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La chauve-souris (Die Fledermaus) – Un bal masqué à Vienne

Le mercredi 15 décembre 1999 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

Johann Strauss ©DR

Johann Strauss ©DR

Opérette en trois actes de Johann Strauss (musique) et Carl Haffner et Richard Genée (livret) d’après « Le Réveillon » d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy.

Création le 5 avril 1874 à Vienne (Autriche)

Principaux airs
Trio de l’acte 1 « Ainsi je dois demeurer seule » ; « Mon cher Marquis » (Adèle) ; Couplets d’Orlofsky ; Czardas de Rosalinde, Duo « 1, 2, 3, 4… » ; « Sa Majesté Champagne »…

Synopsis
Vienne. Adèle, la femme de chambre des von Eisenstein veut rejoindre sa soeur au bal du prince Orlofsky. Sa maîtresse, Rosalinde, ne sait comment se dépêtrer d’Alfred, un amoureux transi qui ne cesse de lui chanter des sérénades. Eisenstein, quant à lui, s’apprête à passer cinq jours en prison pour avoir frappé un gendarme mais veut auparavant se rendre lui aussi à la soirée du Prince. Chacun prépare les heures à venir à l’insu des deux autres.

Chez Orlofsky, le Docteur Falke, responsable des festivités, promet une grande réjouissance avec une pièce comique : La vengeance de la chauve-souris. Dissimulé par un masque, Eisenstein fait la cour à une comtesse hongroise qui n’est autre que sa femme qui, elle, l’a reconnu…

Tout le monde réclame l’histoire de la Chauve-souris. Eisenstein se souvient en effet du jour où il avait fait boire son ami Falke, et l’avait déguisé en chauve-souris, l’obligeant à traverser la ville affublé de ce costume.

La fête bat son plein mais, plus de temps à perdre, Eisenstein doit rejoindre la prison avant minuit. Là-bas, les événements se précipitent, tous les invités de la soirée s’y retrouvent : Adèle veut charmer le directeur, Rosalinde sauver son mari et finalement lui avouer que toute cette soirée n’était qu’une farce organisée de A à Z par Falke : la vengeance de la chauve-souris !

Le thème
La chauve-souris marque à la fois l’apothéose de l’opérette viennoise et celle de l’oeuvre de Johann Strauss. Cette pièce, inspirée du Réveillon dont les auteurs sont Meilhac et Halévy (les librettistes d’Offenbach), triomphe sur toutes les scènes lyriques. Comme La Vie Parisienne d’Offenbach, elle met en scène des personnages contemporains se moquant d’eux-mêmes. Dans un contexte de crise, cette satire des moeurs bourgeoises parut du plus mauvais goût aux Viennois et il fallut attendre le succès à Berlin, Hambourg et Paris pour la consacrer au rang de chef-d’oeuvre. Elle fut créée à Paris en 1877, sous le titre La Tzigane, la scène du Théâtre de la Renaissance n’accueillant que des pièces en costumes ! Et ce n’est qu’en 1904, au Théâtre des Variétés, qu’elle prit sa forme actuelle. Elle est entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 1941 où elle a marqué les débuts, dans le rôle d’Adèle, d’Elisabeth Schwarzkopf.

L’intrigue de La chauve-souris reste difficile à résumer : les nombreux personnages, les quiproquos, les rebondissements en font un véritable vaudeville endiablé. Strauss a composé sa pièce en 43 jours, ayant un véritable coup de foudre pour l’intrigue : sa musique s’en ressent, vive, endiablée, jubilatoire ! Il fixera d’une façon durable les règles de la grande opérette viennoise, à tel point que c’est une des rares à être représentée régulièrement dans les grands opéras.

L’histoire derrière l’histoire
La musique de Strauss est largement inspirée d’hymnes populaires de son pays : les thèmes de La chauve-souris forment un véritable recueil d’airs populaires et de danses du folklore viennois. Même si la forme de l’opérette est classique, Strauss réussit à lui donner une réelle valeur musicale en y intégrant de véritables leitmotivs, des mélodies sollicitant de grandes capacités vocales et une orchestration pleine de trouvailles. On ne peut ignorer, en découvrant cette oeuvre, l’héritage d’Offenbach, apportant la Gaîté Parisienne à l’enthousiasme viennois.

Il est de coutume de représenter cette pièce à l’occasion des fêtes de fin d’année, et plus particulièrement le soir de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre. La soirée chez le Prince Orlofsky est prétexte à créer une soirée inoubliable, avec l’apparition d’invités surprises. Telle une parenthèse au milieu de la pièce, des amis des chanteurs, des humoristes, des attractions se retrouvent sur scène à l’occasion d’un numéro particulier. C’est le cas dans la production du Covent Garden à Londres en 1977 (disponible en vidéo) où l’on voit apparaître notre Charles Aznavour national, poussant la chansonnette sous la baguette de Placido Domingo ! Ces invités surprises font partie des traditions sympathiques que l’histoire de l’opérette à imposées.

Versions de référence
On peut encore trouver des versions françaises de l’ouvrage mais elles sont rares. Pour les puristes, la version de référence reste celle qui réunit Elisabeth Schwarzkopf et Nicolaï Gedda, dirigé par Karajan en 1955, chez EMI.

On peut aussi voir avec plaisir la vidéo du spectacle de Covent Garden, avec Kiri Te Kanawa, dirigée, et c’est une curiosité, par Placido Domingo (mais oui !).

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2 commentaires
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  1. une précision :
    la production du Covent Garden à Londres où l’on voit apparaître Charles Aznavour poussant la chansonnette sous la baguette de Placido Domingo a été enregistrée le 31 décembre 1983 et c’est bien celle où Kiri Te Kanawa est Rosalinde. Je la recommande.

  2. Il n’est interdit de trouver cette version Karajan, par ailleurs bien chantante, un peu trop guindée et sur-raffinée, bref, manquant d’humour.
    Je préfère, pour ma part, celle que dirige Carlos Kleiber avec, entre-autres, une spectaculaire Julia VARADY et une pétulante Lucia POPP…

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