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Le Retour d’Ulysse (Critique)

Le samedi 16 mars 2019 à 9 h 23 min | Par | Rubrique : A l'affiche, Critique, Spectacles divers

Lieu : Théâtre Marigny (Studio Marigny) - 1, avenue Marigny - 75008 Paris - Mo Champs-Élysées Clémenceau.
Dates : Du 15 au 17 mars 2019.
Horaires : Le 15 mars à 20h30, le 16 mars à 15h et 20h30, le 17 mars à 11h et 17h.
Tarifs : 19 €, 33 €, 43 €.

Opéra bouffe de Hervé.

Avec Marion Grange (Pénélope), Artavazd Sargsyan (Ulysse), Pierre Derhet (Coqsigru), Didier Girauldon (Albinus), Frédéric Rubay (piano).

Mise en scène : Constance Larrieu.

Scénographie et Costumes : Camille Vallat.

Lumières : Gaspard Gauthier.

Ulysse, décidément, tarde à revenir de la guerre, et Pénélope se lasse de faire et défaire chaque jour sa tapisserie. Aussi, quand on lui annonce que son époux est décédé et qu’il l’autorise par testament à profiter de la vie, elle ne se fait pas prier. Oui mais voilà, Ulysse est en fait bien vivant et c’est lui qui, déguisé en majordome, fait le service au premier repas galant que s’offre Pénélope… En poursuivant la redécouverte de l’œuvre du compositeur Hervé, le Palazzetto Bru Zane révèle chaque fois davantage l’immense talent comique d’un rival d’Offenbach injustement oublié.

Notre avis :

Saluons d’emblée le travail du Palazzetto Bru Zane et son engagement à redonner leur chance à ces œuvres tombées dans l’oubli, en particulier ces courtes pièces lyrico-comiques qui ont abondé au XIXe siècle. Et remercions la direction du Théâtre Marigny de leur offrir l’écrin de son Studio idéalement dimensionné.
De cet opéra-bouffe Le Retour d’Ulysse d’Hervé (considéré comme le compositeur de la première « opérette ») qui, apparemment, n’a presque pas été programmé depuis plus d’un siècle et demi, on pouvait redouter qu’il n’en ait survécu qu’une chose un peu poussiéreuse et obsolète, que seul un auditoire d’un autre temps, habitué du genre et en possédant les codes, pouvait apprécier. Il n’en est rien : l’intrigue est celle d’un vaudeville moderne avec tous les ingrédients du genre (retour inattendu du mari, amant dans le placard, épouse aux poses lascives, quiproquos, allusions au-dessous de la ceinture…) et la musique tout à fait charmante, avec ses déclinaisons réussies : chansons d’exposition à couplets, duo amoureux, trio de la jalousie, valse, chanson à boire, intermède façon cabaret… Même si elle est sans doute moins pertinente pour le public d’aujourd’hui, la référence à la Grèce antique permet néanmoins, sans vergogne et avec des jeux de mots atemporels qui font mouche, de tourner en dérision héros guerriers et icônes vertueuses. Et, par ailleurs, le contexte maritime du mythe d’Ulysse offre à la mise en scène – qui colle au plus près du texte – l’occasion de décliner une large panoplie d’accessoires, de costumes et de chorégraphies aquatiques dans une ambiance très people entre Alerte à Malibu, cabine à Deauville et piscine de rooftop, en glissant même quelques clins d’œil écologiques à Cousteau et au nettoyage des plages.
La distribution toute pleine d’entrain (trois artistes lyriques, un comédien chanteur et un pianiste qui s’invite dans le jeu) emmène avec une énergie communicative, un jeu débridé et des voix bien timbrées, ce divertissement efficace, aussi agréable à voir qu’à entendre.
On se réjouit donc d’avance des prochains rendez-vous des « Bouffes du Bru Zane » : On demande une femme de chambre (Planquette) / Chanteuse par amour (Henrion) en mai ; puis Faust et Marguerite (Barbié) / Sauvons la caisse (Lecocq) en juin.

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