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Joyeux anniversaire Les Miz !

Le lundi 11 octobre 2010 à 11 h 55 min | Par | Rubrique : Zoom

Concert du 25e anniversaire des Misérables à 02, Londres, le 3 octobre 2010 (c) Regard en Coulisse

Concert du 25e anniversaire des Misérables à 02, Londres, le 3 octobre 2010 (c) Regard en Coulisse

25 ans d’histoire
25 ans déjà que Les Misérables, le musical d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, a été créé à Londres et qu’il continue, encore aujourd’hui, à enflammer les planches de la capitale anglaise.
Tout commence en France à la fin des années 70, quand Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, ayant déjà travaillé ensemble sur l’opéra-rock La Révolution Française (1973), décident d’adapter l’oeuvre de Victor Hugo.
Le musical s’incarne d’abord sous la forme d’un concept album qui sort en 1980, avec notamment Rose Laurens (Fantine), Maurice Barrier (Valjean), Fabienne Guyon (Cosette) mais aussi des noms célèbres de la chanson française (Michel Sardou, Mireille, Adamo…).
Le spectacle est ensuite créé en septembre 1980 au Palais des Sports, dans une mise en scène de Robert Hossein, et s’y jouera pour 107 représentations, récoltant au passage un tube avec le single « La faute à Voltaire », la chanson de Gavroche, dont ironiquement, il ne restera plus que quelques mesures dans les versions postérieures.
Deux ans plus tard, Cameron Mackintosh, producteur anglais, écoute le concept album et en perçoit le potentiel. Il contacte alors le duo français, et celui-ci retravaille la forme du spectacle, notamment sa dramaturgie.
Le 8 octobre 1985, Les Misérables fait sa première au Barbican de Londres, dans une mise en scène de John Caird et Trevor Nunn.
Le musical reçoit des critiques mitigées, voire désastreuses. On critique notamment son atmosphère sinistre et l’hécatombe qui se produit sur scène, peu habituelle pour un musical. Pourtant, le bouche-à-oreille positif fonctionne de façon surprenante et plus de 5.000 billets sont vendus dans la matinée suivant la première.
A partir de là commence une longue aventure : une création triomphale à Broadway, un spectacle qui sera joué ensuite dans 311 villes, 42 pays et dans 21 langues différentes, et sera vu par plus de 57 millions de spectateurs sur plus de 45.000 représentations. Les Misérables est désormais le musical à la plus grande longévité de Londres… et du monde, comme il l’annonce lui-même fièrement.

Alfie Boe (Valjean) et Lea Salonga (Fantine) au concert du 25e anniversaire des Misérables, à Londres (c) Regard en Coulisse

Alfie Boe (Valjean) et Lea Salonga (Fantine) au concert du 25e anniversaire des Misérables, à Londres (c) Regard en Coulisse

On n’a pas tous les jours… 25 ans !
Après un dixième anniversaire fêté dignement au Royal Albert Hall, le 25e anniversaire se devait de frapper encore plus fort. Le concert aura donc lieu à l’02 (ex Millenium Dome), immense salle de concert avec une capacité pouvant aller jusqu’à 23.000 spectateurs. Les billets partant comme des petits pains malgré leur prix élevé, une représentation en matinée est rajoutée.
Comme on pouvait s’y attendre, l’ambiance est survoltée, particulièrement à la représentation du soir, avec des fans de tous âges, et du monde entier.
Enfin, plus de mille cinémas dans le monde retransmettent l’évènement.

Nick Jonas (Marius) lors du concert du 25e anniversaire des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

Nick Jonas (Marius) lors du concert du 25e anniversaire des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

