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Lea Salonga – Princesse Lea

Le mardi 1 mai 2007 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Lea Salonga ©DR

Lea Salonga ©DR

Lea Salonga, votre dernière apparition à Broadway remonte à 2003 avec Flower Drum Song. Comment vivez-vous ce retour ?
C’est fabuleux. Je vis un moment absolument merveilleux et Broadway me manquait beaucoup.

Entre temps, vous avez fait vos débuts à Carnegie Hall en y donnant un concert en 2005. Quel souvenir gardez-vous de ce moment ?
Mon Dieu ! J’ai le souvenir de quelque chose d’irréel, incroyable, magnifique. J’étais enceinte de trois mois donc ce n’était l’expérience la plus confortable, mais ça ne m’a pas empêchée de passer une soirée absolument merveilleuse.

Vous le referiez alors ?
Je ne le referais pas enceinte !

Comment est venue la proposition de jouer Fantine dans Les Misérables ?
J’ai chanté pour Claude-Michel [Schönberg] en premier, alors que j’étais enceinte. Puis, j’ai chanté pour un des associés australiens de Cameron Mackintosh [NDLR : producteur du spectacle]. Peu de temps après ça, on m’a proposé de jouer Fantine. Ca n’a pas pris énormément de temps.

Mais vous avez dû auditionner malgré le fait qu’ils vous connaissent bien ?
Oui, ce n’est pas parce qu’on peut jouer un rôle qu’on peut jouer n’importe lequel. J’ai déjà joué Eponine dans Les Misérables mais les deux rôles sont très différents. Ils voulaient être sûrs que je puisse chanter les airs de Fantine et que ça fonctionne aussi physiquement. Fantine ne peut pas avoir l’air en trop bonne santé, par exemple. Je suppose qu’ils voulaient être sûrs que tout colle bien avant de me proposer le rôle.

Comment avez-vous réagi en apprenant qu’on vous proposait le rôle ?
J’ai eu des sentiments partagés au départ. Je vivais aux Philippines où mon mari y travaillait, j’y passais vraiment un moment agréable. Donc, j’ai été partagée car je savais que je devrais être loin de ceux que j’aime, mais en même temps je savais que ce serait une expérience fabuleuse. Tous mes amis me disaient « C’est Les Misérables, c’est Fantine, c’est Broadway ! Tu dois le faire ! ». Ma famille et mon mari m’ont beaucoup encouragée et soutenue. Je n’ai pas pris trop de temps à me décider, mais j’avoue avoir été partagée au départ.

Avez-vous une certaine liberté dans votre interprétation ou devez-vous faire exactement ce que faisait l’interprète originale ?
Oui, on m’a donné beaucoup de liberté sur la manière d’interpréter Fantine, à part pour les placements pour les lumières qu’il faut respecter. J’ai beaucoup lu le livre pour mieux comprendre qui était cette femme, telle que l’a créée Victor Hugo. Une fois que j’ai eu cette vision globale, j’ai pu commencer à la peindre dans ma tête.

Comment décririez-vous Fantine, telle que vous la voyez ?
C’est une femme très triste. Elle est victime de circonstances vraiment malheureuses. Tout lui tombe dessus. Sa descente aux enfers était tragique à lire ! J’essaie d’être le plus fidèle à ça.

Lea Salonga dans Les Misérables © Joan Marcus

Lea Salonga dans Les Misérables © Joan Marcus

Quel est votre plus grand challenge sur ce spectacle ?
Comme vous le savez, Les Misérables est divisé en trois livres et le premier s’appelle Fantine. Toute cette première partie lui est donc quasiment entièrement consacrée. Il y a énormément d’informations sur sa personnalité, ses goûts, les circonstances qui l’amènent à tomber aussi bas.
Mon challenge est donc d’essayer de faire passer toutes ces informations dans les vingt minutes durant lesquelles je suis sur scène. Et je me disais : « Comment vais-je faire ça ? C’est insensé ! » Avec la plupart des rôles que j’ai interprétés, j’avais le luxe d’avoir du temps pour installer mon personnage et l’amener quelque part. Pour Miss Saigon, j’avais un spectacle entier. Les Misérables dure presque trois heures et je n’ai que vingt minutes.

