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La vie parisienne – On va s’en fourrer jusque là !

Le mardi 1 février 2000 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

<i>La vie parisienne</i> ©DR

La vie parisienne ©DR

Opéra-Bouffe de Jacques Offenbach (musique) et Henri Meilhac et Ludovic Halévy (livret) en 5 actes

Création
Le 31 octobre 1866, au Théâtre du Palais-Royal.
Version définitive en 4 actes, représentée pour la première fois le 25 septembre 1873 au Théâtre des Variétés.

Principaux airs
Je suis Brésilien (Rondeau du Brésilien), Ce que c’est pourtant que la vie (Triolet de Gardefeu), Je veux m’en fourrer jusque là (le baron); Je suis le major (Frick); Frou-frou (Gabrielle); Je suis veuve d’un colonel (Gabrielle), Son habit a craqué dans le dos….

Synopsis
A la gare Saint-Lazare, Bobinet et Gardefeu se font éconduire par Metella, une demi-mondaine, qui les a séduits tous deux. Les deux hommes, jaloux l’un de l’autre, finissent par se réconcilier et se promettent mutuellement de ne plus se faire avoir par les femmes. Gardefeu rencontre son ancien domestique qui est devenu guide pour le Grand Hôtel et qui attend un couple de Suédois venu visiter Paris. Il le prend comme guide, et conduira les touristes qui arrivent à l’instant : la baronne est très belle, voilà notre ami de nouveau amoureux.

Gardefeu conduit son couple de Suédois chez lui, recevant des consignes très claires du Baron qui veut « s’en fourrer jusque là ! » et surtout rencontrer la femme remarquable dont on lui a parlé : Metella ! Mais avant tout, il lui faut une table d’hôte ! Gardefeu convainc sa gantière et son bottier de dîner chez lui avec leurs amis du quartier, en se faisant passer pour la veuve d’un colonel et pour le major Edouard. Il a enfin sa table d’hôtes, et la soirée s’annonce étonnante.

Bobinet, quant à lui, est chargé d’organiser une soirée dans le grand monde pour le baron le lendemain même, afin de permettre à Gardefeu de conduire la baronne à l’opéra et de tenter de la séduire. Là encore, la soirée est organisée par les domestiques de Bobinet, accompagnés des nièces de la concierge, qui vont griser et malmener notre baron toute la nuit.

Au Café de Paris, le baron s’aperçoit dés le lendemain qu’il s’est fait berner par tout ce petit monde et il veut tuer Gardefeu et Bobinet, sous les yeux d’un Brésilien riche à millions qui s’est épris de Gabrielle, la jolie gantière. Metella réussit au dernier moment à réconcilier le Baron et la Baronne, retourne au bras de Gardefeu et Bobinet, et la fête s’achève à l’occasion des fiancailles du Brésilien et de Gabrielle !

Le thème
Après avoir dissimulé la satire derrière les dieux de l’Olympe (Orphée aux Enfers) et les mythes de la Grèce ancienne (La belle Hélène), Offenbach se sentait prêt à faire tomber les masques : il montrerait le ridicule des viveurs et jouisseurs de son temps.

La musique est étourdissante, elle nous presse, nous bouscule, nous laisse hors d’haleine. « Tout tourne, tout danse », voilà le leitmotiv de la pièce. C’est une synthèse qui marie la qualité de l’opéra-buffa à l’actualité du théâtre satirique français, et cet ouvrage en est le point fort. Avec La vie parisienne, Offenbach s’affirmait définitivement le maître de Paris. La pièce fut un triomphe et resta à l’affiche plus d’un an. Son succès ne s’est jamais démenti.

L’histoire derrière l’histoire
La vie parisienne fut créée pour et par la troupe du Palais-Royal. Offenbach qui craignait un peu le manque de vrais chanteurs dans cette troupe de réussit malgré tout à faire engager la divette Zulma Buffar pour interpréter le rôle de Gabrielle.

La première eut lieu dans un climat de panique, aucun des chanteurs ne croyant au succès de la pièce : pourtant, ce fut un triomphe et des records de recettes furent atteints !

Aujourd’hui, tous les metteurs en scène se permettent d’adapter cette pièce à leur convenance. Alain Marcel a ainsi choisi de faire se dérouler le dernier acte ? à l’origine dans les cabinets particuliers du Café de Paris ? dans les urinoirs de ce même Café de Paris !

Versions de référence
A ne pas manquer : l’interprétation de Madeleine Renaud, Jean-Louis Barrault, Simone Valère, Suzy Delair et Jean Desailly. Une vraie réussite que ces quelques extraits, chantés, joués à ravir. Une curiosité mais aussi une page d’histoire du théâtre (Musidisc 206142 enreg. 1959, réédité 1997)

L’incontournable enregistrement de Michel Plasson avec Mady Mesplé, Michel Sénéchal et Régine Crespin. Moins exhaltant mais on peut écouter l’ouvrage dans son intégralité. (EMI)

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