Une impressionnante distribution
Pour ce concert exceptionnel, une distribution tout aussi exceptionnelle a été réunie. Pour une grande majorité, les rôles principaux étaient interprétés par des artistes ayant déjà joué Les Misérables à Londres ou à Broadway : Norm Lewis en Javert (Broadway, Londres), Lea Salonga en Fantine (Broadway), Ramin Karimloo en Enjolras (Londres), Nick Jonas en Marius (Londres), Samantha Barks en Eponine (Londres), Katie Hall en Cosette (tournée du 25e anniversaire) et enfin Jenny Galloway en Thénardier (Londres, Broadway, 10e anniversaire).
Au milieu de ces habitués, deux nouveaux venus : Matt Lucas, rendu célèbre par la série Little Britain, incarne Thénardier dans ce spectacle qu’il a toujours rêvé de jouer, selon lui, et enfin, Alfie Boe, ténor lyrique (il a notamment joué dans La Bohème mis en scène par Baz Luhrmann à Broadway) est Valjean.
Ajoutons-y un orchestre dirigé par David Charles Abell et un choeur de plus de 150 personnes (dont de prestigieux « vétérans » des Miz tels que Phil Cavill, qui fut un remarquable Valjean) et le tableau est complet.

La distribution tient ses promesses : Alfie Boe chante magnifiquement le rôle (mais reconnaissons que John Owen-Jones aurait été tout aussi impressionnant, sinon plus), Norm Lewis impose sa présence et son timbre si spécifique, et Matt Lucas semble s’en donner à cœur joie dans la peau de Thénardier.
Enfin, Lea Salonga, après avoir été une superbe Eponine lors du concert des dix ans, se révèle être, quinze ans plus tard, une poignante Fantine.
Seul point faible de cette distribution, Nick Jonas, dont le timbre, tout à fait charmant mais peu puissant, se retrouve noyé au milieu des Boe, Lewis et Karimloo.
La fin du concert réserve forcément quelques surprises. Après les Valjean du monde entier chantant chacun dans leur langue lors du dixième anniversaire, c’est cette fois « seulement » quatre Valjean qui interprèteront « Bring Him Home ». Quatre, mais pas n’importe lesquels : Alfie Boe (le Valjean du concert), Colm Wilkinson (créateur du rôle à Londres et à Broadway), John Owen-Jones (le Valjean de la tournée du 25e anniversaire qui s’est achevée au Barbican de Londres, la veille du concert ) et Simon Bowman (le Valjean actuel du Queen’s Theatre). Une performance vocale tout à fait mémorable…
Le cast original de Londres (quasiment au complet) enchaîne avec un « One Day More » qui montre que Michael Ball (le Marius original) n’a rien perdu de sa puissance.
Le concert s’est conclu avec la participation de plus de deux cents lycéens ayant joué dans des productions scolaires des Misérables. Mackintosh les décrit comme étant le futur du théâtre musical.
Enfin, Boublil, Schönberg et Mackintosh ne manqueront pas, lors de leurs discours, de remercier les nombreux talents qui ont croisé leur route durant cette aventure de 25 ans.

Samantha Barks (Eponine, Alfie Boe (Valjean) et Lea Salonga (Fantine) lors du concert du 25e anniversaires des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

Samantha Barks (Eponine, Alfie Boe (Valjean) et Lea Salonga (Fantine) lors du concert du 25e anniversaires des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

Et demain ?
Un tel évènement se devait, évidemment, d’être immortalisé : le DVD et le Blu-Ray du concert sortiront le 29 novembre 2010.
En fin d’année, la BBC Television diffusera un sujet sur le succès des Misérables, ainsi que sur les coulisses du concert, vues par Matt Lucas.
La version cinématographique des Misérables – dont il était déjà question dans les années 90 – serait à nouveau d’actualité.
La production londonienne entame sa 26e année, quant au reste du monde, signalons notamment une nouvelle production madrilène (à partir du 18 novembre 2010) ainsi qu’une tournée nord-américaine démarrant au Paper Mill Playhouse (New Jersey, à partir du 19 novembre 2010). Ces deux versions seront données dans la mise en scène de la tournée du 25e anniversaire, que le public parisien avait pu voir au Théâtre du Châtelet.
Petit ou grand écran, scènes internationales… Les Misérables semblent encore avoir de beaux jours devant eux.

