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Laurent Bàn – Laurent Bàn sera la voix française du Fantôme

Le samedi 1 janvier 2005 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Laurent Ban et Cécilia Cara ©DR

Laurent Ban et Cécilia Cara ©DR

Peut-on faire un point sur la ou les versions françaises ?
Il existe en fait deux traductions. L’une de Stéphane Laporte, que nous avons enregistrée à Londres au Palace Theatre et qui sera destinée au marché francophone (Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada). Une autre, de Michel Guillaume, a servi pour la version française enregistrée à Paris chez Dubbing brothers. C’est celle que vous pourrez entendre au cinéma. Le casting est différent pour chacune de ces versions* à l’exception de trois rôles : Cécilia Cara incarne Christine, Patrick Rocca l’un des directeurs et moi le Fantôme.

Comment s’est déroulé le travail ?
Tout a commencé par un casting orchestré entre autre par l’un des assistants d’Andrew Lloyd Webber : Simon Lee. J’étais plus que ravi d’avoir été choisi pour incarner ce personnage torturé, à la sensibilité d’écorché, offrant une belle palette d’émotions à interpréter, le rêve de tout chanteur-acteur. J’ai écouté le CD du film avant de travailler une semaine avec Simon, qui m’accompagnait au piano, pour caler les expressions françaises sur la partition. Le courant est immédiatement passé entre nous. C’est d’abord la version enregistrée à Londres que nous avons faite, dans un studio d’enregistrement de disques. Je découvrais des bouts de film sur un écran de télévision ; c’est avec cet outil que nous devions caler la synchro. Je n’ai vu le film dans son intégralité qu’à l’occasion de l’avant-première londonienne, en présence de Sir Andrew Lloyd Webber.

Qu’avez-vous pensé du film ?
Je suis entré dans cette histoire immédiatement, comme un gosse et la mise en scène de Joel Schumacher m’a beaucoup plu, tout comme le style rococo du film. Dès le « dépoussiérage » du théâtre dans la séquence d’ouverture, j’avais quitté le monde réel ! Il faut dire que, à ce jour, je ne connaissais cette oeuvre que par le disque, je n’avais jamais eu la chance de voir The Phantom sur scène. Il faut dire aussi que, durant la projection, j’ai porté une attention particulière au rôle que je devais incarner en français en me disant : « tu as intérêt à être à la hauteur ». Le grand écran m’a permis de comprendre davantage le jeu de Gerard Butler.

Quelles directions artistiques vous a-t-on données ?
L’adaptation au cinéma a privilégié le jeu au détriment d’un chant trop démonstratif. C’est-à-dire que des parties qui sont intégralement chantées sur scène peuvent être jouées, les acteurs ne suivent pas à la note près la partition. C’était une volonté d’Andrew Lloyd Webber, qui a assisté à toutes les étapes de la fabrication du film, et du réalisateur. Plutôt que de recopier l’oeuvre théâtrale au cinéma, ils ont profité de la présence de la caméra, des gros plans, pour miser sur le talent des acteurs et donner une autre lecture de l’oeuvre. Si vous écoutez la bande son du spectacle et celle du film, vous obtiendrez deux interprétations différentes, qui s’enrichissent mutuellement. Pour en revenir à votre question, il a donc été question d’interprétation plus que de respect scrupuleux des notes. C’était un sacré défi. Me glisser d’une part dans la peau du personnage et en plus dans celle de son interprète est un exercice passionnant. Quoi qu’il en soit, cette partition constitue un défi en elle-même : vocalement complexe, avec des mélodies compliquées et des variations dans le jeu. En effet, le fantôme peut passer en un éclair d’un éclat de rire enfantin à une furie dévastatrice. De toute manière, j’adore les défis !

Et l’enregistrement en France ?
J’ai donc retrouvé Cécilia qui a repris le rôle de Christine. Oubliez la « Juliette » que vous avez pu applaudir sur scène, elle va vous étonner dans ce rôle. Sa voix a gagné en maturité, son dynamisme nous a tous bluffés. Elle possède une énergie insoupçonnée qui va surprendre. Cette version s’est faite dans un studio de doublage classique, avec un grand écran et la traditionnelle bande rythmo qui permet de vérifier le synchronisme. Comme cette traduction de Michel Guillaume n’a rien à voir avec celle de Stéphane Laporte, cet enregistrement fut un nouveau défi. J’aurais bien aimé pouvoir peaufiner davantage, mais les délais ne nous l’ont pas permis. Une chose est sûre : que ce soit pour l’un ou pour l’autre, ces enregistrements avec leurs méthodes différentes ont représenté deux expériences très enrichissantes, d’autant que l’ambiance avec l’une ou l’autre des équipes s’est révélée excellente. Le CD de la version française va sortir, ce qui nous fait à tous très plaisir.

Comment percevez-vous le personnage du fantôme ?
Dans une carrière, c’est magnifique de pouvoir incarner un rôle aussi riche dramatiquement. C’est un salaud qui ne l’est pas, il reste ambigu et touchant. Fou ? C’est certain mais pétri de tellement de douleur qu’il en devient vite émouvant. Ce personnage permet d’aller fouiller en soi des sentiments très forts. J’adore les grands moments de lyrisme qui le caractérisent. Loin d’être démonstratif, c’est avant tout un rôle romantique.

Et le Fantôme sur scène ?
Lorsque l’on m’a présenté Sir Andrew Lloyd Webber à Londres, il a dit avec un sourire qu’il aimerait voir le casting français sur scène. Formule de politesse ? Sans doute, il n’empêche que je rêverais d’interpréter ce rôle au théâtre.

*voici les deux castings :

Version enregistrée à Londres (Palace Theater)
Adaptation Stéphane Laporte

Fantôme : Laurent Bàn
Christine : Cécilia Cara
Raoul : Fabian Richard
Meg : Julie Victor
Carlotta : Agnès Bove
Madame Giry : Ariane Pirie
André : Jérôme Pradon
Firmin : Patrick Rocca
Bouquet : Franck Vincent

Version enregistrée à Paris (Studios Dubbing Brothers)
Adaptation Michel Guillaume

Fantôme : Laurent Bàn
Christine : Cécilia Cara
Raoul : Damien Sargue
Meg : Rachel Pignot
Carlotta : Anne Sophie Domergue
Madame Giry : Christine Delaroche
André : Bernard Alane
Firmin : Patrick Rocca
Piangi : Pierre-Yves Duchesne
Bouquet : Renaud Marx

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