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Les enfants du soleil

Le mercredi 31 mars 2004 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Shopping

Support : CD
Genre : comédie musicale,album,chanson française

Que nous réservera le cru 2004-2005 des méga-musicals ? Si le Gladiateur de Maxime Le Forestier est le seul officiellement annoncé à Paris pour la rentrée prochaine, d’autres se préparent dans l’ombre. Le Don Juan de Félix Gray se rôde au Québec, tandis que Les Enfants du Soleil, de son comparse Didier Barbelivien, se jouera à Marseille et en province, en prélude à d’éventuelles dates parisiennes.

En avant-goût, l’album de cette nouvelle comédie musicale écrite par Cyril Assous et Didier Barbelivien, et qui sera mise en scène par Alexandre Arcady, nous permet de découvrir l’exil des pieds-noirs d’Algérie en 1962, à travers 14 chansons. A première écoute, Les Enfants du Soleil se démarque des autres comédies musicales que l’on a pu voir en France ces dernières années. Ni adapté d’un classique de la littérature ou du cinéma, Les Enfants du Soleil est une histoire originale basée sur un épisode marquant de l’Histoire de France : le rapatriement des familles françaises d’Algérie.

Musicalement, Les Enfants du Soleil est donc bien évidemment empreint de cette couleur méditerranéenne qui était difficilement évitable : guitares flamenco, fioritures vocales arabisantes, cors lointains et mystérieux… D’autres titres sont cependant dans ce qu’on peut désormais appeler le « style comédie musicale française » : mélodies pop efficaces, duos d’amour démontrant l’étendue vocale de ses interprètes, morceaux plus pêchus marqués par la basse de l’incontournable Jannick Top. En bref, le changement dans la continuité.
Enfin, avec une certaine sobriété, les textes de Didier Barbelivien parlent d’exil, de nostalgie, de tolérance, de différence… et d’amour, bien sûr.

Au niveau de la distribution, aux côtés de quelques découvertes, on retrouve quelques talents déjà repérés dans d’autres comédies musicales : Richard Groulx (Starmania), Sébastien Chato et Caroline Pascaud-Blandin (Roméo & Juliette), Stéphane Neville (Le Petit Prince), Valéry Roriguez (Martin Guerre) et la toujours délicieuse Shirel (Notre Dame de Paris).

Reste à savoir si cette grande fresque, au potentiel émotionnel certain, saura exister de façon cohérente sur scène, sous la houlette d’un Alexandre Arcady, familier au sujet. Le procédé de la petite histoire au sein de la grande est d’une efficacité redoutable lorsqu’il est bien utilisé (Les Misérables, Miss Saigon), mais frelaté lorsque l’on délaisse la dramaturgie au profit d’un enchaînement facile de numéros musicaux. On espère donc que l’équipe artistique des Enfants du Soleil sauront s’inspirer du meilleur et non du pire. Verdict mi-septembre. A Marseille, évidemment.

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