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Le Docteur Miracle (Critique)

Le lundi 30 septembre 2019 à 9 h 14 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre Marigny (Studio Marigny) - 1, avenue Marigny - 75008 Paris - Mo Champs-Élysées Clémenceau.
Dates : Du 26 au 29 septembre.
Horaires :

Opérette de Charles Lecocq.
Livret de Léon Battu et Ludovic Halévy.
Mise en scène: Pierre Lebon.
Avec Makeda Monnet (Laurette), Lara Neumann (Véronique), Laurent Deleuil (le podestat), David Ghilardi (Pasquin/Silvio), Pierre Lebon (l’assistant), Martin Surot (piano).

RésuméLaurette et Silvio, fringant capitaine de la garnison de Padoue, sont amoureux. Mais le père de la jeune fille, le podestat de la ville, s’oppose catégoriquement à leur mariage. C’est sans compter sur les talents de comédien et de cuisinier du rusé prétendant. A l’occasion d’une fête foraine qui plante ses tréteaux sous les fenêtres du palais, Silvio, sous le déguisement d’un inquiétant charlatan, se jouera de l’autorité paternelle et de ses angoisses hypocondriaques, faisant triompher le seul vrai miracle qui soit : celui du théâtre et de l’amour.

Notre avis: Quelques mois après l’ouverture des Bouffes-Parisiens, Jacques Offenbach organise en juillet 1856 un concours de composition qui fait grand bruit. Les finalistes sont appelés à écrire une partition sur un livret imposé, Le Docteur Miracle, dont l’argument s’inscrit dans la tradition des œuvres comiques du XVIIIe siècle. Rétrospectivement, le palmarès du concours prouve la clairvoyance du jury et la qualité de l’idée d’Offenbach : Georges Bizet et Charles Lecocq, deux figures appelées à régner sur l’opéra français dans la seconde partie du XIXe siècle, sortent vainqueurs ex æquo de l’épreuve.

La réussite du spectacle mis en scène par Pierre Lebon tient surtout au plaisir de la redécouverte de cette pièce de Lecocq très rarement donnée et à la qualité des interprètes. Du point de vue de la mise en scène, le bilan est plus mitigé.

Un entassement de caisses au centre de la scène et une grande échelle définissent l’espace de jeu. Sur les côtés, d’autres caisses servent de sièges pour les comédiens quand ils ne jouent pas. Tous les personnages sont habillés en rouge. Cette construction esthétique prend le pas sur la narration.

En mettant les coulisses à vue, le spectateur est régulièrement distrait par les chanteurs qui, partitions en main, préparent leur prochaine intervention ou regardent le spectacle en se désaltérant, détournant ainsi notre attention de ce qui se joue au centre de la scène. Le parti pris des costumes monochromes brouille la lecture : on ne fait pas la différence entre Silvio habillé en militaire et Silvio déguisé en Pasquin… c’est dommage puisque c’est la base de l’intrigue ! D’autre part, la mise en scène va chercher l’énergie et l’effet comique dans une hystérie collective plus que dans la finesse et l’élégance du livret. Bref, les effets visuels sont très soignés, mais on peine à suivre l’histoire.

Heureusement, cette lacune est largement compensée par une interprétation sans faille de Makeda Monnet (Laurette), Laurent Deleuil (le podestat), Lara Neumann (Véronique) et David Ghilardi (Silvio). Les soli sont superbes et les ensembles vocaux parfaitement équilibrés. Et on ne boudera pas notre plaisir dans le « quatuor de l’omelette », point d’orgue de la pièce, magnifiquement interprété par les quatre solistes et remarquablement éclairé par Bertrand Killy.

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