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Inca, la voix de la sagesse

Le dimanche 10 novembre 2019 à 9 h 30 min | Par | Rubrique : Divers, Rencontre

Dès le 26 novembre prochain, il incarnera Bouddha dans le grand spectacle familial Siddhartha, l’Opéra Rock au Palais des Sports. Décors pharaoniques, cascadeurs, chœurs et costumes à foison, le show promet d’être impressionnant. A quinze jours de la première, Regard en Coulisse a rencontré Inca, éternel rocker, sage et rebelle.

Inca © Philippe Fretault

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre dernière rencontre remonte à décembre 2015, lorsque vous teniez l’un des rôles phares de La Légende du roi Arthur (Méléagant), que s’est-il passé pour vous depuis ?

Après une telle aventure, il m’était indispensable de retourner dans le Sud de la France, et de retrouver mes racines. J’avais besoin de me recentrer intimement, mais aussi artistiquement, en travaillant mes propres projets. J’ai enregistré mon EP « Je me sens vivant », donné des concerts à Paris et partout en France. Nous avons aussi tourné le clip avec Thierry Vergnes, qui a notamment réalisé ceux de Céline Dion. C’était fondamental de revenir à mon essence, à mon univers musical.

Et finalement, vous revoilà sur une comédie musicale…

Mais pas n’importe laquelle ! Après le Roi Arthur, j’ai reçu beaucoup de propositions, mais elles ne tranchaient pas assez, à mon goût. Ce n’était pas suffisamment le grand écart. En voyant l’annonce du casting de Siddhartha, j’ai trouvé exactement le sujet qui me touchait, le rôle qu’il me fallait. Non seulement, j’ai une certaine spiritualité depuis toujours, mais en plus, passer de Méléagant (l’ennemi du roi Arthur, N.D.L.R.) à Bouddha, c’est cela que je cherchais ! J’ai contacté David Clément-Bayard (l’auteur-compositeur), nous nous sommes tout de suite entendus. L’idée avait du sens, le projet était grandiose. Dès la première audition, j’ai croisé des regards, j’ai ressenti comme une intuition : j’étais à ma place, tout prenait sens. Je savais que c’était là. La suite me l’a prouvé !

Siddhartha reste cependant un vrai mystère pour le grand public…

Siddharta Gautama, qui vécut il y a 2 500 ans au nord de l’Inde, est le fils héritier du couple royal du clan Shakyas. Les signes accompagnant sa naissance montrent qu’un destin hors du commun l’attendait. Et pour cause : il est aujourd’hui mondialement connu sous le nom de Bouddha. En Occident, cette histoire est totalement inconnue. Il y a cette statue que l’on voit partout, mais dont personne ne connait réellement l’histoire. Moi-même, je l’ignorais. La mort de sa mère à sa naissance, les rivalités et les jalousies au sein du clan, toutes ces étapes qui l’ont amené à s’enfuir, à méditer et finalement à devenir cet homme charismatique. Depuis deux ans, j’ai énormément lu, j’ai cherché à m’influencer. Outre le yoga, que je pratique désormais, j’ai passé des heures en méditation dans un temple tibétain, j’ai reçu des enseignements, et surtout je suis parti en Inde. Sur ses pas. Je me suis rendu à Bodhgaya, le site même où sous ce grand arbre, Siddhartha a atteint l’illumination, devenant le Bouddha c’est à dire « celui qui est éveillé ». Pour moi, il était fondamental de retourner sur les traces de cet homme. Je voulais ressentir tout cela, m’imprégner au plus profond de son histoire.  Comme un acteur. C’est cela notre métier. Ce n’est pas simplement être interprète et se contenter de faire un défilé de chansons, mais c’est vivre les choses et surtout les faire vivre. Voilà le spectacle vivant : incarner, faire découvrir, faire partager, pour vraiment délivrer l’histoire au plus proche de ce qui a pu se passer.

