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Isabelle Ferron – De l’énergie à revendre !

Le dimanche 1 juin 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Isabelle Ferron ©DR

Isabelle Ferron ©DR

Artiste pluridisciplinaire, Isabelle Ferron aime autant chanter que jouer la comédie. Elle fut une vieille croulante dans Les Années Twist, une communiste déjantée dans Le Passe-Muraille, une Lady Capulet énergique dans Roméo et Juliette. On l’a vue au cinéma dans des succès populaires comme Le Pari et Pédale Douce, et la voilà maintenant qui chante du Sondheim. Même si aujourd’hui, elle passe indifféremment d’une discipline à l’autre, sa formation artistique commence d’abord par le chant lyrique.  » J’ai été formée au Conservatoire de Poitiers, explique-t-elle. J’ai appris le chant lyrique pendant huit ans et parallèlement, j’ai pris des cours de théâtre avec notamment Niels Arestrup et Lee Strasberg. La vie m’a déviée du lyrique et m’a conduite vers le spectacle musical.  » Ses premiers pas dans ce domaine ne sont pas des moindres puisqu’elle fait partie de la troupe des Misérables en 1991.  » Je crois que c’est l’expérience qui m’a le plus marquée, se souvient-elle. C’était une vraie comédie musicale telle qu’on en avait jamais fait en France, et même encore aujourd’hui, ça n’a pas été égalé. Il y avait un vrai travail d’acteur. Par exemple, le moindre petit rôle savait exactement qui il était au moment où il entrait sur scène : son âge, sa profession, sa situation familiale… C’était une méthode très rigoureuse, à l’anglaise. Je crois que c’est une expérience que nous aurions tous aimé reproduire mais cette conception du spectacle n’existe pas vraiment ici. »

Après Les Misérables, Isabelle intègre la troupe originale des Années Twist aux côtés de Barbara Scaff, Philippe Candelon, Anne Warin, Alexandra Gonin…  » C’était plus ludique que Les Misérables, se souvient-elle, et ce qui était agréable, d’arriver à créer un personnage. Même si le rythme était fatigant, ce fut une très bonne expérience. C’était un spectacle léger, avec des grandes envolées musicales par moments. C’était touchant et ça parlait aux gens. Ce spectacle m’a amenée vers le cinéma.  » Remarquée pour son personnage comique, Isabelle enchaîne alors plusieurs rôles au cinéma, dans des comédies populaires telles que Pédale Douce ou Le Pari. « J’adore passer d’une expérience à l’autre, confie-t-elle. Et le fait d’être chanteuse aide la comédienne et vice-versa. Malheureusement, en France, c’est un peu difficile de porter cette double casquette. Pourtant, être chanteur et comédien est parfaitement complémentaire.  » Si Isabelle a souvent interprété des rôles comiques et dynamiques, comme dans Le Passe-Muraille qu’elle joue aux Bouffes Parisiens, elle aime aussi le registre tragique.  » En fait, je rêve d’interpréter des rôles tels qu’Andromaque ou Médée. J’aime aussi les personnages de Tchekhov qui sont passionnants à défendre.  »

En 1999, Isabelle est choisie pour interpréter le rôle de Lady Capulet dans le Roméo et Juliette de Gérard Presgurvic.  » Pour mon audition, on m’avait demandé de chanter  » La haine  » ainsi qu’une chanson rigolote. D’ailleurs, je me demande bien pourquoi parce que le spectacle ne laisse pas vraiment la place à la comédie… J’ai donc chanté une chanson en patois poitevin et visiblement, ça a dû bien plaire…  » Isabelle met donc le pied sur l’immense vaisseau R & J qui deviendra le succès que l’on sait.  » Au moment de signer le contrat, je n’imaginais pas que je m’embarquais dans quelque chose d’aussi important. C’est trois mois avant le début du spectacle que j’ai commencé à réaliser ça. Il y avait déjà deux mois qui affichaient complets alors que le spectacle n’était pas encore totalement écrit… Avec Les Années Twist, j’étais habituée aux grandes salles mais pas au phénomène des fans. Là, ça dépassait parfois la réalité. Il y a un côté affectif très impressionnant et si tu n’as pas les pieds sur terre, tu peux facilement décoller et avoir la tête qui gonfle. Je crois que tout ça peut faire un peu peur, mais en même temps, je n’étais pas directement concernée… »

Isabelle se prépare aujourd’hui à interpréter en français les classiques de Stephen Sondheim pour une soirée spéciale au Zèbre.  » Ce que j’aime chez Sondheim, c’est que son écriture inclut naturellement de la théâtralité par sa structure même. Cela nécessite une réelle interprétation et c’est ça qui m’intéresse.  » A cette occasion, Isabelle interprètera notamment « Not a day goes by », la poignante déclaration extraite de Merrily we roll along, ainsi que  » Getting maried today  » de Company, savoureux numéro exigeant de son interprète une véritable performance de chanteuse et de comédienne. Ensuite, Isabelle s’attellera à ses nombreux projets.  » J’écris actuellement avec Anna Angeli un spectacle de théâtre dans lequel je serai seule en scène. Et il y aura obligatoirement de la musique. Sinon, je rêve d’alterner film, téléfilm, pièce, comédie musicale… Mon envie est de continuer de travailler dans ces différents domaines qui m’éclatent autant les uns que les autres. En bref, j’ai envie de m’amuser ! « 

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