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Les Misérables en concert (Critique)

Le mercredi 8 mars 2017 à 22 h 56 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts

Lieu : En tournée dans toute la France
Dates : Jusqu'au 19 mars 2017
Informations supplémentaires : www.lesmiserablesenconcert.com
miserables-concertProducteur : Philippe Barreau
Paroles : Alain Boublil & Jean-Marc Natel
Musique : Claude-Michel Schönberg
Directrice Musicale : Alexandra Cravero
Directeur Artistique : Christian Cravero
Orchestrateur et pianiste : Didier Mouret
Directrice scénique : Magda Hadnagy
Costumes : Yves Guilnhut – antikcostumes
Créateur de lumières : Roque Ségovia
Avec
Jean Valjean – Xavier Mauconduit
Javert – Pierre Michel Dudan
Fantine – Ita Graffin
Cosette enfant- Anne-Fleur Jacquot
Cosette – June Van der Esch
Mme Thénardier – Christina Koubbi
Mr Thénardier – Ronan Debois
Gavroche – Pierre Gommé
Eponine – Géraldine Jeannot
Marius – Jean-Christophe Born
Enjolras – Mickael Roupie
Et aussi : Anne-Aurore Cochet, Anne-Laure Triebel, Marie-Laure Conjaerts, Sophie
Lephay, Pauline-Amy Lena, Valentin Ferrari, Arnaud Masclet, Laurent Herbaut, Romain
Dayez…
Résumé : Les Misérables en concert va être le concert événement de 2017 ! Après le Palais des Congrès de Paris les 4 et 5 mars, il sera en tournée dans toute la France du 28 février au 19 mars. Trente chanteurs lyriques et semi-lyriques aux voix exceptionnelles, et dans des costumes d’époques spécialement réalisés pour cette production, seront accompagnés par un orchestre symphonique dirigée par la Directrice Musicale Alexandra Cravero.
 
Notre avis: C’est peu dire que l’attente était grande, ce printemps, avec le retour en France des Misérables… en version concert. Un quasi-événement puisque l’œuvre musicale, signée de deux français, Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg, n’a pas été jouée dans sa langue d’origine, dans notre pays, depuis 25 ans… Un comble, surtout lorsque l’on sait que plus de 70 millions de spectateurs l’ont applaudi dans 44 pays depuis sa création, avec des interprétations dans 22 langues… Proposant leur version, sans lien avec la production de Cameron Mackintosh, les Misérables en concert effectuent donc actuellement une tournée à travers la France. Ils se sont arrêtés trois soirs au Palais des Congrès de Paris. L’occasion de retrouver des airs aussi fameux que « Rouge, la flamme de la colère », « Une poupée dans la vitrine », « Le grand jour », ou l’inévitable « A la volonté du peuple » et de revivre la fresque musicale parmi les plus célèbres du monde.La soirée s’ouvre sur Victor Hugo devant son écritoire. L’auteur raconte son récit et présente le premier acte. Si l’on a tendance à se perdre dans ces longs détails, cette introduction est finalement franchement indispensable pour les néophytes, pour suivre ensuite l’œuvre, sans mise en scène, ni décor. Que tous se rassurent, la version de 1991 est fidèlement respectée. Du livret aux partitions, des mélodies aux textes, l’authenticité est présente et l’orchestre symphonique Victor Hugo donne de l’ampleur à l’ensemble.

Les voix s’avèrent quant-à-elles, hélas, très inégales. Personnage central, Jean Valjean tient son rôle et sa voix. Si les spécialistes l’attendaient au tournant sur « Comme un homme » qui impose le silence et fait monter la tonalité, Xavier Mauconduit remporte le pari. Il livre une interprétation profonde et convaincante, tout comme est poignante celle de Fantine (Ita Graffin). Avec un physique frêle et un visage peint de désespoir, elle parvient à transmettre un frisson sur le célèbre « J’avais rêvé ». A leurs côtés, Christina Koubbi et Ronan Debois se révèlent être les meilleurs comédiens de la troupe en excellents Thénardier. Leur rôle les aide évidemment. En chants, en jeu et en mimiques, ils assurent le spectacle et incarnent à merveille le couple de crapules. Le public ne s’y trompe pas, qui leur a réservé d’ailleurs une ovation méritée. Quant à Mickaël Roupie en Enjolras, il incarne avec voix et prestance le leader des étudiants rebelles. On regrette en revanche, un Marius (Jean-Christophe Born) franchement en dessous de son rôle. Effacé, manquant de charisme et de présence vocale, il passe presque inaperçu et c’est bien dommage. Cosette adulte (June Van der Esch) fait de son mieux pour l’accompagner. Elle tire son épingle du jeu, même si l’émotion a du mal à passer. Il faut dire que ces grands airs, qu’ils soient des complaintes solitaires ou des envolées puissantes, sont faits pour être joués et présentés en action. Et qu’il n’est pas chose aisée d’entrainer le public, seul derrière un micro, parmi d’inutiles effets de lumière, pas toujours du meilleur goût. Nos lecteurs le savent mieux que quiconque, une comédie musicale doit allier la voix et le jeu… L’un ne va pas sans l’autre…

