Recherchez

Laurent Ban – Double jeu

Le samedi 1 décembre 2001 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Laurent Ban ©DR

Laurent Ban ©DR

Laurent Ban, comment avez-vous démarré votre parcours artistique ?
Au début, j’étais graphiste. Depuis tout petit jusqu’à l’âge de 17 ans, je peignais, je faisais des expos. Et puis du jour au lendemain, pour une fête de lycée, je suis tombé sur la vidéo de Starmania. A l’époque, j’étais à Bar-le-Duc et peu de monde connaissait la version de 1989. J’ai donc visionné cette cassette et j’ai décidé de chanter « SOS d’un terrien en détresse »… Tout a commencé là ! J’ai apprécié le partage immédiat, le donné pour le rendu dans la relation avec le public, contrairement au dessin ou à la peinture où tu travailles tout seul chez toi et tu n’obtiens un résultat qu’au bout de six mois quand tu fais une expo. Ainsi a commencé l’histoire, j’ai chanté dans des groupes de styles très différents : jazz, hard-rock, soul… Parallèlement à ça, j’ai fait le Conservatoire d’Art Dramatique de Nancy. Ce qui m’intéressait, c’était le mélange des genres. J’avais envie d’avoir un parcours complet combinant le chant et la comédie. Ca vient sans doute de mon expérience en arts plastiques, j’aime bien que la forme ait un rapport avec le fond. Quand tu chantes quelque chose, c’est important de savoir ce que tu dis, et de le jouer, c’est une chose que tu retrouves vraiment dans la comédie musicale.

Vous en avez d’ailleurs composé une ?
J’ai composé la musique d’un opéra-rock à Nancy, avec un ami chorégraphe et auteur. On était une troupe d’une vingtaine de personnes et on a monté Les Ecus de Sobieski, qui a eu son succès là-bas. Ca m’a donné une dynamique de création et une envie d’aller plus loin et je suis « monté à Paris » en me donnant un an pour faire toutes les auditions…

C’est court…
A l’époque, je ne m’en rendais pas compte ! D’autant plus que je lâchais tout pour une ville qui, vue de province, paraît énorme et anonyme, et en plus, pour un domaine artistique très fermé et peuplé de requins… J’ai eu la chance de réussir la première audition que j’ai passée. C’était avec Alfredo Arias pour Peines de coeur d’une chatte française.

Comment s’est passée cette expérience avec Arias ?
Arias est quelqu’un de très attachant, et en même temps, c’est un peu une diva ! Il peut partir dans un truc complètement fou et il faut le suivre. Si tu passes le cap où il te met à rude épreuve, tu peux aller plus loin. Mais ça s’est très bien passé. J’ai appris plein de choses, comme gérer une tournée qui a duré un an et demi, avec une troupe mi-française, mi-italienne. Et puis jouer à Venise – qui est la ville du masque – un spectacle masqué comme Peines de coeur, c’est une expérience inoubliable.

Puis vous avez enchaîné assez rapidement sur Notre Dame…
Oui, tout s’est enchaîné très rapidement… Je suis très fier de faire ce spectacle, et symboliquement, Plamondon, c’est un peu celui qui m’a donné envie de faire ce métier. Je pense que Notre Dame a été le précurseur en matière de renouveau des comédies musicales à la française. Il y a du bon et du moins bon, mais tous ces spectacles ont le mérite d’ouvrir l’esprit du public français qui a boudé un peu ce domaine pendant de nombreuses années. Je pense que Notre Dame a ouvert une voie même si je suis aussi fan de comédies musicales anglo-saxonnes.

Quels sont vos goûts en matière de comédies musicales ? Il y a des rôles qui vous fascinent particulièrement ?
J’ai un faible pour Jesus Christ Superstar. C’est un peu kitsch mais il y a des morceaux sublimes… et « Gethsemane » est un morceau qui m’a porté bonheur à chaque audition ! C’est à dire très vocal et en même temps, tu peux vraiment le jouer. J’aime aussi beaucoup Jekyll & Hyde, même si j’aime moins les morceaux un peu langoureux à la Whitney Houston. Et puis bien sûr, des classiques comme Les Misérables… Quant aux rôles… Jésus ou Judas… Maintenant, je suis habitué à avoir soit les cheveux longs, soit les cheveux courts !

Justement, ce n’est pas trop difficile d’alterner deux rôles assez différents comme Gringoire et Phoebus ?
C’est dur quand tu dois jouer les deux rôles dans le même journée, l’un en matinée et l’autre en soirée. Là, tu dois jongler dans ton esprit. Depuis le début du spectacle, je joue en moyenne cinq fois par semaine mais avec les deux rôles. Il m’arrive de les alterner un soir sur deux. Et pour instaurer un personnage avec des marques bien précises, j’ai besoin de le jouer plusieurs fois d’affilée. Donc, au début, je cherchais un peu, mais maintenant, c’est très excitant… En tout cas, je déteste faire quelque chose de trop établi. Si un jour, il doit se passer quelque chose avec les danseurs ou d’autres comédiens, j’ai envie d’aller dans ce sens-là, d’interagir avec ces personnes car l’occasion se présente. Je suis contre le principe de suivre un schéma pré-établi, d’avoir un vibrato à tel moment précis d’une chanson. Il faut pouvoir évoluer et prendre du plaisir.

Articles liés :

Patrick-Laurent Martel - Un parfum de Broadway en Vendée
Une soprano remporte la quatrième édition du Spotlight !
Du théâtre musical gratuit à Montréal
Hair prolonge, Fabian Richard reprend le rôle de Claude
La troupe originale de "Notre Dame de Paris" à Bercy en décembre
Comédies Musicales Story, bientôt sur scène !

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags : ,

Laisser un commentaire