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Léovanie Raud – La nonne sur pointes

Le Mardi 1 mars 2005 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Arrivée à Paris, il y a à peine trois ans, Léovanie Raud possède, à 21 ans, un CV bien rempli. Elle incarne aujourd'hui Soeur Marie-Léo, la plus jeune des nonnes déjantées de Nonnesens, la comédie musicale de Dan Goggin qui poursuit, avec succès, sa carrière au Théâtre Dejazet.

Léovanie Raud ©DR

Léovanie Raud ©DR

Connaissiez-vous Nonnesens avant de participer au spectacle ?
Non, je n’en avais jamais entendu parler. J’ai été prévenue de l’audition deux jours seulement avant de la passer. Ils m’ont retenue aux deux premiers tours et c’est là que je suis allée sur le site pour voir de quoi il s’agissait. Quand j’ai lu que le personnage pour lequel je postulais s’appelait Marie-Leo (tout le monde m’appelle Léo), je me suis dit : « fonce, c’est pour toi ! »

Justement, pouvez-vous nous parler de Soeur Marie-Léo ?
C’est une exaltée. Elle rêve d’être la première nonne ballerine et s’y emploie à fond. De ce point de vue, elle me ressemble un peu. Enfin, j’imagine, du moins j’espère, que j’ai un peu plus les pieds sur terre. Elle a aussi son petit caractère. Ce n’est pas du tout une naïve et elle peut être assez peste. Mais ça reste mignon parce que c’est une passionnée.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette comédie musicale ?
Ce qui me plaît ? Le direct, les musiciens sur scène, le fait de chanter, jouer, danser en même temps. Et puis j’aime cette proximité avec le public. Le théâtre est assez intimiste et il y a beaucoup d’interaction avec les spectateurs. Ca peut, parfois, être dangereux et, si le public réagit moins, il faut qu’on s’active encore plus. Mais j’ai toujours voulu faire un spectacle de Broadway et l’adaptation française est très réussie.

Pourquoi spécialement une comédie musicale de Broadway ?
Je ne peux pas l’expliquer précisément. C’est un style particulier, une ambiance musicale qui me séduit. J’aime les chansons de Nonnesens. Elles n’ont rien de commercial contrairement aux choses qu’on peut entendre à la radio mais elles brassent des styles très différents et le texte y a aussi une grande importance. Sinon, Broadway, pour moi, c’est, bien sûr, le caractère pluridisciplinaire des artistes qui travaillent là-bas.

Comment avez-vous débuté ?
Je chantais déjà toute petite mais je n’ai pas pris, au départ, de cours de chant. J’ai d’abord fait de la danse classique pendant une dizaine d’années puis du moderne et du jazz. Au lycée, j’ai commencé à faire du théâtre mais mon truc, c’était vraiment le chant. Je voulais faire de la comédie musicale. A Royan où je vivais, c’était impossible. Il fallait que je vienne à Paris. Ca me faisait un peu peur et puis j’ai retrouvé un petit article que j’avais découpé dans un journal sur une école de comédie musicale, le Centre des Arts Vivants, qui venait d’ouvrir à Paris. J’y ai suivi un stage. Ca s’est bien passé et je suis restée. Ma famille m’a vraiment soutenue, même s’ils ne sont pas du genre à me dire : « t’es la meilleure », « t’es la plus belle » et tout ça. Le problème en province, c’est que les gens ont une vision floue des métiers du spectacle. Toute ma famille attend que je passe à la télé. Quand je leur ai dit que je faisais Nonnesens, ils étaient contents mais quand ils ont su que j’avais participé une fois, très loin dans le fond de la salle, aux choeurs de la Star Academy, là, c’était la révolution en Charente-Maritime ! Cela dit, je comprends parce que la seule chose qui les rapproche du monde du spectacle parisien, c’est la télévision. Pour en revenir à mon arrivée à Paris, j’avais besoin d’être dans un cadre scolaire. On s’y sent moins seul, on se crée sa propre famille. Je n’aurais pas pu débarquer et prendre des cours à droite et à gauche. J’ai fini l’école en juin dernier. En septembre, je m’attendais à vivre une grosse galère et puis Nonnesens est arrivé : Dieu m’a choisie pour être Soeur Marie-Léo. J’ai vraiment eu de la chance.

