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Joe Bocan et ses dépendances

Le mardi 20 mai 2014 à 19 h 45 min | Par | Rubrique : Rencontre

Joe Bocan © DR

Joe Bocan © DR

Joe Bocan, vous allez être de la distribution de Catnip ! le musical, parlez-nous de cette pièce…
C’est très lumineux et très joyeux comme pièce. avec une touche dramatique. Le sujet est assez lourd mais la facture est complètement légère. Le sujet principal est la dépendance  à l’alcool, aux drogues, à la télévision, aux pilules, à la consommation. Je pense que les gens vont se reconnaître un peu dans cette pièce car nous avons tous des dépendances à quelque chose.

Parlez-nous de votre rôle …
Pour moi, Solange est un personnage extraordinaire à jouer. Elle a une dépendance aux pilules ainsi qu’à la télévision. Elle ne fait que ça de ses journées. Elle rencontre des personnages : on ne sait pas s’ils sont imaginaires ou réels mais, moi, en tant que comédienne, je les ressens comme réels (rire). Ces personnages, au joli nom de « brigade arc-en-ciel », viennent à sa rescousse pour la sortir de ses dépendances. Lentement, ils vont l’emmener à une prise de conscience et lui apporter des solutions pour s’en sortir. Ils vont contribuer à colorer sa vie qui est quelque peu terne… Mais, est-ce que Solange sera prête à dire non à ses dépendances et traverser toute la douleur que cela comporte ?

C’est votre première incursion dans la comédie musicale ?
Par le passé, j’ai fait L’opéra de quat’sous, mis en scène par René-Richard Cyr au TNM, et j’avais aussi tenu le rôle d’une chanteuse dans la pièce Défendu de Claude Poissant. Mais ça fait maintenant 22 ans que je n’ai pas participé à une comédie musicale.

Quel élément a fait en sorte que vous acceptiez d’y participer ?
Le texte ! Quand je l’ai eu entre les mains, je me suis dit « Oh ! mon Dieu, quel beau rôle » ! Mais aussi quel défi, car j’ai la réputation d’avoir eu par le passé des rôles « flyés », soit très particuliers, déjantés. Maintenant, de jouer une « Madame Tout-le-monde », qui est terne, sans aucune couleur, c’est étonnant. Je voulais aussi donner au personnage beaucoup de nuances. Je ne veux pas jouer seulement ce côté obscur. Les gens qui sont aigris, amers, ont généralement eu une belle vie dans le passé. Toutefois, ils se sont « accrochés » au négatif dans leur vie. Je veux montrer son côté de femme aimante, sensuelle, spirituelle. Donc, je me suis permis d’aller un peu ailleurs avec ce personnage.

Vous êtes à l’heure actuelle en répétition, comment cela se passe-t-il ?
Extraordinaire ! Vraiment, j’ai beaucoup de plaisir avec cette équipe. Ces jours-ci, on « rush » un peu car on voit la première arriver à grands pas et on se dit qu’on n’aura jamais assez de temps. Notre équipe s’amuse beaucoup et on se respecte mutuellement. On se parle beaucoup et on n’a pas peur de faire des commentaires sur telle ou telle chose. C’est très agréable.

Que diriez-vous au public pour les inciter à venir voir cette pièce ?
C’est très « happening » ! Alors, si les gens désirent rire et s’amuser, c’est la pièce à voir. Mais, en même temps, cette pièce fait réfléchir. Il y a un fond à cette histoire. Je pense que chaque réplique, chaque mot, a sa raison d’être : cela n’a pas été écrit que pour être écrit. Ça peut même aider certaines personnes à découvrir qu’ils ont une dépendance car, quelquefois, nous ne nous pensons pas dépendant, mais nous le sommes. En résumé, c’est ensoleillé, drôle et amusant tout en nous faisant réfléchir. Et nous le jouons dans une configuration en 360 degrés. Donc, le public est tout autour de nous. Il se sent vraiment « dans le spectacle ».

Élizabeth Dupéré, Denys Paris et Joe Bocan © Jean-Pierre Pérusse

Élizabeth Dupéré, Denys Paris et Joe Bocan © Jean-Pierre Pérusse

On dit de vous que vous êtes une icône pour la communauté gay, qu’en pensez-vous ?
Je sais que j’ai été choyée par ce public qui a toujours été présent pour m’encourager. Alors, j’en suis très heureuse. C’est un public en or, il aime ou pas ! Quand il t’aime, tu es chanceuse (rires) car c’est un public qui aime à l’extrême et qui n’a pas peur de la démesure que j’ai toujours proposée dans mes spectacles.

En plus de Catnip ! le musical, est-ce que votre public aura la chance de vous voir de nouveau sur scène, dans un spectacle solo ?
Oui, tout à fait ! Pour donner suite au lancement de mon dernier album, « La loupe », je ferai mon entrée montréalaise le 8 septembre 2014, au Gèsu. Et je serai à Terrebonne le 4 octobre et à Gatineau le 26 novembre. En ce qui concerne la grande tournée, elle se fera en 2015.

Vous êtes amoureuse de la culture arabe, pensez-vous un jour faire un album avec ses influences ou même pourquoi ne pas chanter dans cette langue ?
Ah ! c’est une bonne idée ! Je n’y ai jamais pensé (rires), mais j’aimerais ça ! Je trouve que c’est une culture qui est tellement riche et j’aime ce qu’ils nous proposent comme univers. Mais oui, merci ! Ce serait une très bonne idée.

À part Catnip ! le musical et votre prochaine tournée solo, vous avez des projets ?
J’ai commencé à donner des conférences où je raconte mon parcours et, également, je discute un peu sur le féminisme. J’y raconte la conciliation famille et carrière. Le fait que j’aie abandonné ma carrière pendant longtemps pour me consacrer à ma famille, ça rejoint beaucoup de gens, autant d’hommes que de femmes qui ont parfois un peu peur de mettre une pause à leur carrière pour s’occuper de leurs enfants. J’y explique le bien-être que cela m’a apporté ainsi que mon non-regret. Je m’adresse aussi à la jeunesse car j’ai enseigné le théâtre à de jeunes enfants pendant cinq ans.

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