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Ida Gordon, une nourrice d’enfer

Le jeudi 25 février 2010 à 10 h 50 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Ida Gordon

Ida Gordon

Ida Gordon, vous jouez le rôle de la nourrice dans Roméo et Juliette depuis la tournée asiatique et vous reprenez votre rôle au Palais des Congrès. Comment êtes-vous arrivée sur ce spectacle ?
J’ai passé les auditions comme tout le monde. Il y a eu plusieurs tours, cela a été assez long, assez dur. Ils avaient une idée bien précise de la personne qu’ils souhaitaient engager. Et Gwladys [NDLR : Gwladys Fraioli, doublure du rôle] et moi avons été choisies pour interpréter ce rôle.

Quels souvenirs gardez-vous de la tournée en Asie ?
Que des bons souvenirs, même les moments de galère où on a du mal à mettre les choses en place, les moments de doutes. On garde ce souvenir de famille qui vit ensemble : on mangeait ensemble, on vivait tous au même endroit 24 heures sur 24. C’est indélébile.

Aviez-vous vu le spectacle d’il y a dix ans ?
Je l’ai vu en DVD et j’en avais un très bon souvenir. Même si ce sont les mêmes musiques, qu’il reste des chorégraphies, le même esprit, j’ai l’impression de jouer un spectacle totalement différent. Peut-être est-ce le fait de passer de spectatrice au fait de l’incarner mais c’est, pour moi, un tout autre spectacle.

Comment appréhendez-vous votre rôle ?
La nourrice de Juliette est une femme qui est prête à tout donner pour elle, pour lui apporter un peu plus de confort, de tendresse, d’amour, de câlins, de bisous… Elle représente l’amour maternel universel. Je ne vois pas mon rôle comme étant 100 % Capulet : les enfants Montaigu qui s’entretuent lui font autant de peine que de voir Tybalt mourir. Tous les enfants sont ses enfants à elle. Elle est protectrice, aimante, douillette, comme un coussin, un bon oreiller sur lequel on a envie de se poser.

Y a-t-il des difficultés particulières liées à ce rôle ?
La première difficulté est de succéder à Réjane Perry [NDRL : créatrice du rôle, aujourd’hui disparue]. Je ne le prends pas comme quelque chose de négatif mais plutôt de positif : je lui parle, je l’appelle, je lui demande des conseils. J’ai l’impression d’avoir des réponses.
Une autre difficulté est que, pour être vraiment dans le personnage, il faut que, chaque soir, quand Juliette s’en va, ça m’arrache le cœur, pour de vrai. Et il y a des soirs où c’est un peu lourd à porter. C’est un bon exutoire.

Y a-t-il une pression particulière pour cette re-création à Paris ?
Pas vraiment. C’est plus de l’excitation parce que mes proches vont pouvoir voir le spectacle. Il y a vraiment un souffle de jeunesse avec cette nouvelle version et on se situe plus vers de l’excitation que de l’appréhension. Je suis consciente de la chance que j’ai de jouer dans cette salle-là, avec ce spectacle-là, et cette troupe-là.

Que diriez-vous à un spectateur qui l’aurait vu il y a dix ans ?
Je lui dirais que s’il l’a vu il y a dix ans, lui-même est différent donc il l’appréhendera à un autre niveau. Même si le spectacle avait été la copie conforme du spectacle de 2001, je pense que le spectateur y aurait trouvé des choses nouvelles à voir, comme quand on relit un bon livre dix ans après. Maintenant, il y a de nouvelles chansons qui sont dans l’air du temps et des tubes comme Gérard [Presgurvic] sait en faire. Et pour cette raison, cela vaut le coup de revenir. C’est un beau spectacle, niveau son, costumes, lumières, décors… Il y a de quoi se nourrir et en prendre plein les yeux, éprouver des choses.

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Un commentaire
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  1. Hello,
    J’ai vu le show 2010.
    Primo le rôle de la nounou a été réduit quasiment à néant par la nouvelle mise en scène et c’est un peu dommage.
    Secundo, du coup ça laisse peu de temps à Ida Gordon pour briller autant que Réjane.
    Il y a 10 ans j’avais pris la prestation de Réjane dont le « Et voilà qu’elle aime » (une des chansons les moins nian nian) en pleine tête, du pur bonheur !

    Dommage.

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