Et donc, avez-vous trouvé la réponse ?
Chaque jour, je m’en rapproche. Je ne veux pas m’en approcher totalement pour le moment. Je veux trouver mon chemin, découvrir de nouvelles choses… Je progresse dans le rôle de façon plus précise et détaillée au fur et à mesure. Mais je ne joue que depuis un mois, je ne suis pas pressée d’arriver à la fin de mon voyage avec ce personnage.

Vous jouez un rôle qui n’est pas à l’origine écrit pour une comédienne asiatique. Pensez-vous que Broadway change son attitude par rapport au « color-blind casting », à savoir le fait de choisir des artistes sans se soucier de leur origine ethnique, ou est-ce que Les Misérables est la seule exception ?
J’aime à penser que l’attitude envers le color-blind casting a changé pour le mieux. Les producteurs choisissent les acteurs sur la base de leur talent. Bien sûr, il y a des spectacles comme The Color Purple ou Flower Drum Song qui requièrent des groupes ethniques spécifiques. Mais en dehors de ça, cela n’a pas d’importance si l’acteur est noir, blanc ou asiatique, etc. Le talent et l’envie qu’on a de travailler avec une personne doivent être les critères principaux.
Dans cette production des Misérables, je ne suis pas la première philippine à joindre la troupe, je suis la troisième [NDLR : Adam Jacobs et Ali Ewoldt qui jouent Marius et Cosette sont d’origine philippine]. C’est une troupe vraiment mélangée et je m’y sens parfaitement intégrée.

A ce propos, y-a-t-il des rôles, pas forcément écrits pour une comédienne asiatique, que vous aimeriez jouer ?
A un moment, je voulais jouer Evita. Maintenant, je n’en suis plus sûre !

Vous en parliez beaucoup à une époque. Que s’est-il passé ?
Je ne sais pas. Ce n’est plus ma priorité. Et puis, je pourrai toujours la jouer quand j’aurai 40 ans. Je peux attendre ! Je ne fais pas une course contre la montre !
Autrement, j’aimerais beaucoup jouer la Lady of the Lake dans Spamalot. Le personnage est tellement drôle et les chansons qu’elle interprète sont excellentes. Quand j’ai vu le spectacle, il y a quelques années, j’étais pliée de rire dans mon fauteuil.

A propos des spectacles qui se jouent actuellement à Broadway, que recommanderiez-vous à vos amis par exemple ?
En dehors des Misérables ?

En dehors des Misérables !
Spamalot et Avenue Q. Mes amis ont vraiment un sens de l’humour et adorent rire donc, je sais que ces spectacles leur plairaient. Je recommanderais aussi Wicked. Ce show m’a époustouflée.
Beaucoup de mes amis sont acteurs et ils apprécient quand un personnage est bien développé et qu’un travail est bien fait ! Je leur recommanderais donc d’aller voir Liev Schreiber dans Talk Radio ou Vanessa Redgrave dans The Year of Magical Thinking. Les voir en scène est une véritable master class sur le jeu d’acteur.

Vous allez jouer Cendrillon dans Cinderella de Rodgers et Hammerstein, en tournée en Asie. Pouvez-vous nous en parler ?
C’est un spectacle produit par Broadway Asia et je pense que ça va être absolument génial. Pour le moment, je suis encore dans Les Misérables jusqu’à cet automne. A partir de l’été 2008, nous débuterons la tournée asiatique de Cinderella aux Philippines, et je crois qu’on sillonnera l’Asie du Sud Est, une partie de la Chine… Je suis sûre que je vais passer un très bon moment et qu’il y aura des endroits superbes à visiter !

Cendrillon, c’est un rôle que toutes les petites filles rêvent de jouer, non ?
Tout le monde rêve d’incarner une princesse de Disney, ou une princesse tout court d’ailleurs !

Vous en avez d’ailleurs déjà incarné deux [NDLR : Lea est la voix chantée de Mulan et de Jasmine dans Aladin].
Oui, tout à fait ! Ici, ce n’est pas la Cendrillon de Disney mais celle de Rodgers et Hammerstein. Dans le souvenir que j’ai de l’oeuvre, cette Cendrillon n’est pas une princesse traditionnelle, elle est douce et charmante tout en étant indépendante et moderne. Elle sait se défendre et c’est ce que j’aime en elle !

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