En 2015, vous disiez que votre identité musicale était le rock, que vous étiez heureux de jouer un méchant, un rebelle, un bad boy. On semble, a priori, en être plutôt loin…

(Il éclate de rire) Oui et non ! N’oublions pas qu’au départ, Siddhartha, c’est un vrai rebelle ! Voué à être prince, dans ce royaume des Indes, il a quand même refusé totalement ce statut, refusé d’être ce que son père, le roi, exigeait de lui. Alors qu’il lui imposait une éducation stricte pour le préparer à cette vie de pouvoir, bien décidé à en faire un homme puissant, riche, autoritaire, Siddhartha s’est révolté. C’est un aspect majeur et très intéressant de sa vie. Son destin va radicalement changer…

Pourquoi un opéra rock ?

C’est un parti pris choisi par le créateur David Clément-Bayard. Une comédie musicale comprend des scènes de théâtre parlé. Là, ce ne sera pas le cas, ce sera 100 % musical. Toute l’histoire sera présentée en chansons. Cela peut s’apparenter à un spectacle comme Starmania. On est tout à fait dans cette dynamique-là. J’ajoute que ce n’est pas un simple spectacle sur la spiritualité comme il y en a déjà eu, mais un vrai show pour faire découvrir un destin hors du commun. Quant au meilleur moyen de retranscrire musicalement l’énergie, la révolte, mais aussi la force et le charisme de Siddhartha, c’est le rock. Et moi je reste un rocker !

Justement, qu’y a-t-il de Siddhartha en vous ?

Le côté rebelle, on y revient toujours ! J’ai toujours été un peu révolutionnaire. Je n’aime pas suivre le mouvement, être dans un moule. La plus belle chose que l’humain doit comprendre c’est d’être soi, c’est d’ailleurs le titre d’une des chansons de mon album. Et puis, être rebelle c’est aussi ne pas accepter certaines choses que nous subissons dans le monde, ne pas rester les bras croisés. Il y a aussi cette soif de liberté, et ce souci de ne retenir que le côté positif des choses, même dans le pire. Toujours être dans la joie, dans l’amour. C’est ce message que Siddhartha a insufflé au monde. Attention, je ne me prends pas pour un disciple ! Je reste lucide. Je suis juste moi-même ! Un artiste avec son parcours, ses succès, ses échecs dont je tire toujours des leçons.

©Philippe FRETAULT

La majeure partie de l’équipe est novice en terme de spectacles musicaux, et le thème est osé, c’est un vrai pari…

Oui bien sûr, c’est risqué. Lorsque l’on se lance dans un projet d’une telle envergure, on ne sait pas ce que cela donnera. Mais en France, on ne prend plus de risque. C’est beau justement de voir une équipe, réunie autour du projet d’un homme, se lancer et s’y mettre à fond, en se donnant tous les moyens. David Clément-Bayard avait le rêve de faire connaître cette histoire. Pour cela, il fait les choses en grand et le spectacle va être exceptionnel. Trente-cinq artistes, des décors impressionnants, dont le fameux arbre de la révélation, des cascadeurs, des costumes sublimes pour un grand show destiné à toute la famille. On sort vraiment des sentiers battus.

Et puis, j’ai toujours pris des risques dans ma carrière. Si on ne les prend pas en tant qu’artiste, quand les prend-on ? Le monde conditionné, aseptisé, sans émotion, ne m’intéresse pas. Il faut accepter les défis, se lever ! Sans risque, on ne peut pas faire changer les choses ! Enfin, au-delà de son histoire, c’est aussi le message du Bouddha que l’on va délivrer sur scène. Chaque artiste est dans cet état d’esprit, de délivrer une authenticité, de retrouver des valeurs humaines. On en manque clairement aujourd’hui. On est dans le spectacle vivant. Venez. Venez en prendre plein les yeux et plein le cœur !

Siddhartha, l’Opéra Rock.
Dès le 26 novembre au Palais des Sports de Paris.
Toutes les infos sur : http://siddharthaloperarock.com/

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