Les Epis Noirs – Pierre Lericq – L’Odyssée de Pierre et (un peu) d’Homère
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Les Epis Noirs – Pierre Lericq – L’Odyssée de Pierre et (un peu) d’Homère

Le lundi 1 octobre 2007 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Pierre Lericq ©DR

Pierre Lericq ©DR

Racontez-nous un peu votre parcours…
Après une formation avec Claude Brécourt au Cours Simon, je me suis fait engager par Luce Berthomé au Théâtre du Lucernaire. C’est là que j’ai commencé à écrire et créer ma compagnie, Les Epis Noirs en 1992. J’ai essayé de développer un univers bariolé burlesque, entre fraîcheur, folie et poésie. C’est ainsi que j’ai monté Quand trois poules, Opéra des Champs, Flon Flon, Bienvenue au Paradis, etc.

Comment avez-vous eu l’idée d’écrire sur L’Odyssée ?
Tout est parti du fait que j’aime profondément cette oeuvre. Je la trouve très contemporaine, riche et universelle. J’ai eu un plaisir fou à m’y replonger. Quand on se retrouve seul à écrire, on est partagé entre l’angoisse que l’on ressent et la recherche de l’apaisement qu’on a envie de donner aux autres. Je me suis retrouvé dans la peau d’Ulysse, en quête de son intérieur. La troupe s’est créée il y a quinze ans, et comme dans toutes les troupes, nous avons connu les affres de la création plus ou moins agréables à vivre. L’analogie entre ces deux odyssées s’est rapidement imposée et l’idée de faire le parallèle sur scène m’a séduit.

Certaines révélations sont véridiques alors ?
Oui, certaines le sont et d’autres sont inventées. J’ai vécu beaucoup de choses avec Manon [NDRL : rôles de Télémaque, la muse et Calypso] pendant ces quatorze ans. Certaines ressortent effectivement dans le spectacle, mais nous avons également imaginé certaines digressions… En revanche, les problèmes de budget que j’évoque sont du vécu !

Comment avez-vous écrit la pièce en passant sans cesse d’une odyssée à l’autre ?
Au départ, j’avais écrit à peu près quatre heures de spectacle, et beaucoup de scènes avec Ulysse. Je voulais qu’on voie le metteur en scène dans sa solitude comme on voit Ulysse dans la sienne, etc. Les répétitions se sont nourries de l’écriture et vice versa. Les scènes qui sont restées sont celles qui s’intégraient le mieux à la globalité du spectacle. J’en ai abandonné d’autres qui cassaient le rythme. L’Odyssée est un spectacle vivant déjà dans son écriture. La sélection s’est opérée presque naturellement

Comment avez-vous imaginé la scénographie ?
Les malles qu’on voit sur scène sont un peu la marque de fabrique des Epis Noirs. Aux débuts de la troupe, nous avions déjà des valises. J’ai toujours aimé imaginer des personnages itinérants. J’aime l’idée d’un objet fixe qui symbolise le mouvement. J’aime m’amuser à recréer l’ambiance d’un appartement avec seulement une malle et quelques effets de lumière.

Vous êtes à la fois auteur, compositeur, comédien et metteur en scène, n’est-ce pas trop difficile à gérer ?
Si, c’est assez difficile. Ce n’est pas forcément un choix de ma part d’être sur scène. Disons que ça correspond à une réalité. Une réalité presque insurmontable qui m’a fait penser à Ulysse d’ailleurs.

Comment avez-vous fait pour mettre en scène et jouer en même temps ?
Je me sers beaucoup de la vidéo. Au début des répétitions, je reste beaucoup en salle. Dès que j’ai réglé une scène avec mes partenaires, je monte sur scène, je filme et je retravaille. La caméra est notre oeil extérieur. Elle est plus dure d’ailleurs qu’un metteur en scène, car elle ne fait aucun cadeau !

Musicalement, comment avez-vous écrit la partition du spectacle ?
C’est L’Odyssée qui m’a inspiré et guidé. Je la relisais et quelquefois j’avais envie d’écrire des chansons, et d’autres, des textes… J’ai un peu tout écrit en même temps. J’ai composé toutes les chansons, mais les autres musiques du spectacle sont issues du folklore turc ou des pays de l’Est, que j’affectionne particulièrement. Ce sont les musiciens qui ont réalisé eux-même les arrangements.

Cela a-t-il été facile de les persuader de jouer de la musique et la comédie ?
J’ai recruté le trio de musiciens après un mois et demi de répétitions. Je me suis aperçu que relier l’aspect théâtral à la musique les intéressait beaucoup. C’est même devenu un argument pour les convaincre de jouer avec nous. Certes, certains ont refusé par peur (et ont d’ailleurs regretté). Même si les musiciens n’ont pas l’habitude d’être sous les projecteurs, au final, ils sont ravis de sortir de l’ombre.

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