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La mécanique de l’Histoire, une tentative d’approche d’un point de suspension (Critique)

Le vendredi 6 octobre 2017 à 8 h 42 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers

Une déambulation où le rêve devient réalité. Un moment rare.

Lieu : Panthéon - place du Panthéon - 75005 Paris
Dates : du 3 au 14 octobre
Horaires : 20h30
Tarifs : de 18 à 36 €
Informations supplémentaires : 01 42 74 22 77

Les manifestations proposées par Monuments en mouvement, ici en programmation avec le théâtre de la Ville – hors les murs – constituent une mine de découvertes, de sensations, dégageant le spectacle dansé du carcan de la salle, de la rue, l’incluant dans une sélection de monuments bien connus, donnant à ces derniers une aura inédite.

La tâche est ardue pour parler de ce spectacle, tant les superlatifs, souvent utilisés à tort et à travers, se bousculent. Il ne faudrait gâter ce spectacle de qualificatifs lourds, lui qui joue si merveilleusement avec l’apesanteur… Pour qualifier peut être cette expérience, sans doute pourra-t-on parler d’une poésie pure, limpide, enveloppante. Un moment rare qui restera sans nul doute gravé dans la mémoire des spectateurs.

La proposition de Yoann Bourgeois, grenoblois de 35 ans, au Panthéon se révèle en tout point remarquable. Conçu comme une déambulation en quatre temps augmentée d’un prologue, les cinq moments vécus par les artistes et le public sont autant de temps forts qui magnifient un édifice à la stature écrasante. La réussite tient à ce que l’artiste, qui pose ici des installations déjà éprouvées ailleurs, bâtit son travail sur le déséquilibre, la chute et surtout le rebond, étudiant méticuleusement ce moment insensé où le corps en total retrouvera – ou pas – l’équilibre.

Le prologue, dialogue inspiré entre le pendule de Foucault et une danseuse, joue sur un minimalisme idéal, le trajet de l’objet faisant écho avec celui de l’artiste. A peine le spectacle débuté, voilà le spectateur plongé dans une rêverie, une sérénité indescriptible. Cela grâce à cette architecture chorégraphiée subtile, soulignée par de belles lumières, un enveloppement sonore idoine et un aspect visuel qui sera commun à chacun des quatre chorégraphies. Ces dernières, qu’elles soient interprétées en duo mixte, en un solo féminin avec la Balance de lévité, que Yoann Bourgeois a mis au point depuis quelques années et qui s’enrichit ici d’une douceur inouïe. Ceints dans un rond, comportant à chaque fois un dispositif ingénieux, les propositions entre danse, cirque, théâtre, provoquent un sentiment rare, celui d’accéder à un monde irréel. Un univers à portée de regard et d’émotion, à ne surtout pas laisser passer.

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