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Le Docteur Miracle (Critique)

Le jeudi 16 mars 2017 à 16 h 04 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre le Ranelagh - 5 rue des Vignes - 75016 Paris
Dates : mardi 14 mars à 20h30 - dimanche 19 mars à 11h30
Tarifs : de 13€ à 20€
Informations supplémentaires : 01 42 88 64 44

le-docteur-miracleopérette de Georges Bizet
livret de Léon Battu et Ludovic Halévy
direction musicale: Françoise Tillard
Mise en scène: Renaud Boutin

avec:
Clementine Bourgoin : Laurette
Marion Gomar : Véronique
Renaud Boutin : le Podestat
Charles Mesrine : Paquin/Silvio

Françoise Tillard piano
Francine Trachet : violon
Etienne Lamaison : clarinette

RésuméLaurette et Silvio, fringant capitaine de la garnison de Padoue, sont amoureux. Mais le père de la jeune fille, le Podestat de la ville, s’oppose catégoriquement à leur mariage. C’est sans compter sur les talents de comédien et de cuisinier du rusé prétendant. A l’occasion d’une fête foraine qui plante ses tréteaux sous les fenêtres du palais, Silvio, sous le déguisement d’un inquiétant charlatan, se jouera de l’autorité paternelle et de ses angoisses hypocondriaques, faisant triompher le seul vrai miracle qui soit : celui du théâtre et de l’amour.

Notre avis: Afin de révéler de nouveaux talents, Jacques Offenbach, alors compositeur à succès et directeur du théâtre des Bouffes-Parisiens, décide d’organiser à l’été 1856 un concours d’opérette dans lequel de jeunes compositeurs ont pour objectif d’écrire la musique d’un livret écrit par Léon Battu et Ludovic Halévy : Le Docteur Miracle. Parmi les soixante-dix-huit candidats, deux remportent le premier prix ex-aequo : Charles Lecocq (24 ans) et Georges Bizet (18 ans). Les deux œuvres seront jouées en alternance en avril 1857 mais seront un échec, quitteront l’affiche après seulement onze représentations chacune et sombreront dans l’oubli. Si Charles Lecocq continuera avec succès dans le domaine de l’opérette composant entre autres la fameuse Fille de madame Angot, Georges Bizet délaissera ce répertoire pour se tourner vers l’opéra et l’opéra-comique.
Cette pièce en un acte s’articule autour d’une trame vaudevillesque très classique. Un père s’oppose à l’union de sa fille avec un militaire dont elle est amoureuse. Les jeunes amants refusant de se plier à l’autorité paternelle vont user de subterfuges pour réussir à se voir à la barbe du père et de la belle-mère. L’intrigue est simple et convenue mais très efficace. Le texte est écrit avec élégance et les effets et rebondissements très bien tournés.
La mise en scène de Renaud Boutin s’appuie sur une esthétique très forte inspirée des tableaux de René Magritte qui par l’absurde met en valeur l’aspect théâtral de l’œuvre. Les musiciens sont les premiers à intervenir, ils présentent l’œuvre puis pénètrent littéralement dans le décor pour s’y intégrer et se fondre dedans. De simples photos remplacent certains accessoires alors que d’autres, plus imposants comme un cadre de tableau, un trône, un escabeau ou une lampe servent à définir l’espace. Les lumières douces et chaleureuses de Pierre Daubigny dans le cadre magnifique du théâtre du Ranelagh finissent de donner au spectacle une touche poétique très belle.
Pendant l’ouverture musicale, les comédiens posent l’intrigue par le biais d’une scène mimée particulièrement belle et réussie. Ensuite chacun développe son personnage au gré des subtilités du livret et de la musique. Tous interprètent avec beaucoup d’humour et de précision des personnages hauts en couleur : Renaud Boutin en podestat autoritaire et naïf et Marion Goumar dans le rôle de Véronique, l’épouse du podestat, Clémentine Bourgoin dans celui de Laurette, la jeune ingénue et Charles Mesrine en Silvio, le jeune capitaine amoureux de Laurette. Ce dernier dévoile avec l’évolution de son personnage une large palette de jeu faisant preuve d’autant d’aisance dans la bêtise de ses premières interventions que dans le romantisme de son duo avec Laurette.
La qualité théâtrale s’accompagne d’une qualité musicale remarquable. Les solistes rivalisent de talent et les trois musiciens (Françoise Tillard au piano, Francine Trachet au violon et Etienne Lamaison à la clarinette) délivrent un accompagnement riche et équilibré offrant au public d’excellentes conditions pour découvrir cette œuvre. Parmi les pépites musicales, on retiendra surtout le quatuor de l’omelette véritable point d’orgue de la pièce.

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