté de la partition, Puis nous attaquons. Par exemple, pour Starmania, relativement simple, nous avait pris 20 jours environ. Si nous ne jouons pas en direct, nous aboutissons à une bande qui sert dès les répétitions. Depuis peu, un des spectacles se déroule avec les musiciens. En 1999, pour Les Misérables, nous avions fabriqué une bande avec des parties préenregistrées, auxquelles nous ajoutons nos parties à jouer le soir, dans une version sommaire. Comme ça, les répétitions peuvent se dérouler avant notre arrivée, et nous pouvons peaufiner nos arrangements. Nous pré-enregistrons donc les parties comme la partie rythmique (batterie, basse) et les samples (cuivre, violons) avec nos instruments électroniques. Pour rendre la musique bien vivante, nous varions les temps. Nous introduisons des « imperfections » sur ces parties préenregistrées, et pour rendre les sons de nos instruments électroniques moins mécaniques. Il nous faut restituer la présence de musiciens qui ne sont pas avec nous. Nous passons beaucoup de temps pour rendre les nuances des vrais instruments, et reconstruire un arrangement musical crédible. Le soir nous interprétons nos parties de guitare et de clavier avec la partie pré-enregistrée. Nous tenons à ce que ça sonne bien à la scène. L’objectif est qu’en étant deux musiciens pendant la représentation, nous fassions autant de « bruit » qu’un orchestre.

Et pour Emilie Jolie, ça se présente comment ?
La partition ne pose pas de difficulté majeure. Pour la première de Emilie Jolie à Fromentine le 18 juillet 2000, nous avançons bien. PLM nous demande en général d’être proche de l’original. Dans certains cas, nous convenons ensemble de changer l’arrangement. Par exemple: Si pour une chanson, nous sentons qu’un morceau symphonique peut très bien passer en chant piano, nous lui passons un coup de fil. En général, il dit oui et pour l’instant il n’a jamais été déçu du résultat.

Votre travail devrait intéresser les amateurs de théâtre musical, car trouver le bon accompagnement musical est souvent un obstacle.
Effectivement, un jour nous avons été contacté par un jeune homme qui voulait monter Starmania dans son lycée. Nous lui avons proposé notre bande de Fromentine, mais il a tenu à avoir les arrangements plus récents. Nous avons donc réenregistré une bande orchestrale de Starmania, basée sur une nouvelle version, financée par la troupe du lycée. Ca s’est très bien passé. Une autre fois, c’est PLM qui nous a présenté à une prof de musique qui voulait monter West Side Story avec sa classe de musique. L’élaboration de cette bande orchestrale est certainement la plus difficile, avec Cats, que nous ayons faite. Chaque tranche de dix secondes de musique nous occasionnait deux ou trois heures de travail de réarrangement ! Aujourd’hui, nous savons proposer nos bandes orchestrales aux troupes qui veulent avoir un accompagnement musical sans voix. Le règlement des droits reste bien sûr à la charge des organisateurs des représentations. D’ici peu, nous aimerions proposer nos bandes services sur Internet. Avec le renouveau de la comédie musicale aujourd’hui, il y a certainement des gens et des troupes que ça intéressera.

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