Mais vous aviez commencé à travailler avant de sortir de l’école ?
Oui. la première année, la directrice de l’école a conseillé à un metteur en scène de m’engager après juste une semaine de stage. J’ai donc intégré, dès la première année, une troupe de théâtre. Il y a eu une trentaine de dates à Paris. J’ai fait, aussi, un spectacle avec un des chorégraphes de l’école qui s’occupait des ballets de Liège, en Belgique. Il devait prendre six personnes en formation pour travailler avec ses danseurs et j’ai donc eu la chance de partir à Liège dans ce cadre. Le spectacle s’intitulait Noir instantané. C’était une comédie ballet. J’y ai rencontré Patricia Setbon avec qui je joue, aujourd’hui, dans Nonnesens. Depuis l’année dernière, je participe à un spectacle de Colette Roumanoff et Jerôme Lemonier, Plus belle que toi. C’est une comédie musicale pour les petits et les grands qui transpose l’histoire de Blanche Neige, au coeur du Far West. On a joué une quarantaine de fois l’hiver dernier, au théâtre Fontaine et en banlieue. On l’a repris ce mois-ci et il y a d’autres dates en prévisions. Pour moi, c’est une très bonne expérience. J’y ai rencontré des gens et j’y tiens un premier rôle, celui de Blanche Neige. Même si c’est une comédie musicale à petite échelle, avoir un premier rôle dans un théâtre parisien, c’est génial. Dans le cadre de mon école, j’ai participé à un petit spectacle qui s’appelle Elle est où Léo ?. Il est possible que ce soit repris en juin. En ce moment, je joue aussi Lady Montaigu dans une petite production de Roméo et Juliette.

Pouvez-vous nous en parler ?
Il s’agit de la comédie musicale de Gérard Presgurvic. Le producteur a acheté les droits pour quelques dates. On a bientôt fini. C’est chouette parce que dans Nonnesens, je joue un personnage de mon âge avec une voix aiguë. Avec Lady Montaigu, j’utilise vraiment ma voix de poitrine et c’est un bonheur parce que j’ai le sentiment de pouvoir exploiter en même temps tout ce que je peux faire.

Avez-vous envie de chanter en solo ?
Pas pour l’instant. Je veux vraiment faire de la comédie musicale. Mon rêve, même si c’est complètement utopique, c’est de jouer Velma dans Chicago ou Fantine dans Les Misérables. J’ai envie d’être dans une troupe, de rencontrer des gens différents. Dans Nonnesens, je travaille avec des filles qui ont infiniment plus d’expérience que moi, qui ont fait des choses incroyables. Elles sont allées jouer à Londres ou étudier à Los Angeles. Quand j’entends Dominique (Noblès) parler des Misérables ou de Miss Saïgon, je pleure. Je rêve de tout ça. Ces rencontres sont enrichissantes. Elles me donnent de l’envie et de l’espoir. J’aspire à un parcours comme le leur. J’ai envie de découvrir ; j’ai envie d’aller à Londres pour passer des auditions, pour voir ce que je peux faire là-bas et me frotter à ce milieu. Alors un truc solo, pourquoi pas. Je travaille sur des chansons avec un compositeur, Matthieu Eymard qui est aussi musicien dans Plus belle que toi. Mais, même si ce travail me plaît beaucoup, je ne me vois pas encore chanter toute seule. Pour l’instant, ce n’est pas ce que je veux.

Nonnesens vient d’être prolongé jusqu’au mois d’avril. Vous vous voyez jouer longtemps dans ce spectacle ?
Oui ! J’adore ! C’est un vrai plaisir. Je continue à passer des auditions mais si le spectacle se poursuit, je suis partante à fond. Et puis après, je gravirai les échelons, je changerai de rôle. Qui sait ? Peut-être qu’un jour, je ferai la Mère Supérieure !

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