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La jeune fille et la mort

Le jeudi 24 février 2005 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers

Lieu : Sudden Théâtre - 14 bis rue Sainte-Isaure 75018 Paris (Métro Simplon ou Jules-Joffrin)
Dates : du 23 février au 17 avril 2005
Horaires : du mardi au samedi à 21 h, le dimanche à 16 h 30
Informations supplémentaires : 01 42 62 35 00

Une pièce de Ariel Dorfman
Musique : Franz Schubert
Mise en scène et décor : Gérard Malabat
Paulina : Mireille Coffrant
Gérardo : Pascal Germain
Miranda : Vincent Violette

L’action se passe à notre époque, dans un pays d’Amérique du Sud récemment éprouvé par une dictature militaire.
Par une nuit d’orage, Paulina attend fébrilement son mari Gérardo, qui tarde à rentrer. Une panne de voiture l’a retardé, et il a été raccompagné par le Dr Miranda, rencontré au bord de la route. Mais Paulina, ex-résistante, et victime il y a quelques années de tortures infligées par le régime fasciste, croit reconnaître son tortionnaire en la personne du docteur. Elle n’a plus qu’une obsession, lui faire avouer ses crimes. Gérardo, brillant avocat promis à un bel avenir dans la reconstruction du pays sera alors chargé de le défendre. Et cette nuit tourne au cauchemar…
La Jeune Fille et la Mort, huis-clos angoissant et tragique, met en scène une femme détruite, broyée par un régime autoritaire et violent, qui cherche désespérément réparation, justice. L’obtiendra-t-elle ? Des centaines de questions nous assaillent alors même que nous sommes happés par la spirale qui emporte les trois personnages. Cette pièce, intelligente et grave, est d’une étonnante actualité, et pousse le spectateur à s’interroger. Comment écouter les victimes ? Peut-on utiliser les mêmes méthodes que les bourreaux ? Comment un individu, mais aussi un pays peut vivre et panser ses plaies après une dictature sanglante ? Comment rendre la justice ? Il y a une véritable urgence à voir ce spectacle à une époque où le devoir de mémoire est au centre de toutes les polémiques.
La mise en scène, sobre et efficace, met en valeur tous ces questionnements, et les trois acteurs nous offrent là une prestation toute en intensité et en justesse, permettant au spectateur de saisir toute la complexité du sujet et de ressentir leurs doutes, leurs errements et leurs souffrances. La musique de Schubert, grave et gracieuse à la fois, accompagne ce voyage au bout de la nuit, dont on ne ressort pas indemne.

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