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Jacques Offenbach 1819 – 1880 – Le Mozart des Champs-Elysées

Le lundi 1 novembre 1999 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grands auteurs

Jacques Offenbach ©DR

Jacques Offenbach ©DR

Jacques Offenbach est né à Cologne en Allemagne le 20 juin 1819, septième de dix enfants. Son père avait pris le nom de sa propre ville natale, Offenbach-sur-le-Main, comme c’était la coutume chez les familles juives de l’époque. Il faisait partie de cette lignée de musiciens modestes (comme Léopold Mozart) qui surent guider un fils exceptionnellement doué vers la carrière brillante à laquelle eux ne pouvaient prétendre.

Offenbach Junior s’installe donc à Paris très tôt et est admis au Conservatoire de Paris (qui interdisait pourtant à cette époque son accès aux étrangers). Il obtient bientôt une place de violoncelliste à l’orchestre de l’Opéra-Comique. Il profite de ce poste pour écouter et découvrir tout le répertoire et s’imprégner des techniques de la dramaturgie musicale et petit à petit, commence à faire jouer des valses de sa composition.

Dès 1837, il quitte son poste de l’Opéra-Comique, et veut embrasser la carrière de compositeur. Son élégance et sa distinction naturelle lui permettent de devenir un parisien accompli et sa musique s’harmonise avec l’esprit du temps. Il intrigue, amuse, et finalement séduit et sa musique possède aussi ce piment, cette touche d’humour en plus. Il commence par écrire des pièces chantées sur les Fables de La Fontaine et s’attaque ensuite au Moine Bourru, petit poème chanté à deux personnages. Maintenant qu’il peut vivre de son art, il se marie avec Herminie d’Alcain et se convertit au catholicisme. Leur amour durera plus de quarante ans.

La révolution de 1848 le fait fuir à Cologne quelques temps et il ne reviendra qu’une fois le calme rétabli, à l’invitation du président de la République, le Prince Napoléon. Il devient directeur musical de la Comédie Française : c’est là qu’il va pouvoir s’initier à la musique de scène. Il compose alors Le Trésor à Mathurin, et Pepito en 1853 joué aux Variétés.

Il bâtit des théâtres pour abriter ses oeuvres
Mais l’Opéra-Comique, où il a débuté et où il rêve d’être représenté, lui refuse toujours l’entrée. Il décide donc de s’inspirer d’Hervé, et d’ouvrir son propre théâtre, les Bouffes-Parisiens, sur l’emplacement de l’actuel Théâtre Marigny. Il l’inaugure avec un programe complet dont font partie les Deux aveugles. Il s’adresse déjà à Ludovic Halévy pour le livret, qui deviendra son collaborateur le plus proche et son ami. C’est un triomphe, la pièce restera un an à l’affiche !

Le Second Empire explique en partie le succès d’Offenbach : chantons, buvons, rions, nous verrons bien demain ! Il est le miroir de son époque. Il ouvre bientôt une nouvelle salle, passage Choiseul, pour laquelle il garde le nom de Bouffes (les actuels Bouffes-Parisiens). Cette salle est inaugurée en 1855 avec Ba-Ta-Clan. Lui succède Le violoneux, dont le succès coïncide avec la présence d’Hortense Schneider, arrivant de Bordeaux et qui fait là ses débuts. Elle va devenir l’égérie d’Offenbach.

Danser sur un volcan
Durant plusieurs années, son théâtre est bondé, mais Offenbach trop dispendieux, connaît de sérieuses difficultés financières jusqu’à Orphée aux Enfers. C’est un triomphe qui va sauver les Bouffes et inaugure la période des plus grands chefs d’oeuvre. Offenbach est désormais connu dans l’Europe entière. 1864 voit la création de La Belle Hélène aux Variétés : le public acclame cet ouvrage. Offenbach est une vraie idole des foules, à l’instar d’une rock-star actuelle, qui enchaîne triomphe sur triomphe : La Vie Parisienne, La Grande Duchesse de Gerolstein, La Périchole et Les Brigands : il est partout et même à l’Opéra-Comique, enfin !

Mais quand la guerre de 1870 éclate, c’est un coup de tonnerre, et pour le Second Empire, et pour Offenbach dont les succès n’auront plus désormais le même retentissement. En même temps, il cherche à approfondir son art, qui aboutira à son plus grand chef d’oeuvre : Les Contes d’Hoffmann. Durant ses dernières années, il s’épuise à la tâche. Il conjugue commandes alimentaires et le travail plus obscur de son opéra. Il achève sa partition le 4 octobre 1880 et meurt dans la nuit. Il ne verra donc pas son ouvrage triompher sur la scène de l’Opéra-Comique quatre mois plus tard. Un succès qui se s’est jamais démenti.

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