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Les aventures de Rabbi Jacob

Le lundi 29 septembre 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Palais des Congrès de Paris - Porte Maillot, 75017 Paris (M° Porte Maillot)
Dates : du 18 septembre au 30 novembre 2008
Horaires : Du mardi au samedi : 20h30. dimanche : 16h.
Tarifs : De 32 à 63 euros.

Musiques de Vladimir Cosma
Paroles MC Solaar, Vline Buggy, Maxime Le Forestier, Jean-Marie Leau, Les Fatals Picards, Yves Dessca
Mise en scène de Patrick Timsit
Livret Gérald Sibleyras et Etienne de Balasy
d’après un scénario original de Gérard Oury et Danièle Thompson
Chorégraphie Najib Guerfi
Chorégraphie traditionnelle Ilan Zaoui (Adama).

Avec : Eric Métayer, Marianne James, Michel Lerousseau, Richard Charest, Julie Victor, Nikola Parienty, Spike’s, Vartoch’, Franck Vincent, Sophie Sam…

Trente-cinq ans après sa sortie, Les aventures de Rabbi Jacob, le long-métrage de Gérard Oury, arrive aujourd’hui sur scène, version comédie musicale. Certes, il faudrait se concentrer sur le spectacle en essayant d’oublier le film originel mais c’est extrêmement difficile tant l’un est calqué sur l’autre. Les ingrédients sont les mêmes : les répliques cultes sont là ; le budget ? sans doute fort élevé – consacré aux décors a permis de reconstituer chacun des lieux, de l’aéroport à la rue des Rosiers, en passant par l’usine et la cuve de chewing-gum. Enfin, les thèmes sont malheureusement toujours d’actualité. Et pourtant, ça ne prend pas. La mise en scène est plate, les dialogues peinent à faire sourire et le spectacle avance laborieusement, alternant les scènes du film et les (trop) nombreux morceaux musicaux. Ils apportent tellement peu au spectacle qu’on est en droit de se demander s’il était indispensable de « musicaliser » cette oeuvre, au-delà de la danse de Rabbi Jacob, qui s’impose assez naturellement comme le moment le plus enthousiasmant du show. A l’exception de quelques moments sympathiques, notamment le « Looking for Pivert » qui clôt la première partie, les morceaux musicaux alourdissent le propos et nuisent à la fluidité du spectacle.

Tête d’affiche oblige, Germaine Pivert ? interprétée par Marianne James ? récolte plusieurs chansons inutiles, en marge de l’intrigue. Elle reprend le rôle tenu par Suzy Delair et fait… du Marianne James. Jouer avec subtilité est sans doute mal aisé quand on apparaît sur scène avec un dentier géant en guise de chien mais le constat est qu’elle cannibalise le rôle principal dès qu’elle est sur scène.

Le rôle principal, c’est Eric Métayer qui fait ce qu’il peut pour ne pas tomber dans une pâle copie de Louis de Funès. Mais c’est justement la folie et la démesure de celui-ci qui portaient le film. Bien que confié à un comédien de talent, ce Pivert n’est pas assez irascible, pas assez odieux, ni même assez exubérant pour porter les répliques. Sans l’excès attendu, on assiste à une série de clichés qui, s’ils sont plein de bons sentiments, oublient d’être comiques. Or, Les aventures de Rabbi Jacob constituent avant tout une bonne comédie qui aurait peut-être pu faire mouche dans un plus petit théâtre, avec une scénographie moins onéreuse et plus de modestie. Peut-être n’aurions-nous pas pu voir une course poursuite, des danses énergiques mais souvent hors sujet et des choix artistiques peu assumés (ragga muffin ou musique traditionnelle ? réalisme ou fantaisie ?). Peut-être aurions-nous ri ?
Malgré tous ces ratés, il faut noter que deux artistes sortent leur épingle du jeu. C’est sans aucun doute le cas de Michel Lerousseau qui campe un Salomon fort crédible et Vartoch qui interprète Rabbi Jacob avec justesse et drôlerie. Ils représentent les vraies réussites du spectacle, qu’on aurait souhaitées plus nombreuses.

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