Respectant toutefois leur promesse explicite d’un concert, non d’un spectacle, la soirée permet finalement d’offrir une version plus symphonique qu’impressionnante, plus lyrique qu’émouvante, et plus classique que spectaculaire du musical planétaire. Elle est surtout l’occasion pour le public de re (découvrir) cette œuvre légendaire, présentée avec qualité et propreté. Le final semble libérer la troupe qui se rassemble dans un enthousiasmant et réussi « C’est pour demain », noyé de tricolore.  Et l’on se prend à rêver… le grand retour des Misérables en spectacle, c’est pour quand ?

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8 commentaires
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  1. Donc tous ces inconnus et inconnues sont des stars du neant qui vont se faire decouvrir grace a ce concert ?
    Fallait il prendre des gens qui acceptent d’etre sous payer dans l’espoir d’etre un peu connus plutot que de choisir parmi tous les merveilleux chanteurs et chanteuses un peu connus et qui auraient fait un spectacle feerique et magnifique ?
    Grosse deception 🙁

  2. Certains titres sont disponibles sur soundcloud. L’amateurisme de ceux-ci me fait peur et je suis désolée mais Le Marius et le Javert sont pénibles à écouter. On ne peut pas faire découvrir les Misérables aux nouvelles générations avec ces voix et ces interprétations assez lamentables. Je voulais aimer mais je passerai mon chemin.

  3. Grosse attente en effet et déception en retour.
    On a vu (ou presque) qu’il est possible d’importer un Fantome près de son Opéra. Alors ramenons nos barricades aussi à Paris ! On sait, on peut le faire !!!!

  4. Sait-on aujourd’hui pourquoi il ne s’agit pas d’une production officielle de Cameron Mackintosch et pourquoi les auteurs (C.M. Schönberg et A. Boublil) n’ont pas été consultés pour ce projet ?

  5. Grosse déception! Si les musiques sont bien présentes, les textes ont été largement escamotés. Impression d’un texte à trous : on prend la première phrase du texte original et on complète ensuite en se servant allègrement du dictionnaire des synonymes. Pourquoi?!?

  6. Julie… ce sont les textes de la version de 1991, toujours remanié par Boublil à partir de la VO de 1980…
    Ces derniers ont encore évolués dans leur version anglaise par ailleurs.
    Il ne s’agit donc pas d’un texte à trou où les mots ont été choisi via un dictionnaire… sauf si Boublil a procédé ainsi mais j’en doute 🙂

  7. Ayant vu la comédie musicale en 1980 , je suis déçu . Pas forcément de la performance des chanteurs , quoique je suis assez d’accord avec vous sur le manque de qualité de certains. Mention spécial aux Thénardier qui sont magnifique.
    Mais surtout par le remaniement des textes qui ne correspondent en rien à la magie de l’original . L’air de la misère et J’avais rêvé sont saccagés.
    En effet , cette traduction stupide du français à l’anglais puis de l’anglais au français , avec une répétition des thèmes musicaux comme dans le pseudo-film, et le matricule répété en boucle c’est imbuvable .
    Remontez cette comédie musicale dans son format et dans son texte d’origine , c’est une histoire française et un auteur français et non de la soupe anglo-saxonne.

  8. Cultivez-vous un peu ! Se sont les textes de la version 1991 !
    Donnez vous le droit de critiquer un spectacle en l’ayant vu ! J’ai eu la chance de le voir à Nancy, c’était magnifique !
    Les voix sont sublimes, les chanteurs ne sont pas issus de la comédie musicale, donc leurs noms ne sont pas (encore) connus de tous, mais je ne doute pas de leurs avenirs. Auriez vous préféré avoir Matt-Pokora en Marius ? Non mais franchement réveillez vous !

    Ces artistes nous offrent une nouvelle interprétation, fraiche, et émouvant de leurs personnages.
    Mention spéciale à Valjean, Javert et Fantine, ces trois là iront loin !!!

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