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Les Pêcheurs de perles (Critique)

Le jeudi 1 août 2019 à 0 h 16 min | Par | Rubrique : Actuellement, Critique, Spectacles divers

Mise en scène : Eric Perez
Direction musicale : Gaspard Brécourt
Décors, costumes : Ruth GROSS
Vidéo : Clément Chébli
Nadir : Mark Van Arsdale
Nourabad : Jean-Loup Pagésy
Leïla : Serenad B.Uyar
Zurga : Paul Jadach
Cheffe de chant : Elisabeth Brusel

Chœur de l’Académie lyrique d’Occitanie
Chœur et Orchestre Opéra Éclaté

Création Festival de Saint-Céré 2019

Résumé : La jeunesse est le mot qui caractérise « les Pêcheurs de perles » : Jeunesse de Bizet, jeunesse de ses personnages, jeunesse d’une inspiration musicale et jeunesse d’un livret qui en reflète la naïveté. Trop souvent on dit effectivement de cette œuvre qu’elle est belle mais que son livret est pauvre…
C’est sur ce prétendu défaut que nous avons décidé de construire notre projet. Non, la jeunesse n’est pas un défaut, non, la jeunesse n’est pas pauvre, elle est peut-être naïve, mélancolique, elle manque d’expérience mais elle est riche car elle ouvre la porte au rêve et à l’imaginaire !
Cet opéra est tout simplement l’histoire de deux amis qui aiment la même femme. Il était, bien sûr, dans l’air du temps, à la moitié du XIXème siècle, de transposer un récit dans un pays exotique, c’était une époque où les voyages n’étaient que l’apanage de quelques-uns ! Cela faisait partie des codes pour rêver … rêvons alors à ce Ceylan imaginaire, comme Victor Hugo imaginait le monde sans jamais avoir voyagé, comme Bizet qui, plus tard, représentera une Espagne mythique sans y être allé !

Notre avis : Œuvre de jeunesse de Bizet (il l’a composée quand il avait 25 ans), Les Pêcheurs de perles est un opéra relativement peu joué. Située dans l’île de Ceylan (aujourd’hui le Sri Lanka), l’histoire décrit un triangle amoureux entre deux jeunes amis, Zurga et Nadir, épris de la même femme, Leïla, sur fond de trahison, jalousie et sacrifices. Si le livret est relativement simpliste et l’orientalisme (à la mode à l’époque) dans lequel s’inscrit l’action quelque peu artificiel, cet opéra vaut surtout pour sa partition, délicate et subtile. Son air le plus connu, « Je crois entendre encore », a même dépassé les frontières du lyrique lorsqu’il fut enregistré par la chanteuse Alison Moyet.

Dans la mise en scène d’Eric Perez, le triangle amoureux qui définit l’histoire est un vrai triangle : Zurga et Nadir, dans des tenues rappelant les étudiants anglais du film Another Country, sont engagés dans une bromance homoérotique dans laquelle Leïla ne pourrait être qu’accessoire – une situation qui complexifie un peu les enjeux. Le trio est parfaitement à son aise avec la partition de Bizet. Serenad B. Uyar, grande habituée du Festival de Saint-Céré, déploie un touchant mélange de force et de vulnérabilité. Les deux hommes, Mark Van Arsdale et Paul Jadach, ne sont pas en reste, avec leurs timbres clairs et leur fougue juvénile.

La mise en scène minimaliste et élégante (un voile géant sur une structure géométrique, des projections) se marie bien avec cette intrigante œuvre, et on saluera, encore une fois, l’impeccable direction musicale de Gaspard Brécourt, ici avec le Choeur et l’Orchestre de l’Opéra Eclaté et le Choeur de l’Académie Lyrique d’Occitanie.

Château de Castelnau-Bretenoux – mardi 30 juillet 21h30, dimanche 04 août 21h30, vendredi 09 août 21h30, dimanche 11 août 21h30

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