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Léovanie Raud – Sereine quant à son rôle dans Fame

Le jeudi 1 mai 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Léovanie Raud dans Fame ©DR

Léovanie Raud dans Fame ©DR

Quel a été votre parcours depuis votre dernière rencontre avec Regard en Coulisse ?
Vous m’aviez interviewée pour mon rôle dans Nonnesens. C’était il y a déjà trois ans, il s’est passé tellement de choses depuis… Ce spectacle m’a offert pas mal de visibilité, ce qui m’a permis d’avoir accès à des projets d’envergures et de genres très différents : du théâtre, de l’opérette, de la variété et du gospel. J’ai même interprété des chants de Noël au Japon et donné des cours à des enfants en colonie de vacances ! J’ai bien entendu persévéré dans mon registre préféré, la comédie musicale, avec la tournée d’Un violon sur le toit et quelques dates de Chance ! L’intérêt de ces trois dernières années a été avant tout l’apprentissage, encore et encore. Toutes les expériences du métier, les heureuses comme les moins heureuses, et surtout les magnifiques rencontres artistiques et humaines m’ont forgée à jamais. J’aimerais juste citer Yoni Amar, que j’ai retrouvé sur de nombreux projets et qui compte particulièrement pour moi. Et donc, depuis peu, il y a Fame !

Comment s’est déroulé le casting de Fame ?
Cela a pris beaucoup de temps, au moins un mois à ne pas savoir si j’avais décroché un des rôles possibles, Serena ou Carmen, ou même une place dans l’ensemble. Il y a quelques années, j’avais vu une représentation de Fame à Londres en compagnie d’Eric Jetner [NDLR : lui aussi dans la troupe de Fame] et nous avions tous les deux choisi le rôle idéal pour chacun de nous sur le programme : nous avions vu juste ! Je suis très heureuse d’interpréter Serena, un personnage dont la trame est loin de m’être complètement étrangère… En d’autres termes, il y a un peu d’elle en moi : pudique plutôt que jeune première, mais loin d’être niaise !

Comment se sont déroulées les répétitions ?
« Hard work » vous connaissez ? [NDLR : une des premières chansons de Fame, traduite par « Faire mieux »] On a répété pendant deux mois à raison de quatre heures de danse et quatre heures de chant et théâtre alternés par jour. Il y avait vraiment matière à apprendre, car le spectacle est complet entre chorégraphies, intermèdes théâtraux et performances vocales. Ned Grujic, le metteur en scène, nous a apporté beaucoup. Avec lui, j’ai construit Serena couche après couche, sur des bases solides correspondant aux exigences assez strictes de la production.

Quels sont les principaux défis du rôle ?
Vous voulez dire : à part tenir la note sur le « ee » de Meryl Streep dans mon solo « Quand je pense à Meryl Streep » ? (rire) Les notes tenues sont quand même nettement plus faciles avec les autres voyelles. J’ai dit en blaguant à Stéphane Laporte qu’il était bien dur avec moi d’avoir gardé le « i » dans la version française, mais avait-il le choix ? A part ce point amusant, qui est néanmoins une vraie difficulté pour le solo, le rôle de Serena est une belle performance d’actrice, car elle a beaucoup de profondeur et j’ai peu de temps et peu de texte pour l’exprimer. Sa première apparition, qui dure à peu près trois minutes, donne la première impression qui la suivra durant tout le reste de la pièce. Or, comme évoqué précédemment, elle est aussi pétillante intérieurement que discrète extérieurement. Au-delà de son admiration évidente pour Nick, il ne faut pas que les spectateurs la cataloguent comme une fille juste « gentille », au mauvais sens du terme. J’ai déjà tenu pas mal de rôles de gentilles princesses en robes soyeuses dans le passé (Blanche-Neige, Sissi), aussi je tiens à ce que Serena soit perçue comme une force de caractère !

Que pensez-vous de l’adaptation française ?
Je connais à peine la version originale, que je n’ai vue que cette fameuse fois, à Londres. Et j’ai volontairement évité d’écouter les enregistrements des troupes anglaises et américaines pour ne pas influencer ma propre inspiration. Donc, j’aurais bien du mal à juger de la précision de l’adaptation. Ce que je peux dire en revanche, c’est que Stéphane Laporte a été très à l’écoute et n’a jamais hésité à modifier son texte en cas de difficulté de diction ou d’interprétation. Quelque part, on a travaillé comme pour une création, le texte a beaucoup changé et continue à évoluer au rythme des représentations.

Qu’avez-vous pensé de la critique un brin sévère dans Regard en Coulisse ?
Cela ne fait jamais plaisir, mais j’aime quand les gens disent ce qu’ils pensent réellement. Je vois deux raisons possibles à un jugement plutôt défavorable : d’abord, la critique a été écrite après la deuxième représentation officielle et peut-être n’étions-nous pas parfaitement rodés, éventuellement desservis par des petits couacs techniques au son et à la lumière qui n’arrangent rien. Ensuite, Regard en Coulisse offre un point de vue assez élitiste constatant des défauts que seuls les experts pourraient repérer. Fame est un spectacle populaire, beaucoup de nos spectateurs voient là leur première comédie musicale et ils l’apprécient. Pour ma part, je prends néanmoins bonne note des reproches qui nous ont été faits pour m’améliorer. J’estime que nous faisons du très bon travail et je vous invite à revenir nous voir pour mesurer les progrès réalisés !

Pour finir sur une note plus légère, y a-t-il des anecdotes amusantes sur scène ?
De manière générale, on s’amuse beaucoup entre nous, dans une ambiance un peu « colo ». J’ai de véritables amis parmi les membres de la troupe, dont certains étaient déjà en cours avec moi. Plus précisément, je peux citer deux anecdotes. La première, c’est la scène de Roméo et Juliette avec Dan Menasche qui fait chaque soir quelque chose d’un peu différent, comme un jeu entre nous. Evidemment, le public ne s’en rend pas compte, mais ça me fait beaucoup rire. La deuxième, c’est le soir de la première, j’avais malencontreusement rangé un carton d’invitation dans le sac à main dont je me sers sur scène. Pendant le spectacle, je dois en sortir une photo de Nick qui me lance « qu’est-ce que c’est que ça ? » et au lieu de ça, c’est le carton d’invitation qui sort, que tout le monde connait dans la salle ! On a fait une petite pirouette et le public n’y a vu que du feu. Sinon, je vous raconterais bien la fois où j’ai presque oublié de rentrer sur scène pour une chorégraphie, mais je garde ça pour notre prochaine rencontre !

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