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Le Mikado (Critique)

Le mercredi 24 janvier 2018 à 18 h 03 min | Par | Rubrique : A l'affiche, Critique, Théâtre musical

Lieu : Auditorium Saint Germain - 4 rue Félibien - 75006 Paris - M° Mabillon ou Odéon
Dates : 17 et 18 février 2018
Horaires : samedi 17 février à 20h - dimanche 18 février à 17h
Tarifs : de 15€ à 25€
Informations supplémentaires : 06 66 83 11 40 - http://www.groupe-lyrique.com

le-mikadoopérette en 2 actes d’Arthur Sullivan sur un livret de William Gilbert
nouvelle version française de Gilbert Lemasson

direction musicale: Laurent Zaïk
mise en scène: Renaud Boutin

avec: Jérôme Deltour, Didier Chalu, Alain Giron, Bernard Zakia, Mathieu Guigue, Nora Ketir, Catherine Simon-Vermot, Sophie Casasnovas, Michèle Plocoste et Gaël Rougegrez.
Choeur Le Groupe Lyrique
Orchestre Bernard Thomas

Résumé: Dans le Japon de fantaisie où nous entraînent les auteurs, les lois sont aussi bizarres que cruelles : on y est condamné à mort pour flirt ! C’est ce qui est arrivé dans la commune de Titipu au pauvre tailleur Ko-Ko, mais la ville s’oppose à la sévérité du Mikado en nommant Ko-Ko « Haut-bourreau-en-chef ». De cette façon, toute exécution cesse, puisque le nouveau promu ne saurait se couper la tête lui-même. Mais on annonce la venue du grand Mikado, empereur du Japon : il souhaite assister à une exécution capitale (son péché mignon). Comment le satisfaire quand on est un bourreau novice et incompétent, qu’on n’a aucun condamné, ni même de volontaire à se mettre sous le sabre ? De plus, voilà que sa propre fiancée est amoureuse d’un jeune musicien ambulant…
Entre les manigances et déclarations d’amour délirantes et rocambolesques du livret de William S. GILBERT, laissez-vous emporter par la somptueuse musique d’Arthur SULLIVAN jusqu’à un dénouement aussi drôle qu’inattendu.

Notre avis (critique publiée lors des représentations d’avril 2017): A la fin du XIXème siècle et pendant plus de vingt ans, l’opérette anglaise a été dominée par les productions du duo formé par le compositeur Arthur Sullivan et le librettiste William Gilbert qui livrèrent pas moins de quatorze œuvres entre 1871 et 1896. Leur plus gros succès fut sans conteste Le Mikado qui fut créé en 1885 et connut 672 représentations au Savoy Theatre. S’il est assez méconnu en France, il reste encore aujourd’hui très célèbre dans le monde anglophone.

Un tel spectacle qui a été écrit pour émerveiller par la flamboyance des décors et des costumes semble difficile à monter par une troupe amateur aux moyens forcément limités. Et pourtant la mise en scène de Renaud Boutin arrive très intelligemment à contourner les problèmes. Il ne cherche pas à montrer le Japon, mais plutôt à le suggérer. Il n’y a que très peu de décors et c’est par l’éclectisme des formes théâtrales qu’il créé l’ambiance d’un Japon imaginaire, un Japon de théâtre. Il mêle danse, marionnettes, clowns au théâtre musical traditionnel. L’orchestre est sur scène et toute l’action se joue devant lui. Le chœur est tel un chœur antique, il semble là pour regarder l’action et la commenter plus que pour y participer. Un danseur (Gaël Rougegrez) ponctue avec beaucoup de grâce la dramaturgie, il met en exergue les moments forts, il accompagne certains personnages. De très belles marionnettes manipulées par le chœur posent l’intrigue avant de laisser place aux comédiens et reviennent en conclusion du spectacle.
L’ensemble est très cohérent et offre un spectacle d’une très grande richesse.
Les magnifiques costumes de Cécilia Delestre empruntent autant à l’esthétique traditionnelle japonaise qu’au cirque ou au manga. Cela accentue le côté délirant du Japon imaginé par Gilbert et Sullivan. Avec les très belles lumières de Pierre Daubigny cela donne un spectacle visuellement magnifique.

L’orchestre dirigé par Laurent Zaïk est excellent et soutient avec beaucoup de dynamisme le chœur et les solistes. Le chœur, uniquement composé d’amateurs, est d’une rare qualité, il est parfaitement homogène et équilibré.
Les solistes défendent leurs personnages avec conviction et humour. S’ils accusent parfois quelques faiblesses au niveau du rythme de jeu, ils forment une troupe soudée et convaincante. On retiendra tout particulièrement la prestation du baryton Mathieu Guigue qui fait preuve d’une aisance vocale et théâtrale remarquable.

Le spectacle est présenté dans une nouvelle version française qui nécessita plus d’un an de travail à Gilbert Lemasson et qui respecte au-delà de la simple traduction l’intrigue, l’humour anglais ainsi que les nombreuses subtilités du texte original qui joue beaucoup des assonances, des rimes, des allitérations.
Tous ces talents conjugués nous permettent de passer une excellente soirée.

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