Recherchez

Laurent Bàn – L’aviateur prend son envol

Le dimanche 1 juillet 2007 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Laurent Bàn ©DR

Laurent Bàn ©DR

A quand remonte votre premier contact professionnel avec l’Asie ?
En janvier 2005, la production de Notre Dame de Paris m’a demandé de faire partie d’une distribution internationale. Ils ont réuni des gens qui avait joué dans ce spectacle dans des lieux et à des moments différents. Il y avait quatorze nationalités dans la troupe : notamment des Canadiens, des Français et des Italiens pour les rôles principaux, mais aussi des Russes ou des Anglais parmi les danseurs. Nous sommes donc partis à Séoul par le biais d’une coproduction coréenne dont l’objectif est de faire découvrir le musical français. A Séoul, il y a déjà un quartier avec des théâtres. Ils connaissent Phantom of the Opera, Jesus Christ Superstar ou encore Jekyll and Hyde, mais ils ne connaissaient pas le musical français, alors qu’ils apprécient la langue. Nous sommes donc partis faire la première de Notre Dame de Paris à Séoul et à Taipei et ça a été un succès retentissant, avec là-bas un impact identique à celui de la création française. Depuis, la Corée a sa propre production de Notre Dame, en coréen cette fois.

Comment expliquez-vous cet engouement ?
Je crois que le public est sensible à la sonorité de notre langue et a plaisir à l’entendre. Des spectateurs reviennent plusieurs fois et apprennent les chansons en phonétique. Et puis pour eux, la France est porteuse d’une image romantique. Ils apprécient beaucoup le romantisme, dans sa vision du 19e siècle de souffrance dans l’amour. Notre Dame se prête très bien à ça.

Comment est le public ?
Il est très chaud et très démonstratif. Moi qui pensais trouver un peuple calme et timide, j’ai été confronté à une orgie de hurlements et des réactions très vives, à tel point qu’à la première, le service de sécurité n’était pas habitué à ce type de comportements, beaucoup plus habituel chez nous ! A l’aéroport, il y avait des chorales qui nous accueillaient. On vit dans un star system pendant deux ou trois mois… et après on rentre en France, où tout se passe beaucoup plus calmement ! Ca permet d’avoir du recul ! En tout cas, ça reste toujours ludique et drôle à faire.

Le public est-il très féminin ?
…voire exclusivement féminin ! Et de tous âges, de la jeune fille en socquettes à la femme d’affaires !

Vous avez aussi donné des concerts là-bas…
Les tournées étant proches les unes des autres, j’ai eu envie de profiter d’un battement de six mois pour avoir quelque chose à défendre. C’est donc à ce moment-là que j’ai enregistré mon album Ante, sur lequel je reprenais des airs que j’avais déjà chantés sur scène auxquels j’ai ajoutés des morceaux plus rock et plus persos. Un producteur était intéressé pour produire des concerts à Séoul. Depuis, j’ai fait des concerts en Europe, dans une formule acoustique facilement exportable.

Venons-en à l’aventure du Petit Prince qui a commencé pour vous dès la création en 2002. Quel regard rétrospectif avez-vous sur ce spectacle ?
Le Petit Prince est arrivé à un moment où ce type de spectacle commençait à être remis en cause. On était un peu une deuxième génération qui venait après Notre Dame de Paris et Roméo et Juliette. Le Petit Prince, ça a été une vraie source de plaisir. J’ai tout de suite aimé ce côté conte philosophique qui n’est pas forcément destiné aux enfants. Je trouvais l’ensemble homogène, fidèle à l’oeuvre, bien qu’un peu long, mais ne faisant pas de concessions et n’ayant pas de volonté de faire des tubes commerciaux. Ca a été l’occasion de rencontrer une superbe équipe, de vivre une histoire très belle. A la création, je jouais le Vaniteux, mais je jouais aussi l’Aviateur régulièrement, donc j’avais plusieurs choses à défendre. Ca n’a été que du bonheur et quand on m’a proposé de repartir, je me suis décidé les yeux fermés.

Parlez-nous de ce personnage de l’Aviateur…
Dans Le Petit Prince, tout sort de l’esprit de l’Aviateur : c’est lui qui raconte, qui crée tous les personnages, y compris le Petit Prince qui est en quelque sorte une projection de lui, enfant. C’est un personnage paradoxal : c’est un baroudeur qui risque sa vie, il a ce côté fort, viril, associé à l’imagerie de l’aviateur du début du siècle. En même temps, il a une capacité d’émerveillement, d’attendrissement, et de philosopher sur sa perception de la vie.

Est-ce qu’un spectacle comme celui-là, justement un peu moins « commercial » que les autres, peut parler aux spectateurs asiatiques ?
Au contraire, je trouve qu’il se prête complètement, si ce n’est plus, à un esprit oriental. Je pense que là-bas, on est très porté sur les questionnements existentiels. C’est une façon de vivre. De plus, tout le monde connaît le livre, que ce soit en Chine ou ailleurs. Notre challenge est de réussir à aller plus loin que l’esprit du livre et de correspondre à l’image qu’ils en ont.

Comment appréhendez-vous cette tournée ?
Ca va être une partie de plaisir ! Je pars avec des gens qui ont quasiment tous déjà joué dans ce spectacle à sa création. Ce sont des gens que j’adore et avec qui j’ai gardé des contacts presque quotidiens depuis quatre ans. Ca va être une belle aventure.

Articles liés :

Bruno Fontaine - Il connaît la chanson !
Galerie photos : Répétitions de la grande fête du théâtre musical
Vidéo : Dirty Dancing par Christine Bonnard et Andy Cocq
Les artistes de Comédie Musicale chantent pour le Japon
Portes ouvertes au Studio International des Arts de la Scène
Les Grandes Voix des comédies musicales chantent pour les enfants malades

Partager cet article

  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • MySpace
  • RSS
  • Twitter
Tags :

Laisser un commentaire