Le "finale" du concert du 25 anniversaire des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

Le "finale" du concert du 25 anniversaire des Misérables à Londres (c) Regard en Coulisse

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3 commentaires
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  1. Très heureux de la présence de la ptite Katie Hall lors du concert et effectivement Nick Jonas… AIE ! Il semblerait egalement qu’un livre souvenir sur la tournée du 25eme anniversaire réalisé par Lynne Wimot (Mme Thenardier) existe. C’est ce que j’ai pu lire sur son Twitter avec la photo de la couverture.

  2. que puis je dire ? je me considère une ex sociétaie de mackintosh cie, et que j’ai la nostalgie de ce merveilleux travail d’équipe, avec une humilité que certains français devraient copier ! dominique nobles bonstein

  3. Je viens de découvrir le blu-ray du concert et j’avoue qu’en dépit de toutes les réserves que je peux avoir sur la distribution, j’ai été emporté par l’ampleur épique de l’ensemble, magnifiquement rendue par le montage, le son et les images HD (les entrées et sorties des personnages donnent lieu, notamment, à de très beaux plans). Les ensembles sont superbes et tous les seconds rôles assurent. J’ai, en particulier, beaucoup aimé Grantaire.

    Pour les rôles principaux:

    – Eponine et Cosette sont impeccables, les Thénardiers sont hilarants (Jenny Galloway est définitivement « LA » Thénardier), Enjolras est absolument incroyable (c’est la première fois, je dois dire, que je m’intéresse au personnage d’Enjolras).

    – Jean Valjean: c’est sûr, il chante bien, mais il est trop propre sur lui. Il manque vraiment de sauvagerie, de puissance physique. On peine à croire qu’il est capable de soulever une charette à lui tout seul pour sauver Fauchelevent, ou qu’il lui suffit d’un coup de poing pour assommer un Javert de la stature de Norm Lewis.

    – Javert: Norm Lewis a une stature et une voix impressionante mais il est bien trop impulsif, émotif, violent, pour un personnage fondamentalement cérébral qui n’est animé que part la raison (et je trouve qu’il joue tout ça de façon très extérieure). Par ailleurs, quand il porte son grand manteau sombre, on a plutôt bien la silouhette inquiétante de Javert. Mais quand il apparaît chemise blanche ouverte, le fusils à la main, on se dit juste: c’est qui ce grand black très sexy? Et au fait, où est Javert ?

    – Fantine: J’ai adoré Léa Salonga dans Miss Saïgon, je l’ai trouvé très bien en Eponine. Mais je ne comprend pas l’entousiasme de la majeure partie des fans des Misérables pour son interprétation de Fantine. C’est une interprète très fine et sa voix est ravissante mais, pour moi, elle manque singulièrement de rugosité, d’ampleur tragique. Le rôle a été créé par Patti Lupone, c’est sûrement pas pour rien. Salonga est ici trop douce, trop mimi, tout ce qu’elle fait est très bien exécuté mais c’est trop propre, trop joli.

    – Marius: Je reprocherai à Nick Jonas l’inverse de ce que j’ai dit des trois autres. Il a une jolie voix, mais techniquement fragile et pas très volumineuse. De fait, son jeu semble principalement guidé par l’application qu’il met à sortir les notes, en particulier les notes très graves et celles très aigües. C’est un comble me direz-vous pour une comédie musicale et ça explique sûrement la haine qu’il sucite sur certains forums. Par contre, le rôle lui va plutôt bien physiquement, sa maladresse sert assez bien le personnage, et il forme un couple charmant et très crédible avec Katie Hall (Cosette).

    Tout cela étant dit, et accepté, on ne peut que saluer l’énergie et la fougue que mettent Boe, Lewis, Salonga et Jonas dans la représentation. Les Misérables est avant tout une pièce de troupe, et, de ce point de vue, on n’est pas déçu.

    Pour ce qui est des bonus: Le quatuor des Valjean était une belle idée complètement gâchée selon moi par le cabotinage des chanteurs (Simon Bowman moins que les autres). Par contre, la reprise de « One day more » est un moment magnifique qui efface par son impact émotionnel, toutes les critiques qui ont pu nous traverser l’esprit jusque là. Alors pourquoi gâcher son plaisir. Les Misérables en concert, ça reste du grand spectacle !!!

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